lundi 8 septembre 2014

Surfez maintenant !

Mi-août, ma copine polonaise Kasia me dit tiens, j'organiserais bien un week-end de surf, ça te dit ?
Bof.


Essayer de tenir debout en adoptant une attitude bravache, un sourire colgate et des dreadlocks blondes sur l'océan gelé de la côte ouest irlandaise, rebof. Je m'y vois pas du tout.
C'est pour les ploucs, le surf. Ou les gens qui veulent se la péter. Bref, pas pour moi.
Sans compter que ça doit être fatiguant.


 

Le surf, c'est un grand truc ici. Mon ancienne collègue Karine y va presque tous les week-ends en été, avec compagnon et enfants, le van, les combinaisons, les planches, la tente de camping, on file plein ouest ou nord-ouest, il y a le choix tout au long de la côte Atlantique, plein de "spots" pour rencontrer les vagues. Mon ancien manager a essayé aussi l'année dernière, et puis ma nouvelle coloc avec des copines, il y a un mois. Ca a l'air d'être une banale activité du week-end, tranquille. Facilitée par le fait que l'Irlande est traversable en quelques heures, donc même de Dublin on peut aller passer le week-end de l'autre côté.
Du coup, je me radouci un peu dans mon attitude toujours premièrement méfiante, récalcitrante et refusante.
Je signe, hop, allez, pourquoi pas ! comme dirait Lafayette.

On devait initialement aller à Lahinch, côte ouest, au sud de Galway et tout près des fameuses Cliffs of Moher que j'ai enfin vues début août avec mon papa (qui est revenu cette année, si si, c'est-à-dire qu'il a repris l'avion, réservé une chambre pour une semaine - ou plutôt fait faire tout ça par Number Three - a préparé des affaires dans un sac à dos, tout ça. Et une fois ici il a fait la moitié de l'Irlande à pieds et m'a fait dîner au restaurant tous les soirs, donc 5 soirs dans le même. Sur 7. Je me plains pas vraiment mais ça devenait un peu embarrassant quand même) mais on est finalement allées à Bundoran, au nord-ouest, on roule d'ailleurs en Irlande du Nord pendant quelques dizaines de kilomètres pour y aller, c'est plus court, et ça permet de recevoir un gentil texto de son opérateur téléphonique qui vous souhaite de bonnes vacances et vous informe des conditions d'utilisation au Royaume-Uni.
Bundoran ça tombait bien, c'est justement là qu'était Karine ce week-end là, on s'est retrouvées sur la plage en combi, c'est rigolo. Et ça permet de vérifier ce truc improbable mais vrai : l'Irlande c'est vraiment tout petit : il y a TOUJOURS quelqu'un qui connaît quelqu'un d'autre. L'irlandaise avec qui je voyageais en plus de Kasia a retrouvé au club qui nous donnait les leçons de surf une nana qu'elle avait rencontrée il y a sept ans en Australie. Ils sont fous ces Irlandais.




Brefle, on se dématine samedi, ce qui n'était pas trop pour me plaire, on retrouve Dee (diminutif de Deirdre, qui se prononce dirdra comme je vous le racontais précédemment ;o)), on se paume à peine sur le trajet et on est au club de surf vers midi.
Présentations, explications, on ne loge pas ici parce que c'est complet mais dans un B&B à 5 minutes de route, 15 à pied, belle et grande maison très calme tenu par un couple qui a apparemment eu six filles d'après les photos, donc plein de chambres et de salles de bain... 
Retour au club de SurfnTurf pour 14h. On nous présente notre instructeur pour aujourd'hui, Eoin (comme mon coloc), qui nous distribue gracieusement combinaisons ("wetsuit") et T-shirt bleus au nom du club pour être repérables, il en porte un rouge lui-même.
L'enfilage d'une combi c'est déjà tout un poème. Mais enfin après entortillages et entraide, nous voilà prêtes. On sera accompagné d'un couple allemand qui fait déjà du surf depuis le début de la semaine et aura moins besoin de supervision que nous.
On part jusqu'à la plage de surf - plus loin que la plage principale dédiée à la baignade et au plongeon depuis les falaises, paraît-il, à marée haute, on est pas allées voir - en 4x4 aux couleurs du club et à la conduite brusque, les banquettes arrières recouvertes de plastique étanche, tu comprendras au retour.


Une fois sur le parking les planches de surf sont descendues du toit ou bien de la remorque qui est déjà là - les gars passent la journée à faire des allers-retour, et on descend sur la plage par un chemin assez raide.
Là, petit cours, trucs, astuces et techniques pour avoir une chance de se mettre debout sur la planche. Le gars nous explique que lorsqu'on est allongé, au début, il faut avoir les doigts de pied qui dépassent à l'arrière, mais pas plus. On pagaie avec les bras pour avancer un peu quand la vague va nous prendre, et là on agrippe la planche avec les mains en les plaçant juste en dessous des épaules, on redresse le torse et on vient se mettre à genoux avant de se redresser, un pied devant un pied derrière. 
On s'aperçoit mine de rien que les filles mettent le pied gauche devant et moi le droit - comme le prof d'ailleurs.
Allez, on attrape sa planche comme il faut, on la tire jusqu'à l'eau, on ne crie pas en mettant les pieds dedans - oui on est pieds nus, il paraît que c'est plus facile pour sentir la planche et réussir à se mettre debout. Kasia, qui a fait du surf pour la première fois au Portugal il y a un mois, trouve que l'eau est bien meilleure ici !
On avance dans l'eau, le fond est tout sablonneux et plutôt très plat, c'est agréable, on ne se retrouve pas à ne plus avoir pieds. L'eau entre doucement par en bas puis un peu en haut de la combi pour faire cette couche protectrice qui nous tiendra chaud empêchera de geler, frissons.
On se place pour attraper sa première vague, le prof alternera entre nous trois pour tenir la planche et nous "lancer" avec la vague.
La toute première vague je crois que j'ai à peine réussi à me soulever sur la planche et j'ai eu un gros moment de panique : je sais que j'ai pas bien de force dans les bras, mais j'aimerais bien ne pas passer le week-end dans la situation humiliante de la nana qui n'arrive même pas à se relever, sans parle de passer en position agenouillée ni même debout. Légère honte. Et plaisir gâché.


Et puis je pige je sais pas quoi avec les jambes, que j'arrive vite à ramener pliée entre mes bras, bien au milieu de la planche comme le monsieur a dit pour ne pas perdre l'équilibre ni sur l'avant ni sur l'arrière ; ni sur les côtés évidemment.

La sensation au moment où la vague arrive par derrière, soulève la planche et vous fait glisser sur l'avant est déjà grisante, tout le corps se soulève et se précipite, c'est génial. Et alors une fois que bien agenouillée, j'ai pu, en prenant un peu mon temps, poser pied droit puis pied gauche et tenir debout - assez vite finalement, j'étais super fière ! - c'est magique.



Bon, là c'est pas tout, mais il est 23h30, ça bosse demain, je vous raconterai la suite bientôt !


mercredi 30 juillet 2014

Et quid du gaélique ? (2)

J'en oubliai un peu sur la langue irlandaise :

L'hymne officiel de la République d'Irlande, Amhrán na bhFiann (attention, pas Ireland's Call qui est un hymne pour les compétitions sportives rassemblant le Sud et le Nord, où l'on ne peut donc pas utiliser l'hymne républicain), est en irlandais... et d'ailleurs tout le monde marmonne les paroles parce que ça maîtrise pas trop.

Plus rigolo, j'avais entendu deux irlandais d'une trentaine d'années dire que si si, ces années d'apprentissage scolaire et pénible du gaélique leur avait servi à quelque chose : lors de leur "gap year", en Australie, entre copains, vers la fin de la soirée au bar, ça servait à se mettre d'accord sans que personne ne comprenne sur qui draguait la blonde, qui la brune, qui la troisième. Tout en élégance.





Lors du week-end de Pâques j'étais allée dans le nord de Dublin à la reconstitution de la bataille de Brian Boru, à l'occasion du millénaire de la chose - on sait qu'elle a eu lieu lors du Vendredi Saint 1014. Grand affrontement dans l'histoire de l'Irlande entre deux rois qui prétendaient tous deux (à) régner sur l'ensemble du pays, et avaient chacun tout plein de mercenaires vikings dans leur armée.
Brian Boru est mort mais son armée a gagné, c'est ce qui compte.

C'était rigolo.

Avec un côté reconstitution historique et un côté fête foraine un peu plus loin.
A la fin les Vikings dégustaient des plats typiques pour se remonter.


jeudi 10 juillet 2014

Et quid du gaélique ?

A propos de la langue gaélique, qui est une langue celtique (indo-européenne, si si) de la même famille quoique différente que le breton, on pourrait dire Ô Dieu, bien des choses en somme.
Tout d'abord, on la désigne ici dans le langage courant par "l'irlandais" (irish) plutôt que "le gaélique".
Ensuite, les avis sont partagés. Certains vous diront que c'est une langue moribonde, voire morte, qu'elle n'est maintenue qu'à l'aveugle et par pure volonté politique, avec des stations de radio et de télévision qui parlent dans le vide, et que le président-poète Michael D. n'est qu'un doux rêveur. D'autres soutiendront qu'elle est encore couramment parlée, surtout dans l'ouest, sur les îles d'Aran par exemple, à l'ouest de Galway, ou bien vers Dingle, où la signalisation routière n'est faite qu'en irlandais, z'avez interêt à réviser avant de partir pour pas vous paumer.

Dans les irlandais que je connais, il y a mes colocs, dont l'un assure que son irlandais est inférieur à son français, qui n'est je confirme pas brillant. L'autre a dû bosser son irlandais à fond pour passer le concours d'instituteur, a cru même avoir raté l'épreuve. Finalement non, il est passé, a bossé dur toute l'année les différentes matières en plus de son travail habituel et part tout de même samedi prochain trois semaines dans le County Donegal dans un "camp" pour ne parler qu'irlandais :o)
L'irlandais est donc obligatoire pour être instit, et je crois pour tout un tas de job dans la fonction publique. Pourtant, dans le cas de mon coloc, ce n'est pas lui qui donnera les cours d'irlandais aux élèves, il est fort possible qu'il ne s'en serve pas du tout en cours, mais il faut qu'il passe l'examen, pour lequel il a donc dû réviser comme un fou car c'était au-desus du niveau qu'il avait acquis - à l'école justement.
Au choeur du Goethe Institut il y avait aussi ma copine Aoife, qui travaille dans le grand magasin Kilkenny sur Nassau Street. A l'époque, il fallait parler irlandais pour être engagé, mais ce n'est plus le cas. Elle raconte que certains clients s'adressent à elle et lui posent des questions en anglais puis commentent ses réponses en irlandais, persuadés qu'elle ne comprend pas (jeune, de Dublin). C'est légèrement gênant, quoique moins pour elle que pour ses collègues qui ne comprennent effectivement pas et qui se retrouvent dans une situation assez désagréable. Elle est née dans la banlieue sud de Dublin et a la petite trentaine. Comme quoi les bilingues ne sont pas tous dans l'ouest.
Des membres du choeur de la RTE m'ont expliqué que l'irlandais de Donegal est très différent de celui de Dublin ou de Tipperary, quel accent mes aïeux ! J'opinai en écarquillant les yeux.
Il existe des écoles all-irish où l'anglais a le quasi-statut de langue étrangère et qui sont souvent un gros choc initial pour les élèves, qui ne parlaient parfois qu'anglais à la maison, mais dont les parents veulent qu'ils maîtrisent l'irlandais.

Toute la signalisation est bilingue, dans l'aéroport, sur les bus, dans la rue, les noms des rues, les (quelques très rares) plans des lignes de DART.
Un peu moins à l'oral, dans les annonces du DART. Quoique, on en entend quand même.
On apprend peu à peu à reconnaître les mots qui sont de l'irlandais et sont donc à prononcer de manière très éloignée de leur orthographe. A peu près impossible d'en percer la logique, mais on est fier de savoir : Dun Laoghaire. Taoiseach, l'équivalent du premier ministre, qui veut s'y essayer ? Vous monsieur ? Non ! Vous ? Non !
Ti Choc. Comme Ti Punch un peu, mais choc.
 Une fois qu'on sait le prononcer, c'est bien, mais faut un jour l'écrire et on est bien emmerdé.

Pour mon boulot actuel, où je téléphone à plein de gens purs irlandais - ou presque tous - je découvre donc des noms et prénoms typiques, qui me déroutent parfois terriblement :
Aoife, Eoin, Deirdre, Sinead, Cliodhna...
Ma copine Aoife, donc, j'avais trouvé, à l'oral, le prénom suffisamment facile à retenir avant de le voir écrit. Ça se prononce [ifa]. En vrai.
Deirdre, un peu pareil, [dirdra]. On croit comprendre que la voyelle finale peut devenir a, comme ça, sans prévenir.
Eoin, le nom de mon coloc, se prononce comme le verbe "own".
Sinead, c'est [SinEd], c'est-à-dire "chinède". Après avoir chanté un peu en irlandais fin mai, j'ai découvert que la plupart des "s" dans l'orthographe se prononcent "ch".
Cliodhna donne [klina], bref, les voyelles c'est un peu du pif, on saupoudre à l'écrit et on dit autre chose à l'oral.
Un certain nombre de ses pronoms ont en plus une orthographe gaélique, encore un peu plus compliquée (ah ben oui, là c'est le truc soft) : Darragh pour Dar(r)a, qui est un prénom mixte, Eoghan pour Eoin... En anglais, on ne prononce pas tous ces -gh qui sont là pour donner une allure irlandaise à tous ces mots, donc ne vous laissez pas impressionner !
Mon nouveau préféré (ça a été Deirdre à un moment) m'est arrivé par la chorale. Je re-demande à une co-choriste son prénom que je n'ai toujours pas réussi à retenir - les noms propres, en plus étrangers, c'est mine de rien quelque chose de difficile à retenir, par définition ça ressemble souvent à rien de connu. Niv, me dit-elle.
Très bien, Niv, à rapprocher de Eve (qui se prononce en anglais Iv, donc), allez je vais m'en souvenir.
Et elle note son numéro de téléphone et son nom sur une brochure, son nom, qu'elle épelle n - i - a - m - h.
Si si, Niamh, en vrai.

Allez, après toute cette lecture pleine de pièges, un petit court-métrage irlandais qui parle de l'irlandais. Il ne s'agit pas de la meilleure performance d'acteur de l'histoire du cinéma, mais la réalité dépeinte est franchement véridique et l'histoire est très touchante, je vous le recommande chaudement :


samedi 24 mai 2014

Les p'tits détails (2)

De nouvelles idées pour les p'tits détails qui disent qu'on est en Irlande, ou peut-être pour certains d'entre eux juste dans la culture anglo-saxonne.

(en finissant mon article, je vois que ça manque de photos, je vais voir ce que je peux vous trouver)(Ah, voilà, notre week-end dans la péninsule de Dingle fin février !)
Le Milk Market de Limerick, ville où nous avons fait étape le vendredi soir.
Milk Market où on ne vend pas (que) du lait.
La rivière Shannon, toujours à Limerick.
Le club d'aviron !
 Donner son prénom en premier. J'ai mis quasiment un an à le comprendre ; lors d'une prise de rendez-vous par exemple, même chez le médecin, quand votre interlocuteur vous demande votre nom, il s'attend à ce que vous donniez votre prénom. Ensuite, s'ils en ont besoin, ils demanderont le nom de famille. Sur la première page de mon bel agenda en anglais, il est écrit : Name, Surname. Je suis persuadée qu'en français on aurait : Nom, Prénom. "Name" correspond donc plus à "Prénom" qu'à "Nom (de famille)".
On utilise effectivement bien plus les prénoms dans la conversation, y compris pour s'adresser à des gens qu'on ne connaît même pas. Je le découvre dans mon nouveau boulot où mes collègues s'adressent à des clients potentiels par leur prénom, sans que ça ait cette agressivité qu'on y entend en français. Bon, pour ma part j'ai encore un peu de mal et n'ose pas attaquer par le prénom pour les anciens clients que j'ai au téléphone. Surtout que bon, faudrait que je vous fasse une liste, mais il y en a la moitié, j'ai aucune idée de la prononciation (Deirdre, par exemple, pour lequel j'ai un faible). Mais lorsque je me présente au téléphone, même pour du démarchage, la plupart des gens, même pour me dire non, vont reprendre mon prénom dans leur phrase, ou bien vont répondre "Hello Gabrielle" à ma phrase d'introduction tout faite, ce qui me laisse toujours baba.

Sur notre trajet vers Dingle, arrêt sur une grande plage battue par les vents
(j'utilise des tournures de phrases éculées si je veux).





Encore quelque chose qui m'a pris plus de six mois : à la question "where do you work", mes interlocuteurs anglophones donneront une réponse géographique. Alors que pour moi, "tu travailles où ?" est l'équivalent de "dans quoi/quel secteur d'activité ?" Lors de ma visite de l'appartement où j'habite, j'ai posé la question à mon dorénavant colocataire Eoin, qui a répondu "in Swords". J'ai cru qu'il fabriquait des épées, j'ai trouvé ça super cool, mais en fait il travaille dans la commune de Swords, au nord de Dublin, dans un labo de chimie. J'étais un peu déçue.

Sur les conseils de Karine, ma collègue française qui a habité Dingle,
on emprunte la route secondaire vers la ville, la Connor Pass, et on s'arrête à la chute d'eau.
On laisse la voiture en bas et on grimpe des gros rochers. En haut un lac.




Un embouteillage.


Du dernier au premier plan : Ricardo, Sascha et Vedran.
Manque Alex, qui conduisait.

J'ai parlé des sonneries et numéros de téléphone la fois dernière. J'ai réussi à apprendre le mien très vite à force de l'écrire dix fois par jour dans mes mails pour les visites d'appartements. Mais je me le récitais en mettant les chiffres deux par deux, à la française ! (Il semblerait d'ailleurs qu'on soit un des seuls pays à présenter nos numéros sous cette forme). Ce n'était plus possible à l'oral, et il a fallu apprendre à le dire chiffre par chiffre, en les groupant en trois groupes de 3 - 3 - 4 chiffres. (C'pas clair ?).

Il ne faut pas le réciter deux par deux : 08 71 23 44 55 mais : 087 123 4455. Et là encore, pas à la française "zéro quatre-vingt-sept, cent vingt-trois, quarante-quatre cinquante-cinq"  (ou zero eighty-seven, a hundred and twenty-three, forty-four fifty-five).
Nononon, il faut dire : "zéro huit sept, un deux trois, double quatre double cinq" (ou plutôt zero (ou o) eight seven, one two three, double four double five).
087 étant l'indicatif des portables les plus récents, dont le mien. Par contre ceci n'est pas mon numéro, j'espère que je n'ai pas donné celui de quelqu'un d'autre !


Dingle, la rue principale.
Fungi, qu'on a pas vu :(
Dans un pub sur le port, pour se remettre d'avoir grimpé
jusqu'au lac de tout à l'heure (Padlers Lake).

Parlons justement public houses, les pubs, les bars, et la bibine. La Guinness est évidemment la bière reine, mais attention à ne pas la commander n'importe où, si vous en prenez dans tel bar où elle est réputée par terrible, vous passez pour un gros touriste, aïe. Ils aiment aussi beaucoup une pinte de Bulmers, qui est un cidre. Il y a aussi la Murphy's, plutôt dans l'ouest et le sud je crois. Dans les habituelles on prend souvent de la Beck's (pas cher), les habituelles Heineken et Carlsberg, et je viens de découvrir la Fischer, à l'odeur et la couleur de miel (oui, je sais, c'est alsacien, j'étais pas particulièrement portée bière jusque là). Enfin le demi se dit plutôt "a glass" que "a half-pint" en Irlande. Mais le plus important c'est qu'on ne se paye pas son petit verre chacun au comptoir : ça fonctionne par tournées. Si l'habitude de payer pour le bar entier s'est tassée, tout de même (jamais vu moi-même), on fonctionne toujours par tablée/groupe. Ne sachant pas comment ça marchait au départ, il se trouve que je n'ai rien payé du tout les deux ou trois premières fois que je suis sortie, oups. Et puis on attrape le coup très bien et on prend les commandes de sa table pour aller payer la prochaine. Pour savoir à combien de personnes vous devez offrir le verre, voyez qui était compris dans la tournée précédente et faites la même !


On va voir l'extrémité de la péninsule dans l'après-midi, mais le temps reste gris.
Le côté flou des photos vous donne une idée de l'humidité dans l'air.
Ne me demandez pas comment les moutons ne se cassent pas la gueule
ni comment ils sont arrivés là.


J'ai raconté dans un autre billet les feux de croisement, qui s'illustrent par leur inertie : il arrive qu'il se passe une dizaine de secondes sans mouvement aucun, où tout le monde est au rouge - à rendre fou un parisien - et sans qu'on puisse assurément savoir qui passera au vert ensuite. Le temps dévolu au vert piéton est terriblement court, quand on peut attendre plus d'une minute que les voitures "passent" enfin au rouge. Autre particularité des infrastructures : le long de la ligne de DART - dès qu'on sort du centre-ville où la voie ferrée est sur des ponts façon partie aérienne de la ligne 6 - on croise tout un tas de passage à niveaux ! Alors ça, finalement, ça me fait plutôt plaisir. Ca se trouve presque plus par chez nous, on a creusé des tunnels et bâti des ponts partout pour que tout se fluidifie bien. Ici non, non, tranquille, tu descends du DART et tu attends à la barrière avec tout plein d'autre piétons et des voitures et les gens en face pareil, voilà, et tu comprends que c'est pas si grave d'attendre deux minutes oh, faut prendre le temps des fois, on est en Irlande.

L'Oratoire de Gallarus, une curiosité, site historique, monument important
de la région.







Météo oblige : avoir probablement vu plus d'arcs-en-ciel en un an ici que pendant mes 25 premières années. Continuer à s'extasier un peu quand même. Comprendre le coup de la légende du pot d'or des Leprechauns au pied des arcs-en-ciel.


Le port de Dingle par éclaircie.

J'ai fait des essais de couleur.


Pour entrer dans le chapitre langage : entendre tout le monde jurer avec "Jesus" voire "Jesus Christ". J'ai entendu mes colocs dire ça pendant des mois en entendant toujours dans ma tête "Ne jurez pas Marie-Thérèse !" qui me donnait envie de pouffer de rire. L'idée que je puisse moi-même prononcer ce juron-là me paraissait impensable. Imparfait. C'est le seul que j'utilise depuis maintenant deux ou trois mois.
Variantes en Jeeze et Jaysus (djèïsus). Et quand la situation doit vous faire jurer un peu plus, le complet "Jeeeesus Christ!!".
Un autre tournure que j'ai attrapée plus vite, un de mes colocs l'utilise particulièrement donc j'y suis assez exposée, mais c'est très courant en général, consiste à rajouter "like" deux ou trois fois par phrase. Il paraît que ça vient de Cork, où ils seraient capables de dire "How are you like?", ces fous, mais c'est bien bien répandu à Dublin aussi.
 
On finit donc par prononcer des : "The eejit (variante orthographique de "idiot", pour se rapprocher de la prononciation) told me that and I was like "Jesus, like!"!"

Sur le chemin du retour vers Dublin, on passe dans le comté de Tipperary,
d'où viennent d'ailleurs mes colocataires.
Et on s'arrête à Cashel, où il y a un rocher où il y a un château.
Malheureusement les visites sont terminées depuis une heure ou moins.
On se contentera de faire le tour des remparts et d'escalader
ce qu'on peut comme des petits nenfants (enfin surtout moi).

Vous avez remarqué ? Quand j'aime bien mes propres photos, je les mets en plus grand, que vous puissiez me complimenter, des fois, si le coeur vous en dit, msieurdames.

Enfin j'aime bien les autres photos aussi hein. Les vraiment moches je les montre pas hein.

Donc voilà tout ce qu'on aura vu du château.
Enfin, dans le chapitre "L'Irlande c'est tout petit", outre le fait de croiser des gens qu'on connaît dans Dublin, j'expérimente actuellement le : être arrivée il y a 13 mois et avoir rencontré un député candidat à l'élection européenne, en privé, pas juste dans une distribution de tract. Parce que je chantais au récital de piano de ses enfants parce que je connais leur professeur parce que j'étais dans la même chorale qu'elle et que nous chantons aussi ensemble dans un petit groupe (pour un mariage prochain) avec aussi la femme du député et son frère (à elle). D'où j'étais chez le député samedi soir pour les 40 ans de son épouse. Qui qui fait son chemin en Irlande ?

samedi 10 mai 2014

Musique presque traditionnelle


J'étais jeudi soir 8 mai - qui n'est pas férié en Irlande, bande de fainéants, on a juste le premier lundi de mai, ça bosse ici - d'accord on a le premier lundi de juin aussi - au Grand Social, qui est l'un des bars-boîte-scène de musiques variées et autres activités que nous affectionnons.

On allait voir un groupe qui s'appelle This Is How We Fly, dont je n'avais encore vu que deux membres sur quatre, dans un drôle de spectacle sur les histoires de souris...
Ce groupe est constitué de deux Irlandais (au "fiddle" et à la clarinette), d'un suédois à la batterie (donc il joue avec une seule baguette, sa main gauche est en contact direct, et il a aussi des cloche(tte)s) et d'un danseur américain dans une autre partie rythmique qu'il assure avec les pieds, mais certainement pas comme un pied, j'adorerais danser comme ça :o)

Ca donne quelque chose de très très joli à voir, sans même compter sur le fait qu'ils ont l'air d'adorer jouer ensemble et qu'ils abordent d'immenses sourires tout au long du concert.

La vidéo qui me paraît la plus intéressante refuse de venir sur ce blog, dingue, en voici le lien, elle montre (et fait entendre) mieux le rôle du danseur.


Sinon, côté musique, j'ai donc intégré le choeur de la RTÉ en février (choeur philharmonique s'il vous plaît), et notre dernier concert de l'année, mon premier avec eux, est vendredi prochain au National Concert Hall, où je chanterai pour la troisième fois !

Au programme :
STANFORD Song of the Soul (European Premiere) 
ELGAR Enigma Variation (orchestral piece)
COLERIDGE-TAYLOR Hiawatha’s Wedding Feast from The Song of Hiawatha 

Looking forward to it!