mardi 13 août 2013

Point poids et mesures

Lorsque mon papa est venu me rendre visite, il y a deux semaines (parce que oui, l'indéboulonnable, l'in-dépaysable par excellence, LE seul gars du monde qui travaille depuis 35 ans dans les transports et ne voit pas l'intérêt de voyager est venu me rendre visite. Rendez-vous compte. Je crois discerner là-dedans une possibilité d'affection filiale d'une certaine sorte).

Ordoncques, lorsque mon papa est venu me rendre visite nous sommes allés à Belfast le samedi, samedi 3 août pour être précise, et il s'est étonné sur l'autoroute, dans le car, que les indications de distance soient en kilomètres, au moins en République d'Irlande.
C'est d'ailleurs l'un des indices principaux du passage de la frontière, en Irlande du Nord on repasse en miles bien entendu. La seconde indication réside dans le fait que les panneaux ne sont plus rédigés qu'en anglais et non bilingues avec l'irlandais (gaélique) comme en République, ainsi que nous l'a doctement expliqué notre sympathique chauffeur, Jerry. (Jerry ? On s'en fout, mon papa ne lit pas ce blog il ne pourra pas me corriger haha).
Jerry (appelons-le Jerry) nous a aussi tout raconté de la bataille des Orangistes et de Marie II d'Angleterre et Jacques II son père et de la manière dont Londres a envoyé des colons anglais s'installer dans cette partie nord de l'Irlande qui leur était la plus réfractaire, ce qui expliquerait pourquoi quelques siècles plus tard c'est celle-ci qui a voulu rester britannique. On a aussi su qu'il restait quelques lois contre les catholiques de Rome encore en vigueur au Royaume Grand-Breton de même que O'Connel, qui a maintenant à son nom une des rues principales de Dublin avait dû tricher à un moment pour se faire élire député au début du XXe siècle car la fonction était strictement interdite aux catholiques.

Pour tout vous avouer ce "day tour" fut plutôt rapide. Partis vers 9h30 de Dublin on s'est arrêtés quelques minutes sur le trajet aller pour voir de très vieilles croix celtiques à Monasterboice, dans un joli cimetière.
Arrivés à Dublin aux alentours de midi, j'ai juste eu le temps de me payer un petit sandwich très cher et notre visite du/the/THE ONE/ZE ONLY ONE Titanic Museum de Belfast commençait.
Pour les ignares - d'accord, j'ai appris ça en arrivant ici et mon coloc a eu l'air indigné que je ne le sache pas - le Titanic a été construit à Belfast, qui était à l'époque un chantier naval extrêmement actif, et grouillait de main-d'œuvre bon marché. Le musée a ouvert l'année dernière pour le centenaire, en même temps qu'on inaugurait un monument commémoratif sur l'un des côtés de la mairie avec les noms des disparus. Ça grouillait de monde là-dedans, un samedi de week-end prolongé en Irlande, mais c'était très intéressant et très complet. On a eu droit à la situation du Belfast à cette époque, les industries principales qui y prospéraient, l'évolution du port et des docks de 1780 à 1910, les trajets des immigrants aux États-Unis, des quizz sur les quantité de whisky, de cordage et de tabac fabriqués tous les ans à Belfast... puis les détails de la commande du Titanic, le carnet de livraison religieusement ouvert à la page qui nous intéresse dans une vitrine, un tour en wagonnet sur rail dans l'ambiance des travaux de construction du Titanic : 5 bonshommes pour un rivet il fallait ! Un qui chauffe, un qui passe, un qui insère ça dans le trou et le maintien là-dedans de toutes ses forces pendant que deux autres de l'autre côté de la cloison martèle à haute cadence et à tour de rôle pour que ça refroidisse et que ça prenne la bonne forme. Pour que ce soit plus efficace il valait mieux avoir un gaucher et un droitier. Il y avait des vidéos, rien qu'à regarder c'est épuisant. Et il y a plusieurs milliers de rivets sur le Titanic.
26 mois de construction.
On a ensuite des cabines reconstituées - les lits étaient tout petits !! - troisième, seconde et première classe où l'on avait le choix entre plusieurs décorations. Toutes les cabines étaient de toute façon extrêmement luxueuse pour l'époque, avec des draps même en troisième classe et un point d'eau. Le petit personnel de bord dormait par contre en dortoir.

On suit le parcours de plusieurs des personnes à bord, le télégraphiste principal, l'ingénieur-designer, une des femmes de chambre, quelques passagers.
Il a fallu courir un peu sur la fin parce qu'on n'avait que 2h pour tout faire, on arrive dans la partie naufrage où l'on peut lire tous les messages qui ont été envoyés, dont le "CQD" qui était encore couramment utilisé avant la généralisation de "SOS" et qui signifie quelque chose comme "to all stations: distress", le CQ signifie "sécu" pour "sécurité" et servait à alerter toutes les stations. En tout cas c'est ce que raconte la page Wikipédia en anglais dont je vous ai mis le lien, c'est rigolo, celle en français dit autre chose.
Je suis passée en courant dans l'amphithéâtre qui passait des images des expéditions sous-marines sur l'épave et j'ai juste eu le temps de prendre une photo du plan du paquebot fourni par la compagnie pour l'enquête qui a suivi le naufrage.

Ensuite on a pu passer quelques heures dans Belfast, on a vu la mairie, l'Opera House (enfin la salle fait théâtre à l'italienne mais on y joue surtout des comédies musicales et il y a des vendeurs de pop-corn et d'esquimeau à l'entrée, j'ai eu un léger choc. Le contraste est étrange. Je n'ai même plus pensé à aller voir les fameux "murals", les peintures sur murs si connues... Départ à 16h30, retour à Dublin à 18h30, re-restaurant italien pour le troisième soir d'affilée. Il était bon que voulez-vous. (enfin c'était même le cinquième soir italien, mais on a testé deux restaurants différents et un pub le premier soir).
Mais c'est pas du tout ça que je voulais vous raconter.
Je reprends mon tout début : l'Irlande du Nord compte en miles mais la République est passée au système métrique. Au moment de l'indépendance j'imagine, voire plus tard, en signe de protestation j'imagine.
M'enfin elle est passée en théorie comme j'ai pu le constater ce soir.

Je suis affalée dans le canapé devant les Championnats du Monde d'Athlétisme qui se déroulent à Moscou cette semaine, et j'explique à un de mes colocs qu'on a un français qui est très fort en saut à la perche, même qu'il est champion olympique et je veux pas rater son tour - bon en fait la finale était en train de se dérouler mais bien moins couverte par les télés irlandaises évidemment, on a juste vu le dernier saut sans que je saisisse bien le contexte, médaille d'argent.
Il - mon coloc, pas Lavillenie - me demande quel est le record de saut à la perche. Je réponds qu'il me semble bien que c'est 6 quelque chose chez les hommes et 5 et quelques chez les femmes. 
Impossible me répond-il, 6 ?! C'est ridicule ! C'est tout petit ! Je pourrais le faire ! J'explose de rire et demande à voir ça. J'ouvre Wikipédia, lui montre les chiffres, il s'étonne toujours, montre une photo en noir et blanc sur le côté qui immortalise le record de 1904 et me dit que cette barre-là est déjà bien plus haute que 6. Mais non c'est 4 mètres, ça, réponds-je.

Aaaaaah, meters !
S'exclame-t-il.

Depuis cinq minutes il croyait que je parlais en pieds. Pourquoi parlerais-je en pieds, je vous le demande. Parce que je suis en Irlande estime-t-il. Ben oui mais je croyais que vous étiez passés au système métrique moi. En fait vous comprenez rien aux indications kilométriques sur la route quoi ?

Bon, avec ça il ne comprend toujours par à quelle hauteur est le record du monde de saut (Sergueï Boubka, 6,14 m chez les hommes et Yelena Isinbayeva 5,06 m en extérieur). C'est pourtant simple me dit-il, il y a 36 inches dans un yard c'est-a-dire 3 feet, donc euh, en mètres, euh.
Là j'ai tapé "convesion meters feet" dans Google et c'est allé plus vite.

D'ailleurs, c'est rigolo, j'ai essayé deux convertisseurs qui ne donnaient pas le même résultat :
6,14m vaut 19 pieds et 69 pouces pour l'un et 20 pieds et 1,73 pouces pour l'autre.

Enfin bref, le système métrique c'est encore trop continental, vaut mieux garder des unites proches de la réalité réelle des besoins des gens, non mais oh.


(J'ai des photos de Belfast, bientôt !)
(Désolée pour les problèmes de mise en page du blog qu'il y a eu récemment, je voudrais pas dire de mal de mon employeur - où tout se passe par ailleurs très bien - mais sa plateforme de blog bugue un peu effectivement).


mardi 23 juillet 2013

Point diaspora

Dublin est une ville très cosmopolite, ce qui est assez impressionnant vu sa relative petit taille (500 000 habitants, pour une capitale c'est pas tellement). Ça parle toutes les langues dans la rue, et il ne s'agit pas que des touristes.
Ça parle toutes les langues dans mon immeuble, dans le DART aux heures de pointe (oui, quand je suis en retard, que j'ai fait la fête lu mes classiques toute la nuit, je prends le DART pour aller travailler).

Ça parle espagnol, polonais, russe, tout plein de sortes d'anglais, italien, allemand un peu, tout ça. Et ça parle beaucoup français. Beaucoup beaucoup, si si, beaucoup.
Je ne cherchais pas forcément à fuir mais j'ai parfois l'impression que si c'était le cas je ne suis certainement pas allée assez loin.

De mon salon l'autre jour j'entends un murmure de conversation, ni des mots ni du sens, mais une intonation qui sonne très français. Je mets un moment à comprendre d'où ça vient. Ni télé ni radio d'allumée, j'envisage la possibilité d'être la nouvelle Jeanne d'Arc avant de comprendre que de la fenêtre entrouverte j'entends le voisin du dessous qui téléphone sur son balcon.
Je l'ai rencontré plus tard. Le gars est savoyard, a fait son primaire en Suisse, a une maman italienne, habite l'Irlande depuis plusieurs années et a aussi une manière très gay de s'exprimer et de marquer les intonations. Comment vous dire. C'est du français mais c'est coloré :o)
(la catégorie de gens qui parle une langue étrangère mais continue à dire "hein ?" à la fin des phrases).

À tous les coins de rue ça parle français, dans tous les magasins, les pubs, les restaurants.

Et ce matin donc, j'étais en retard et je décide de prendre le DART.
C'est très près de chez moi mais il faut quand même faire un détour pour passer par le hall avant de remonter tout le quai des "grandes lignes" pour arriver aux quais 5, 6 et 7 qui m'intéressent. J'ai quand même fini par trouver un semblant de raccourci sous la gare, avec un escalier qui amène directement dans le hall, escalier bouché ce matin par deux agents de l'Irish Rail avec leurs blousons de plastique orange fluo, bien moins pressés que moi à 8h25.

Deux agents en uniforme de la compagnie irlandaise des chemins de fers, mais parfaitement français tous les deux.

Plog.


J'ai fait du kayak dans la baie de Dublin le 14 juillet.
De l'île de Dalkey on a vu passer de jolis bateaux, vu le temps,
tout le monde était dehors.


Et le week-end du 6/7 juillet on était en Irlande du Nord, j'ai vu la Chaussée
des Géants ! Et d'autre trucs, faut que je vous raconte.

mercredi 10 juillet 2013

Samedi 22 juin, au concert avec Bryn Terfel

Je continue dans le désordre, y a pas de raison, quand on n'a pas de méthode il faut s'y tenir.

Ordoncques je vous avais déjà un peu alléchés en vous disant que j'allais faire un concert au National Concert Hall qui est LA salle de concert classique de Dublin (voui, on n'a pas tout à fait la même quantité de programmation et de choix qu'à Paris ou Berlin), avec le Concert Orchestra de la RTÉ qui est la télévision d'ici, nous (le chœur du Goethe Institut) et Bryn Terfel, ze famous baryton-basse.

On avait une générale ou pré-générale le vendredi soir dans les locaux de la RTÉ au sud-est de Dublin. Il y avait concert de Rihanna ce soir-là dans les parages, je vous raconte pas la circulation (je m'étais payé un taxi pour être sûr d'arriver vite au bon endroit. Le chauffeur a cru que j'étais quelqu'un de très important quand on lui a ouvert la barrière de la zone enclose des locaux de la radio.

On commence la répète avec l'orchestre (le Concert Orchestra est le deuxième orchestre de la radio-télé après le Symphony Orchestra) et le chef. On avait eu le mardi précédent en répétition un assistant qui nous avait préparés, avait repéré quelques fausses notes qui traînaient, nous avait prévenu des endroits glissants et de ceux où Terfel risquait de faire le clown.
Vendredi soir ze chef d'orchestre, Gareth Jones, excellent. Les quelques chefs (d'orchestre) que j'ai croisés jusque là n'étaient pas toujours très bons avec les chanteurs, et encore moins avec les chœurs amateurs - à leur décharge ils avaient aussi souvent des orchestres amateurs à diriger en même temps. Lui sait ce qu'il veut obtenir, sait comment le demander, connaît absolument tout par cœur y compris les paroles, le sens, l'accentuation, l'interprétation, probablement la façon dont Bryn Terfel interprètera tout ça aussi. On aura la preuve juste un peu plus tard qu'ils ont l'air très bons amis.

Les paroles, ça, ça m'épate. C'est le truc qui m'impressionne le plus. Je suis nulle pour retenir les paroles. Et les chanteurs d'opéra retiennent des actes et des actes de mots qui ne sont pas dans leur langue, ça me fascine. La musique je comprends, la hauteur, le rythme, les nuances, même les départs, je peux. La qualité de la voix, le souffle, le vibrato, le registre, la tessiture, bon, ça se travaille. Après on travaille plus ou moins et on est plus ou moins gâté par la nature et votre timbre plaît plus ou moins. Un peu comme les sportifs.
Mais les paroles... pfiou...

Bref. Le chef d'orchestre connaît toutes les paroles.

Pause. En revenant du Piémont des toilettes, je croise un grand monsieur dans l'escalier qui a l'air entouré d'autre personnes et je le dévisage innocemment en me disant tiens, j'ai déjà vu sa tête quelque part, il fait partie du chœur ? (je suis là depuis quatre semaines, je ne suis pas encore très au point).
Non, non, je connais son visage parce que c'est LUI, Mister Terfel devant moi in person. Il croise mon regard à ce moment-là et je ne trouve rien de mieux que de dire "Hello". "Hi" répond-il.
Bref : j'ai parlé à Bryn Terfel.

Deuxième partie de la répétition avec lui. Effectivement il fait le clown, siffle sur la fin d'un morceau, demande aux hommes de crier un "Oh !" et de lever le bras à la fin de l'air du Veau d'or, change les rythmes à chaque phrase sur It ain't necessarily so et grimace quand le chef nous dit que celui-là était trop foireux et qu'on fait comme sur la partoche, plutôt. Sinon on le suit. Et il finit par dire qu'on ferait bien d'avancer cette répet, il a des places pour Rihanna.

Samedi rendez-vous à 15h au National Concert Hall. Je connais mais je n'étais jamais entrée par l'entrée des artistes, qui est tout derrière.
Il y a des photos dédicacées d'artistes dont Lady Felicity, et la porte vers la salle de concert, qui s'écrit Stàitse en gaélique mais je ne jurerai rien sur la prononciation.
Terfel arrive un peu plus tard. La photo n'est pas terrible mais c'est juste pour montrer qu'il est vraiment grand : (à droite)




Le chœur est tout serré sur les bancs de velours vert autour de l'orgue, faire se déplacer des ténors pour décaler les altos et pouvoir asseoir deux sopranes supplémentaires est toujours un exercice d'autorité périlleux. L'inertie des masses (on est une grosse cinquantaine pour ce concert). La répétition se passe bien, finalement les femmes auront aussi le droit de chanter sur l'air extrait de Ruddigore de Gilbert et Sullivan, monument de la culture anglo-saxone de la fin de l'ère victorienne, un peu après Offenbach. Ouf, je l'aimais bien.



La répétition se termine vers 17h et on a plus de 2h à tuer avant de devoir être de retour, prêts pour le concert. Je sors du bâtiment avec une allemande et une irlandaise et on se dirige vers le très joli Iveagh Garden juste à côté pour attendre sur un banc au soleil. Mais il se met à pleuvoir et j'ai faim. Nous nous mettons en quête d'un café.
L'irlandaise a un petit parapluie noir à pois blancs et liséré de rose sous lequel nous nous serrons, et nous remontons la rue d'un pas martial en chantant à tue-tête le chœur des soldats du Faust de Gounod.
Gloire immortelle de nos aïeux, soit nous fidèle mourrons comme eux !


Il n'y avait pas beaucoup de gens dans cette rue et c'est bien dommage, vous avez raté quelque chose.

19h50, conformément à ce que j'ai vu jusqu'ici, tout est à l'heure, le chœur entre en scène (après avoir péniblement réussi à s'aligner en coulisse selon que l'on est assis à gauche ou à droite du clavier de l'orgue).
19h55 l'orchestre s'installe et s'accorde.
20h00 le chef entre.

- Orchestre : ouverture de la Force du Destin, Verdi
- Baryton et choeur : Udite, udite, o rusticiL'Elisir d'Amore, Donizetti
- Baryton : Son lo spirito che negaMefistofele, Boito
- Orchestre : ouverture de Don Giovanni, Mozart
- Baryton et choeur d'hommes : Le veau d'orFaust, Gounod
- Baryton : Schweig, SchweigDer Freishütz, Weber
- Choeur (d'hommes ?) : Choeur des soldatsFaust, Gounod
- Baryton et choeur : Te DeumTosca, Puccini

- Baryton : Credo in un dio crudeOtello, Verdi
- Orchestre : Danse Macabre, Saint-Saëns
- Baryton : Moritat von Mackie MesserDie Dreigroschenoper, Weill
- Baryton et choeur d'hommes : When the night wind howls, Ruddigore, Sullivan
- Orchestre : ouverture d'Orphée aux Enfers, Offenbach
- Baryton et choeur : It ain't necessarily so, Porgy and Bess, Gershwin.

- Bis : Stars, Les Misérables, Schönberg

Bryn Terfel entre donc pour la deuxième pièce du concert et est immédiatement applaudi par une foule en délire (je ne crois pas avoir jamais vu le Concert Hall aussi plein, je repère en tout une dizaine de places vides éparpillées). Pendant son solo, nous intervenons plus tard dans l'air, j'entends soudain la salle exploser de rire, qu'a-t-il bien pu faire ? Il a sorti un bouteille de bière de sa veste. Il prend son temps pour jouer avec, la décapsuler, il chante toujours, nous chantons, et puis il boit et fait un grand geste au chef pour que celui-ci fasse durer l'accord final de l'orchestre aussi longtemps qu'il y a du liquide à avaler dans la bouteille...
Un sacré amuseur.
Puis il offre la bouteille à un monsieur du premier rang, qui l'a je crois offerte ensuite à son voisin. Mais je ne sais toujours pas s'il l'a vraiment bue, ou s'il avait mis de l'eau dedans (pour les non initiés : se taper une bière au début d'un concert classique n'est PAS un très bon moyen d'assurer vocalement pour tout le reste - quoique).
Un ténor du chœur a été désigné volontaire pour chanter la ligne de
Spoletta. Il s'en est très bien tiré,  a fait un bon jeu de scène avec
Terfel évidemment, qui n'a pas oublié de l'encourager et le féliciter. 
Il présente les morceaux, est toujours applaudi à tout rompre, ils rient, ils pleurent, ils l'aiment... Les dames sont béates d'admiration et les messieurs tout ébaubis un peu pareil.
Il se retourne après nos interventions pour nous faire un clin d'œil ou une mimique d'approbation, c'est très agréable !
Il y avait donc l'ouverture d'Orphée aux Enfers dans la deuxième partie, qui présente plein de thèmes différents, très drôle de voir la tête des gens quand ils ont enfin reconnus le cancan final :o)
Voici l'opérette en entier sur YouTube, vous pouvez donc écouter le début pour voir à partir de quel moment des accords vous indiquent que vous allez finir sur l'air de cancan le plus connu de la planète (mes excuses je crois qu'il faut d'abord survivre à une pub).

Une très bonne version d'Orphée donnée en 1997 (je crois) à Lyon avec 
Dessay, Naouri, Fouchécourt, Beuron et plus dirigés par Minkowski.

Nous avons été honnêtement applaudi pour le Chœur des soldats, mais enfin rien à voir avec Bryn.

Lui a eu une standing ovation à la fin, a reçu un bouquet de fleurs, l'a offert à une dame du premier rang, a fait quelques allers-retours et est sorti sous le regard amoureux de 1200 personnes.

Bref, c'était pô mal :o)

Vacances d'été, reprise des répétitions le 27 août, les Vêpres de Monteverdi le 3 décembre.

(bon et en attendant faut absolument que j'appelle les profs de chant dont on m'a donné les numéros, je fous rien ça va pas du tout).

mardi 25 juin 2013

Sport, à la télé

Un de mes colocs a laissé la télé allumée samedi dernier avant de sortir faire je ne sais quoi. J'ai fini par relever la tête d'un écran à l'autre, et me suis dis tiens, du rugby.
J'ai vaguement eu l'impression qu'ils faisaient des passes vers l'avant mais bon, je suis pas experte, je savais pas trop quelle équipe allait vers où.
Ils utilisaient souvent leurs pieds tout de même, décidément ça fait longtemps que j'ai pas regardé du rugby. 
Puis je les ai vus faire des rebonds avec la balle comme au basket. Là j'ai douté de ma santé mentale.
Puis il y a eu un gros plan sur le ballon et j'ai cru qu'il était rond. Là j'ai douté de ma vue.
Et puis je les ai vus transformer un essai au pied entre deux poteaux de buts de rugby bien de chez nous, enfin de chez eux, enfin bref on va pas se lancer dans qui a inventé le rugby, et j'ai été rassurée.

Puis mon deuxième coloc est rentré, m'a demandé si le premier était là, et j'ai dit oui, tu penses bien que ce n'est pas moi qui ai allumé le rugby.

C'est pas du rugby qu'il a dit.

Ah je me disais bien que j'ai répondu.

Du football gaélique que c'est. Tout ce que j'ai vu est vrai : la balle est ronde, les poteaux sont de rugby et aussi de foot,  ils font des passes dans tous les sens, des rebonds, des tirs au pied, des portés à la main... Et si ça se trouve j'ai pas tout vu.
C'est marrant à regarder en tout cas :o)


Et il y a cette vidéo-là que je n'arrive pas à intégrer ici sans que je comprenne pourquoi, avec 1 minute 10 d'extrait de jeu.
I sont fous ces irlandais.

lundi 17 juin 2013

Dimanche soir tard

Hello,

plein de projets de billets pour vous, de gribouillage et de racontage et de carnetage pour moi pour ne pas oublier les noms des gens, des lieux, et pouvoir faire ressurgir les paysages et les atmosphères en quelques mots.

J'étais revenue en France le week-end du 8/9 juin pour le mariage de ma cousine Soph Soph que j'ai par devers moi, en prenant mon vendredi et en allant me balader jusqu'à Cork dans le sud de l'Irlande parce que l'avion qui partait de là-bas m'arrangeait plus ; j'étais déjà rentrée un peu fatiguée dimanche soir et surtout avec une angine - vive la clim (et avec un paquet de sablés où était dessinée une tour Eiffel pour un de mes coloc. Ça a dû lui plaire, on a pas vu les sablés, nous).
J'ai enchaîné la semaine avec quelques médicaments, ne suis pas allée à ma répétition de mardi.

Et je rentre juste d'un week-end sur la principale île d'Aran, au large de Galway, organisé par un des groupes du site Meet Up auquel j'appartiens : New and Not So New in Dublin.
On était dix-sept, quelques irlandais, un égyptien, une polonaise, un argentin, un anglais, une autre française, une tchéquo-hongroise, un américano-britannique, un espagnol, une allemande...

C'était vraiment génial, je crois que j'ai pris des couleurs même si on s'est fait saucer une fois ou deux, on a fait plein plein plein de vélo, on a pu boire toute la Guinness et manger tout le chocolat qu'on voulait pour compenser (et des scones maisons surtout !), j'ai plein de photos d'herbe verte et de vagues bleues et blanches et de pierres grises à vous montrer, je fais ça vite !

Et je vais vite me coucher pour tenir la semaine, la répet de mardi, la générale de vendredi, le raccord et le concert samedi avec le Concert Orchestra de la RTÉ et Bryn Terfel himself, je vous raconterai aussi !

Bisous :o)




vendredi 7 juin 2013

Sport, un peu

L'autre jour, j'ai vu des gens ramer sur la Liffey, qui traverse Dublin.
J'ai eu le temps de sortir mon appareil, même si ça reste un peu loin. Si je reconnais bien c'est une yole (dames de nage sur le bateau, pas de portants) ce qui implique aussi qu'elle a un barreur et est montée en pointe (chaque rameur n'a qu'une rame et point deux).





En tout cas ils y mettaient du leur et étaient pliés en deux sur l'avant et allaient chercher loin derrière.

Toujours pas cherché de club d'aviron ici. Mais j'ai testé la "gym" du boulot lundi ! Et mardi, même. Je me dis que vu le temps que je fais au rameur sur 2000m ça ne peut que progresser...

Et il y a plein de jolis garçons, évidemment, c'est fait pour ça les gym, non ?

samedi 1 juin 2013

Au concert avec le président

Hier 31 mai, vendredi soir, concert night.

Pour l'instant à de rares exceptions près je suis tous les vendredis au National Concert Hall qui se trouve au sud-est du parc Saint-Stephen's Green. La programmation est plutôt bonne mais bon, j'ai bavé avec envie hier soir sur le programme de la saison prochaine de l'Opéra Comique... pas d'opéra ici.
Oui je sais, je pourrais en profiter pour m'intéresser à autre chose en matière de culture, j'entends bien. Mais quand même.
Donc hier soir programme russe : concerto pour piano n°1 de Tchaïkovski (Kirill Gerstein au piano) et la symphonie n°5 de Chostakovitch.
Je viens retirer mon billet sur place, le collègue intéressé par la musique classique n'avait pas voulu venir ce soir (fauché qu'il est) et je suis sensée retrouver des gens d'un groupe du site Meet Up, mais je ne les reconnais pas au point de rendez-vous.

J'ai pas trop le temps d'ailleurs, ici les représentations commencent à l'heure. Non mais, on est pas en France tout de même. Et donc 8pm, ça veut dire que l'orchestre s'installe, voire est installé, à 8pm sharp.
Donc dix minutes avant il y a une annonce, grouillez-vous d'aller à vos places, on ferme les portes dans cinq minutes. Pas de petite cloche comme nous tranquillement tintinnabulante qui t'indique que, quand tu veux, tu peux te mettre à chercher ta place.
Une autre annonce cinq minutes avant. 
Et une troisième annonce pour les portables, les appareils photos et... les issues de secours avant qu'on commence.

En entrant dans la salle j'avais entendu derrière moi des applaudissements dans le foyer, tiens, il y a de la célébrité ce soir.

L'orchestre est installé, le premier violon entre (Alan Smale), grande salve d'applaudissement, il prend sa retraite officielle ce soir.
Le chef entre (Alan Buribayev) et donne le départ des percussions. Alors que le pianiste n'est pas entré sur scène. Ça n'a pas de sens, il viendra après, quand il joue, pendant le morceau ??
Ma réflexion dure une seconde. Sur le balcon à ma droite des gens se lèvent. Toute la salle se lève. Et la porte du balcon s'ouvre pour laisser passer une délégation d'hommes qui remontent le couloir jusqu'à un décrochement à la balustrade duquel est pendue une tapisserie jaune et noire représentant une lyre.
La salle applaudit chaleureusement, le personnage principal de l'histoire a l'air d'être un petit monsieur enrobé au visage rouge, aux cheveux blancs et longs autour du crâne, qui sourit à la salle. Le chef lance ce qui doit être l'hymne national. Ça ne chante pas mais une dame au balcon a la main sur le chœur. (mon coloc m'explique ce matin que l'hymne a bien des paroles, mais en irlandais, bref en gaélique, dont la maitrise par une bonne partie de la population est inférieure à celle qu'ils ont du français, qui est déjà très mauvaise).

Ces émotions passées le concert peut commencer, le pianiste entre effectivement avant que ne démarre le Tchaïkovski et comme j'avais judicieusement choisi ma place j'ai une vue parfaitement dégagée sur ses mains, c'est génial.
Le Chostakovitch est très poignant aussi, je ne l'avais jamais entendu je crois, on entend toujours l'ironie qu'il y met, le finale optimiste et joyeux doit être compris comme "une réjouissance forcée, créée sous la menace. Comme si quelqu'un vous battait en disant "votre boulot est de vous réjouir, votre boulot est de vous réjouir", et que vous vous leviez en chancelant et murmuriez "notre boulot est de se réjouir, notre boulot est de se réjouir". 
C'est ce que dit le programme, qu'il faut acheter 4 € et que m'a hier soir offert ma voisine.
C'est d'ailleurs à elle qu'à l'entracte j'ai demandé qui était ce monsieur là-haut qu'on avait applaudi. "The président" of course !

Je me suis dit que si un étranger vivant en France n'avait pas été capable de reconnaître le président dans une salle de concert ça m'aurait fait un drôle d'effet. Renseignez-vous sur le pays où vous vivez bon sang.
Ben voilà, je l'ai fait :D
Tiens c'est lui le président, Michael D. Higgins.