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jeudi 18 septembre 2014

Surfons donc !

J'avais commencé à vous raconter ici mon premier week-end de septembre, dans le comté Donegal, au nord-ouest de la République.

J'en étais à mes premiers émois de surfeuse - quoique ce soit un bien grand mot. J'ai réussi, dès le premier jour, à me mettre debout sur la planche à plusieurs reprises, mais parfois pour un moment fort court. Et d'autres fois pour un peu plus longtemps mais sans bien savoir quoi faire.
Et ma musculature au niveau des tablettes de chocolat étant ce qu'elle est, passer en position agenouillée puis en position debout prend à chaque fois plusieurs secondes, je veux être sûre d'être bien stable, et d'ailleurs parfois ça ne rate pas, je suis déjà mal centrée et chavire illico sur un côté.


[Il y avait donc écrit "Keep out" sur l'église. Sans vouloir faire de trop mauvaise esprit, ça ma fait sourire]

Bref, je mets du temps, beaucoup de temps entre le moment où la vague soulève la planche et celui où je vais potentiellement me retrouver debout.
Samedi, le prof est presque tout à nous (les trois filles) à part quelques moments où il donne quelques conseils ou encouragements au couple allemand. Lui surfe sur une planche du même modèle que les nôtres, mais elle a une planche plus petite, je suppose que c'est l'étape d'après quand on progresse.

Le prof s'occupe alternativement de nous trois et nous tenant le devant de la planche ("Come on, lay down" qu'il dit) et en nous lançant "derrière lui" (il se tient face à la vague qui arrive et se décale pour nous faire partir sur son côté) pour nous aider à prendre la vague.
J'ai pas osé lui dire en rigolant que passer ses journées à demander à des filles (obtempérantes) de s'allonger c'était un boulot plutôt cool.

Quel que soit le résultat qu'on obtienne, il nous encourage très obligeamment en faisant youhou ! et lève le pouce pour féliciter une réussite particulière. On a pris un fou rire le soir en se disant qu'il passe ses journées, ses semaines, son année à faire des youhou à des gens qui essaient péniblement de juste tenir debout sur ces foutus planches alors qu'il est probablement lui-même très bon surfeur, ce qui n'empêchait pas que cet encouragement avait pour nous une valeur immense et démesurée et que comme un enfant de cinq ans dont le papa a tourné la tête au moment où il a fait dix mètres sans les petites roulettes, on s'est parfois décomposées de déconvenue en s'apercevant qu'il ne nous avait pas suivie des yeux cette fois-ci où on était restées debout longtemps car déjà occupée avec une des deux autres !
 (pardonnez-moi pour les phrases à rallonge, je lis Proust en ce moment, ça sort par où ça peut).


Les maisons du front de mer, enfilade dont fait partie le club.

J'avais peur que l'heure et demie voire plus passée dans l'eau me paraisse trop longue, mais pas du tout, j'étais même déçue quand il nous a annoncé que c'était la dernière vague.
On détache le câble qui relie la planche à notre pied "arrière", on remonte les planches sur les falaises où elles sont chargées sur la remorque et un 4x4 nous rembarque, dans nos combinaisons trempées, pour nous déposer au club. Ah, voilà donc l'intérêt des banquettes (perpendiculaires aux sièges du chauffeur et du passager et du 2ème rang, et qui se font face) couverte de toile imperméable.

Au club, dans le petit vestiaire qu'on attend par l'arrière-cour, il faut maintenant ENLEVER sa combinaison. C'est presque aussi compliqué que de la mettre, c'est rigolo. Il y a une douche déjà bien ensablée dont je ne me servirai que pour enlever justement les restes de sables de mes pieds avant de les remettre dans mes chaussures. On laisse nos combi dans un bac en demandant s'il faut qu'on les lave, quelqu'un répond en rigolant non vous inquiétez pas, c'est l'esclave qui va le faire, et de crier "Slave!" L'esclave étant un jeune garçon de 18 ans environ, probablement aspirant prof, et pour le moment chargé des basses besognes, et le lendemain de nous photographier dans nos tentatives désarticulées de tenir sur ces fichues planches avec les courbatures de la veille en plus. Il a l'air relativement bien traités, avec une certaine affection, et il semble que plusieurs de ses prédécesseurs aient survécu à leur sort, voir sur la page du club présentant les membres (il s'appelle donc Nathan et a un peu grandi depuis la photo).
Quand on ressort, le directeur du club, qu'il a fondé avec sa femme, nous propose une cup of tea ou of coffee dans la cuisine là-haut. Nous attaquons donc l'escalier extérieur vers la porte de la cuisine et cette promesse d'un chaud breuvage quand le prof qui était déjà rentré, ressort, combinaison descendue jusqu'à la taille, demander je ne sais quoi à quelqu'un dans la cour en s'arrêtant sur une marche au milieu de la descente, me permettant gracieusement de constater que ses tablettes de chocolat à lui sont en acier trempé. Et le reste à l'avenant.

Ca c'est fait.


On passe un moment dans la cuisine du club à discuter avec Killian, le fondateur du club, qui se moque gentiment des cinquante-douze questions que Kasia lui a posées pour préparer le week-end (en même temps on ne l'a pas aidée : j'étais censée avoir une répétition du samedi qui n'a été annulée que quelque jours avant, une quatrième nana avait décidé la veille de se joindre à nous et a été prise de vertige le matin même), et je décide, comme il ne m'a pas repérée à mon accent, de lui demander d'où il croit que je viens.
En fait il n'a pas l'air très fort à ce jeu-là parce qu'après avoir dit qu'il reconnaissait facilement les polonais, il n'identifiera Kasia qu'en se souvenant probablement de son nom dans les trois-vingts emails échangés. Pour mon cas, il commence par les pays baltes, puis la Moldavie, écume tous les pays de l'Est avant qu'on se décide à lui dire que je viens d'Europe de l'Ouest, il cite alors consciencieusement tout ce qui se trouve entre Pays-Bas/Danemark et Islande. Il a été obligé de donner sa langue au chat et a déclaré que j'avais l'accent français le plus étrange qu'il ait jamais entendu.
C'est toujours ça de pris.
Il nous annonce aussi qu'il y a ce soir au club une petite fête où tout le monde est convié et où chanterons d'anciens et d'actuels moniteurs du club qui ont formé un groupe donc j'ai déjà oublié le nom (Best Buds ?).

Nous rejoignons le B&B pour une bonne douche, et revenons à pied dans le centre et mangeons pain de poisson, seafood chowder, salade, pièce de viande et bière au pub du coin pour nous remettre et nous féliciter de nos exploits.



On rejoint donc le club, ils ont même mis des spots, qui étaient un peu moins roses en vrai. La musique était chouette et on suivra au pub du Kicking Donkey quand ils s'y déplaceront pour leur "gig" de 23h. A minuit tout de même, direction le dodo.
 

Sur nos quinze minutes de marche vers nos lits, ce graffiti de cheval, Dee a une photo rigolote où on se tient sous les sabot de devant...


La nuit de sommeil fut bonne et le petit-déjeuner correct, pas irlandais malheureusement.
Finalement, il nous reste une bonne demie-heure avant de devoir nous mettre en combi lorsque nous arrivons au club, zou, allons admirer la vue.




La leçon de dimanche est un peu compliquée parce qu'on est très très nombreux dans l'eau, donc on se gêne beaucoup. Et puis il y a déjà des courbatures évidemment. Je crois que j'ai donc moins souvent réussi à me hisser debout sur la planche, mais c'était très chouette quand même.
Ma combi était un petit peu plus grande, je me sentais moins étouffée mais il y avait un petit va-et-vient d'eau et des petites coulées d'eau bien fraîche me caressaient régulièrement le dos.

Après une dernière douche bien chaude au B&B, on est revenu en ville déjeuner dans le resto des surfeurs, Waves je crois, on a étudié le prix dans combi d'occasion dans le magasin d'à-côté, on a dit merci au revoir au club où avait laissé la voiture et où ils étaient en train d'embarquer tout le monde pour les minibus de retour à Dublin - par les moniteurs, mais les clients, le club organise aussi le transport si on veut.
Et sur notre trajet de retour on a comparé nos agendas et constaté que notre prochain week-end de libre en commun est fin octobre, encore jouable !

La radio a annoncé que la finale du championnat d'Irlande de hurling s'était de nouveau, comme les deux années passées, soldées par un match nul et qu'il allait falloir la rejouer. Il semble qu'avant cette série statistiquement incroyable, un match nul en final n'était pas advenu en plus de cinquante ans.

Je suis arrivée à Dublin avec les épaules et le torse bien bien courbaturés, un semblant de bleu sur le pied gauche, le genou droit vaguement tordu, et une sérieuse douleur dans les muscles droit du coup, provoquée par ma sieste à l'arrière de la voiture.

A refaire !

Ah, et pour les gens pénibles qui veulent me voir en combinaison et avoir des preuves que j'ai tenu debout sur une planche sur de l'eau, cherchez donc ici, il y en a 4 ou 5 où j'apparais (dans les dernières lignes).

lundi 8 septembre 2014

Surfez maintenant !

Mi-août, ma copine polonaise Kasia me dit tiens, j'organiserais bien un week-end de surf, ça te dit ?
Bof.


Essayer de tenir debout en adoptant une attitude bravache, un sourire colgate et des dreadlocks blondes sur l'océan gelé de la côte ouest irlandaise, rebof. Je m'y vois pas du tout.
C'est pour les ploucs, le surf. Ou les gens qui veulent se la péter. Bref, pas pour moi.
Sans compter que ça doit être fatiguant.


 

Le surf, c'est un grand truc ici. Mon ancienne collègue Karine y va presque tous les week-ends en été, avec compagnon et enfants, le van, les combinaisons, les planches, la tente de camping, on file plein ouest ou nord-ouest, il y a le choix tout au long de la côte Atlantique, plein de "spots" pour rencontrer les vagues. Mon ancien manager a essayé aussi l'année dernière, et puis ma nouvelle coloc avec des copines, il y a un mois. Ca a l'air d'être une banale activité du week-end, tranquille. Facilitée par le fait que l'Irlande est traversable en quelques heures, donc même de Dublin on peut aller passer le week-end de l'autre côté.
Du coup, je me radouci un peu dans mon attitude toujours premièrement méfiante, récalcitrante et refusante.
Je signe, hop, allez, pourquoi pas ! comme dirait Lafayette.

On devait initialement aller à Lahinch, côte ouest, au sud de Galway et tout près des fameuses Cliffs of Moher que j'ai enfin vues début août avec mon papa (qui est revenu cette année, si si, c'est-à-dire qu'il a repris l'avion, réservé une chambre pour une semaine - ou plutôt fait faire tout ça par Number Three - a préparé des affaires dans un sac à dos, tout ça. Et une fois ici il a fait la moitié de l'Irlande à pieds et m'a fait dîner au restaurant tous les soirs, donc 5 soirs dans le même. Sur 7. Je me plains pas vraiment mais ça devenait un peu embarrassant quand même) mais on est finalement allées à Bundoran, au nord-ouest, on roule d'ailleurs en Irlande du Nord pendant quelques dizaines de kilomètres pour y aller, c'est plus court, et ça permet de recevoir un gentil texto de son opérateur téléphonique qui vous souhaite de bonnes vacances et vous informe des conditions d'utilisation au Royaume-Uni.
Bundoran ça tombait bien, c'est justement là qu'était Karine ce week-end là, on s'est retrouvées sur la plage en combi, c'est rigolo. Et ça permet de vérifier ce truc improbable mais vrai : l'Irlande c'est vraiment tout petit : il y a TOUJOURS quelqu'un qui connaît quelqu'un d'autre. L'irlandaise avec qui je voyageais en plus de Kasia a retrouvé au club qui nous donnait les leçons de surf une nana qu'elle avait rencontrée il y a sept ans en Australie. Ils sont fous ces Irlandais.




Brefle, on se dématine samedi, ce qui n'était pas trop pour me plaire, on retrouve Dee (diminutif de Deirdre, qui se prononce dirdra comme je vous le racontais précédemment ;o)), on se paume à peine sur le trajet et on est au club de surf vers midi.
Présentations, explications, on ne loge pas ici parce que c'est complet mais dans un B&B à 5 minutes de route, 15 à pied, belle et grande maison très calme tenu par un couple qui a apparemment eu six filles d'après les photos, donc plein de chambres et de salles de bain... 
Retour au club de SurfnTurf pour 14h. On nous présente notre instructeur pour aujourd'hui, Eoin (comme mon coloc), qui nous distribue gracieusement combinaisons ("wetsuit") et T-shirt bleus au nom du club pour être repérables, il en porte un rouge lui-même.
L'enfilage d'une combi c'est déjà tout un poème. Mais enfin après entortillages et entraide, nous voilà prêtes. On sera accompagné d'un couple allemand qui fait déjà du surf depuis le début de la semaine et aura moins besoin de supervision que nous.
On part jusqu'à la plage de surf - plus loin que la plage principale dédiée à la baignade et au plongeon depuis les falaises, paraît-il, à marée haute, on est pas allées voir - en 4x4 aux couleurs du club et à la conduite brusque, les banquettes arrières recouvertes de plastique étanche, tu comprendras au retour.


Une fois sur le parking les planches de surf sont descendues du toit ou bien de la remorque qui est déjà là - les gars passent la journée à faire des allers-retour, et on descend sur la plage par un chemin assez raide.
Là, petit cours, trucs, astuces et techniques pour avoir une chance de se mettre debout sur la planche. Le gars nous explique que lorsqu'on est allongé, au début, il faut avoir les doigts de pied qui dépassent à l'arrière, mais pas plus. On pagaie avec les bras pour avancer un peu quand la vague va nous prendre, et là on agrippe la planche avec les mains en les plaçant juste en dessous des épaules, on redresse le torse et on vient se mettre à genoux avant de se redresser, un pied devant un pied derrière. 
On s'aperçoit mine de rien que les filles mettent le pied gauche devant et moi le droit - comme le prof d'ailleurs.
Allez, on attrape sa planche comme il faut, on la tire jusqu'à l'eau, on ne crie pas en mettant les pieds dedans - oui on est pieds nus, il paraît que c'est plus facile pour sentir la planche et réussir à se mettre debout. Kasia, qui a fait du surf pour la première fois au Portugal il y a un mois, trouve que l'eau est bien meilleure ici !
On avance dans l'eau, le fond est tout sablonneux et plutôt très plat, c'est agréable, on ne se retrouve pas à ne plus avoir pieds. L'eau entre doucement par en bas puis un peu en haut de la combi pour faire cette couche protectrice qui nous tiendra chaud empêchera de geler, frissons.
On se place pour attraper sa première vague, le prof alternera entre nous trois pour tenir la planche et nous "lancer" avec la vague.
La toute première vague je crois que j'ai à peine réussi à me soulever sur la planche et j'ai eu un gros moment de panique : je sais que j'ai pas bien de force dans les bras, mais j'aimerais bien ne pas passer le week-end dans la situation humiliante de la nana qui n'arrive même pas à se relever, sans parle de passer en position agenouillée ni même debout. Légère honte. Et plaisir gâché.


Et puis je pige je sais pas quoi avec les jambes, que j'arrive vite à ramener pliée entre mes bras, bien au milieu de la planche comme le monsieur a dit pour ne pas perdre l'équilibre ni sur l'avant ni sur l'arrière ; ni sur les côtés évidemment.

La sensation au moment où la vague arrive par derrière, soulève la planche et vous fait glisser sur l'avant est déjà grisante, tout le corps se soulève et se précipite, c'est génial. Et alors une fois que bien agenouillée, j'ai pu, en prenant un peu mon temps, poser pied droit puis pied gauche et tenir debout - assez vite finalement, j'étais super fière ! - c'est magique.



Bon, là c'est pas tout, mais il est 23h30, ça bosse demain, je vous raconterai la suite bientôt !


lundi 16 septembre 2013

Prolongations

Si, si, c'est en Irlande. Du Nord, même.
Ordoncques, mon gentil employeur a finalement réussi à se décider et nous a proposé quatre mois supplémentaires, ce qui me mènera jusqu'au 7 février 2014.
On s'attendait à cinq mois, mais notre manager est arrivé un mois avant nous et du coup ça fera onze mois pour lui début février. Les "onze mois" sont une durée qui nous a été présentée comme sacro-sainte et indépassable, ce qui n'a pas l'air si vrai que ça puis les managers des trois autres équipes ont finalement été prolongés d'un mois récemment, ce qui leur en fera douze.

La situation est un peu confuse en ce moment, on a perdu beaucoup de collègues ces trois dernières semaines, collègues dont le contrat se finissait et qui étaient aux même postes que nous pour l'espagnol, l'italien et l'allemand. Ça fait un peu vide... Les deux premiers à partir ont été remplacé mais les suivants non. Les managers ont été un peu prolongés mais sans explications claires sur la suite.

Stand-by.

Dans mes collègues qui ont fini leur temps ici et qui vont devoir réapprendre à cuisiner après onze mois passés à déguster matin-midi-et-soir la très bonne boustifaille fournie sur place, plusieurs ont décidé de tenter de rester à Dublin et de trouver un autre boulot dans le coin. La chasse à l'emploi est comme partout, il faut rester motivé, connecté, se lever le matin, passer la journée à ficeler des dossiers et trouver des idées, des bons plans, des postes introuvables... Pour les soutenir ils espèrent bien qu'on les invitera de temps en temps à déjeuner ici :o)

Pour ceux qui connaissent la chanson de Rudolph the red nose deer !
(ewe est une race de mouton) 
Allez, je vais vous raconter le week-end en Irlande du Nord et dans le Nord de l'Irlande le 6/7 juillet parce que quand même, j'ai des jolies photos, ça serait dommage de rater ça. Je vais essayer d'être brève, ha ha, si si, je ne perds jamais espoir.
La première photo tout en haut a été prise le samedi matin au réveil près de la petite maison louée pour la nuit dans une espèce de lotissement de maisons à louer pour la nuit. Et la photo Ewe-dolph vient de la boutique de la distillerie de whiskey Bushmills, où l'on a appris plein de choses même si c'était pile les deux semaines de l'année où les chaînes de production étaient arrêtées pour maintenance, et où j'ai réussi in extremis et discrètement à enregistrer notre guide, qui avait un accent anglais tout à fait extraordinaire que je n'avais encore jamais entendu.
On était quatre linguistes à tendre l'oreille, et la dégustation de whiskey aidant à la fin de la visite, on a fait plein de conclusions sur la phonologie nord-irlandaise.

Ça, c'était la queue pour avoir le droit de passer un pont de corde pour aller sur un petit îlot en face.
D'où on refera la rqueue pour repasser le rmême rpont de rcorde pour revenir.

Heureusement la vue est belle pendant qu'on attend.
Et l'eau digne des Caraïbes (suis jamais allée, je sais pas)(c'est l'idée que j'en ai)

Ah, enfin. Mon voisin de derrière s'est crânement amusé à secouer le pont en faisant des grands pas lourds.
J'ai pas trouvé ça très drôle...
Ça, c'est ZE fameuse Chaussée des Géants. Je m'attendais à plus grand je dois dire.
Je croyais que ça durait sur des kilomètres de côte.
Il y a un autre "bras" pareil juste à gauche.
Mais c'est impressionnant quand même vu de près.
C'est volcanique. Basaltique.
org(u)anique

Un petit peu herbeux.

Quadrilatéral. Cubique.  À facettes.  

On est partis de Dublin le vendredi soir avec une voiture de location, moi et trois allemands. Celui qui avait accepté de conduire conduisait pour la première fois à gauche (et avec le volant à droite de la voiture). Les deux premières heures on l'a bien surveillé et on a eu deux ou trois frissons parce qu'il conduisait un peu trop à gauche et qu'on a bien cru se prendre le trottoir... Mais il s'est finalement très bien débrouillé.
Le samedi matin on a donc visité la distillerie Bushmills, la Chaussée des Géants, passé et repassé le pont de corde. 


Le village de Bushmills qui est à n'en pas douter en Irlande du Nord.
On a tout de même pris sur cette place un très bon petit déjeuner british-irish.
J'ai goûté les "soda bread".
Puis samedi en fin d'après-midi on a récupéré un italien et une allemande à (London)Derry.
Derry (ne dites pas "Londonderry" à un républicain) a donc été nommée
Capitale de la culture 2013 pour le Royaume-Uni.
Et ils ont le sens de la formule
Barney powaaa !
Même sur les voitures, ils avaient le sens de la formule.
Plus tard le soir on a cherché notre B&B.
Comment dire, in the fog. Impressionnant.
Je crois que la route tourne à droite...
Le lendemain, le très sympathique monsieur du B&B nous avait conseillé d'aller voir des falaises superbes.
Plog.
Un car de touristes s'est déversé et chacun a joué son rôle.
Nous, on mangeait des glaces achetées à la petite camionnette qui est toujours là.

Plus au sud il faisait bien plus bleu. La plage était superbe. Mais l'eau était absolument glaciale !
Et ils mettent des enfants là-dedans.
Sont fous.
On est passés à Sligo pour déjeuner, qui est ma foi fort jolie. 
Avec d'intelligentes peintures murales. 
Sur le trajet entre Sligo et Dublin, on s'est éloignés du tracé principal par des toutes petites routes.
Jusqu'à ce qu'il faille continuer à pied. "Cul-de-sac", que ça disait.
Et il y avait des cairns.
Où on pouvait entrer.
Des cairns qui dépendent du Commissaire des Travaux Publics, ce qui m'a bien fait rire. 
La photo rend assez mal justice au paysage. C'était superbe.

On a fait plus de 600 km dans le week-end, survécu au chaud soleil, à l'eau glacée, aux (toutes) petites routes, au brouillard, aux livres sterling, à la ville du Bloody Sunday (Derry, on n'a pas trouvé l'emplacement exact)(et on n'a pô demandé).
Retour à Dublin un peu épuisés mais heureux...

jeudi 29 août 2013

Au boulot.

Suite à des réclamations du public, qui a bien raison sur ce coup-là, je vais quand même me fendre d'un article sur le boulot, parce que je me suis tellement désorganisée chronologiquement sur ce blog que je n'en ai même pas parlé, ni du premier jour ni des suivants et vous ne savez ni quand j'ai commencé ni ce que je fais (je peux vous dire en gros, la culture du secret étant délicieusement développée dans cette grande entreprise).
Et maintenant que je sais que nous allons être renouvelés, je m'y mets ! (c'est-à-dire que notre contrat est prolongé de 5 mois, je suis là jusqu'à mars février 2014 au moins :o))

Rien à voir, mais j'ai pas de photo de boulot à montrer, donc voici les photos du week-end dernier, on était dans le Kerry / West Cork. Il y avait des phoques :o) 
Voilà, là, dans le Ring of Beara, en-dessous du fameux
Ring of Kerry (dans les pattes de l'ours irlandais)
J'ai commencé le 22 avril, en même temps que l'une de mes collègues françaises, Anaïs. Le manager Hadrien était arrivé un mois avant et la quatrième française, Karine, qui habite en Irlande depuis au moins 12 ans a commencé trois semaines après nous.

 
(L'île de Garinish, sorte de jardin botanique insulaire, avec jardin italien et autres joyeusetés.)

Trêve de suspense, tout ce qu'on vous a raconté est vrai. Les locaux sont superbes, flambant neufs ici à Dublin, MacBook Pro remis à chacun le premier jour avec petite étiquette à votre nom (votre identité ici, qui servira pour les mails et toutes les communications.  Il s'agit soit de votre prénom+première lettre du nom de famille, soit de la première lettre du prénom+nom de famille comme c'est mon cas. Quelques rares personnes n'ont que leur prénom, en général ça veut dire qu'elles sont haut placées !), l'adresse mail interne est évidemment déjà créée, on nous donne quelques conseils pour trouver un bon mot de passe, il est rentré dans le système avec un gars de la sécurité informatique pendant cette session d'accueil et on nous donne un bidule très jamesbondy qui servira à générer un code supplémentaire pour sécuriser le tout un peu plus.


Samedi matin on a fait des lacets par un temps brouillageux.
Et puis on a vu que ça se levait, là-bas.
Ffectivement ça s'était levé, là-bas.
Ça se lève toujours avec grandeur et Quattrocento (en gros).
Et après avoir dit que je ne mettrai que les pieds,
je me suis baignée là, elle était drôlement bonne.
On a eu pendant cette première matinée un topo sur la sécurité, quelques mises en garde sur la nourriture, qui est un peu trop bonne et doit être compensée par une fréquentation assidue de la gym - gym très fournie et en libre accès 7/24 évidemment. La nourriture est effectivement très très bonne, variée, fraîche, avec les couverts les plus propres que j'ai jamais vus depuis l'invention des cantines. Une armée de gens chargée de l'intendance, l'organisation, la propreté. En gros quelqu'un essuie dans les 10 secondes après que tu aies fait tomber du porridge au petit-déjeuner. Parce qu'on peut venir petit-déjeuner évidemment, œufs, jambon, bacon, croissants et pains au chocolat, fruits et salade de fruit, yaourt nature, yaourt parfumé et yaourt au lait de soja, des céréales, du pain, des fruits secs, du porridge au lait et pas au lait, des jus de fruit, du nutella, sirop d'érable, beurre de cacahouètes et autres machins dans le genre... On vit dans un univers parallèle où 90% du cheptel a moins de 40 voire même 35 ans. Tout le monde il est beau et gentil et intelligent. La gym fournit des serviettes  et du savon pour se doucher, les toilettes du déodorant des fois que et des tampons/serviettes chez les dames, une piscine a été inaugurée le mois dernier, il y a deux salles de musique dont une avec un vrai piano (et une batterie électronique et plein de guitares), les toilettes sont également les plus propres du monde depuis l'existence des toilettes, si un distributeur de savon ne marche pas c'est signalé dans l'heure et réparé dans la journée (parfois ça met deux jours, c'est un peu choquant), de même pour les ascenseurs et les portillons en verre de l'entrée où l'on badge dix fois par jour. On a besoin de son badge toutes les deux portes, pour les ascenseurs, le couloir des toilettes (mais pas pour revenir des toilettes jusqu'au hall, des fois qu'on l'ait fait tomber)... On s'y fait.
Il y a à tous les étages, et même plus, ce qu'ils appellent des "MiniKitchens" et qui font environ la taille de vos appartement parisiens, chers amis, avec à boire et à manger pour si on a un petit creux. Comment dire, le concept du Kinder Bueno à volonté, les premières semaines, c'est difficile pour l'estomac. À côté des mini kitchens, en général, un "petit" endroit pour se détendre avec babyfoot, table de ping-pong et quelque fois même un billard (pas chez nous mais dans d'autres bâtiments).

Et le pire, c'est qu'on s'habitue :o)
On en arrive à soupirer les jours où il n'y a ni figues ni saumon fumé au petit dej et par trouver normal tous ces canapés dans l'open space.
On a bien mangé samedi soir.
On a connu des embouteillages dimanche matin.

Il y a des grottes de pirates partout. 
À un moment on était un peu perdus. 
Et puis on est arrivés à Eyelies, où les maisons sont peintes et les vitraux de l'église très jolis.

Il y a cinq bâtiments dans la même rue, mais le nôtre n'appartient pas à G, ils ne louent que le rez-de-chaussée et le premier. Le premier est bien décoré à la façon de la maison, ce qui n'est pas le cas du rez-de-chaussée où nous nous sommes installés en avril, à côté des trois autres équipes italienne, espagnole et allemande qui étaient déjà là depuis six mois. Bref, on a bavé sur ce premier étage pendant des semaines voire des mois, surtout qu'il était quasiment vide ! On s'est fait des fausses joies, des vraies espoirs, des bruits de couloirs mais le miracle est arrivé, on a déménagé là-haut au 1er juillet.
Je vous raconte pas un déménagement chez G, plus organisé tu meurs. On avait chacun une boîte où mettre nos affaires et des étiquettes autocollantes à notre nom qu'on collait sur notre écran d'ordi pour que tout soit bien déplacé au bon endroit au bon moment...
L'Irlande est une espèce de paradis pour géologues.

Enfin brefle, sur le contenu je peux surtout vous dire que nous nous efforçons d'améliorer la reconnaissance vocale, enfin indirectement, parce qu'après ce sont tout plein d'équipes d'ingénieurs et de programmateurs qui font ça loin loin en Californie, pour que vous puissiez dicter vos textos et vos mails sur vos téléphones intelligents et vos recherches internet sur n'importe quel ordi avec micro qui marche. Je n'utilisais pas du tout ces bidules-là avant d'arriver ici, je ne savais pas que ça marchait déjà aussi bien. Parce que franchement, c'est pô parfait, mais ça marche pas mal.
Donc j'analyse, je classe, je trie des données à longueur de journées, les première semaines étaient très fatigantes mais on a pris le rythme, ça se passe bien et l'ambiance est bonne.

Les membres trois équipes italienne-allemande-espagnole ont quasiment tous terminé leur contrat la semaine prochaine, ça va être très très étrange de les voir partir. Une partie d'entre eux rentre droit à la maison et l'autre partie a l'intention de chercher un autre boulot à Dublin, ça sera très intéressant de voir ce qu'il est possible de faire. Deux nouveaux membres ont déjà remplacé deux anciens évaluateurs (c'est le nom du poste) partis en juillet et mi-août, mais on sait mal ce qui va se passer pour les autres... Mystère et boule de gomme. Ils ne sont pas très bons ici pour nous tenir au courant à l'avance de la tournure des événements.

Grâce à notre manager de compétition nous savons déjà qu'un renouvellement de contrat va nous être proposé - six semaines avant la date butoir, le 7 octobre, incroyable - mais nous ne verrons probablement la couleur des papiers que quelques jours avant l'échéance.

M'en fous, moi en octobre je pars deux semaines au Canada, hihi, je vous enverrai des photos !