vendredi 10 mai 2013

Chantons maintenant !


Donc, mardi soir, j'allais assister, participer j'espérais bien, à la répétition du Chœur du Goethe Institut de Dublin.
Ça se passait au Goethe Institut comme on peut s'en douter, sur l'un des côtés de Merrion Square, square où semblent avoir vécu plusieurs grands écrivains irlandais (Wilde, William Butler Yeats, Joseph Sheridan le Fanu - faut que je me renseigne sur celui-là, mais si mon guide le mentionne...)  rive sud, à l'est de la ville, pas bien loin de mon lieu de travail. J'avais prévu un peu large et je peux donc faire un petit tour de l'institut avant que la répétition ne commence.
La maison familiale Wilde sur Merrion Square
Je suis vite repérée par l'organisatrice qui avait répondu à mon mail et m'installe parmi les sopranes. La tranche d'âge est assez large, je suis de nouveau parmi les plus jeunes mais je vois quand même arriver des gens qui ne doivent pas être trop éloignés de mon âge, et puis ça va jusqu'à 60 - 65 ans je pense. C'est un groupe de bien quatre-vingts personnes (voire cinq-vingts :o)).
Le chef est irlandais, et attaque un échauffement par un arpège déjà "voisé", tiens ça va un peu vite dans le son comme échauffement. Le choeur répète une fois. Et c'est tout.
Ouch.
Mauvais point.

À leur décharge ils ont un concert-compétition ce dimanche 12 mai, il s'agit donc ce soir de revoir en entier les deux pièces qui y seront données et doivent se chanter par coeur. Mais quand même.

La répétition commence toutefois par un petit morceau des Vêpres de Mendelssohn, qui sont prévues pour le concert de décembre prochain. Ça ne vas pas très en profondeur, je finis par comprendre que le chef bat à la blanche, mais on a fait plus clair, et je m'aperçois que je ne connais pas du tout le vocabulaire musical en anglais... Je finis par attraper dans le courant de la soirée que mesure c'est "bar".  Je râle toujours contre les chefs qui parlent trop de ce qu'il fallait faire au lieu de nous faire rechanter les mesures fautives pour que ça rentre bien (que voulez-vous, j'ai été formée par des cognitivistes, la répétition creuse le sillon), mais là, répéter sans expliquer ce qui n'allait pas où le démontrer une fois pour pouvoir le copier... ben ça n'a pas de sens non plus.

On passe à Heinrich Schütz, Herr, wenn ich nur dich haben. Double-choeur, branle-bas de combat pour l'installation de chaque côté du piano à queue (un Steinway if you please), je me retrouve dans le choeur 1, au premier rang, juste devant le chef qui me sert la main puisqu'on ne s'était pas vus avant.
La pièce n'a pas l'air absolument au point, j'ai le temps de déchiffrer, l'harmonie n'est pas trop surprenante, mais la pièce est tout de même bien jolie. Je finis par demander depuis quand ils la travaillent, Pâques me dit-on. "Use the music" dit le chef avant de nous faire refaire dix fois les mêmes tout petits passages. Et puis faire des la 4 sans échauffement correct, hein (et sans avoir chanté depuis trois semaines pour ma part), c'est pas cool. Je sens que ma voix tire et je commence déjà à en vouloir au chef.
(S'il devient mon chef je serai d'une loyauté presque sans faille, mais pour l'instant je critique tout mon saoul).
Pause, ils ont tout une organisation à mettre en place pour leur concert de dimanche qui se trouve à l'extérieur de la ville, les proposeurs de place(s) dans leur voiture sont priés de se mettre d'un côté du piano et les demandeurs de l'autre.
Puis Britten, le Jubilate Deo (? ça y est je ne sais plus, ah si, mais celui en mi), qui me fait bien penser au Rejoice in the Lamb qu'on a travaillé avec Éolides il y a deux ans, mais plus court, et que j'ai bien plus de mal à déchiffrer à vue. Ils ont l'air de le maîtriser beaucoup beaucoup et je suis admirative du travail sur ce genre de pièce que personnellement je trouve bien difficile, deux passages en revue et c'est plié. Une dernière fois Schütz, avec tout le monde en place en face du chef, je reste à l'extérieur avec les quelques autres personnes qui ne seront pas là dimanche. Mais je chante quand même, ça me fait trop plaisir.

À la fin de la répétition ils sont plus ou moins priés de quitter vite la salle car il y a une audition, moi donc. Il m'avait été demandé de ne rien préparer. Le chef me fait donc faire des arpèges et vocalises en a, i, o , è... J'ai des trous dans la voix sur les notes aiguës, je lui en veux de plus en plus :D Et puis une petite lecture de deux lignes à vue, je me fais piéger sur les altérations (pas vu le ré dièse à la clef) mais c'est pas mal quand même.
Il a l'air très satisfait, me trouve une jolie voix, m'accepte dans sa chorale. Bon, ça fait deux heures que j'écoute, je ne suis pas surprise, à moi de poser des questions maintenant : euh, des fois, vous faites des échauffements ? Ah oui oui je trouve ça très important. Allons bon, mais aujourd'hui alors ? Ah oui on fait au moins cinq minutes, il faut surtout se relaxer. Vous m'écoutez quand je parle ? Je peux pas chanter les notes aiguës sans échauffement moi, par exemple aujourd'hui, vous n'avez pas fait d'échauffement, et vous avez entendu ce que ça donne, alors que normalement je n'ai pas de trous dans la voix comme ça. Ah oui c'est très important les échauffements.

Bref.

Un monsieur du choeur revient chercher sa veste, me demande si je suis prise et me félicite. Intérieurement je monte un peu sur mes grands chevaux en me disant que les félicitations pourraient avoir lieu dans l'autre sens en fait, j'ai une voix jeune, bien plus jeune que leur moyenne d'âge, relativement travaillée, avec une culture musicale et quelques capacités de déchiffrage, ça va, je vais pas les plomber hein, ils devraient gagner au change normalement.

Je ne sais pas très bien pourquoi j'étais d'aussi mauvais poil à la fin, mais voilà, ça ne pouvait pas être parfait.
On considère que je suis enrôlée (oui, à partir du moment où ils me prennent, j'ai accepté, évidemment, je ne crois pas que quiconque m'ait demandé ce que j'en pensais et si ça me convenait), je remplis ma fiche, et on me donne les partitions pour le concert du 22 juin au National Concert Hall. Choeurs d'opéra avec un baryton que je suppose connu (Bryn Terfel) et l'orchestre de la RTÉ, la radio-télévision irlandaise.
L'idée de ce beau concert me console un peu sur mon chemin de retour. Et le sandwich que j'achète, je suis venue à jeun et je meurs de faim.

Me console jusqu'à ce que je mette le nez dans le programme.

C'est un concert avec orchestre et soliste(s). C'est le concert d'un soliste avec un orchestre. Et accessoirement il y a un choeur, des fois, qui chante une ligne, parfois deux systèmes.
On n'a pas une pièce pour choeur seul, les choeurs d'opéras les plus consistants (et il ne faut pas être regardant sur la définition) sont des choeurs d'hommes. Vive la soldatesque.
Ce sera donc un concert de faire-valoir.

Mais j'aurai chanté au National Concert Hall de Dublin. Et il n'y a plus qu'à espérer que je serai encore là le 3 décembre pour le Mendelssohn.

Je trouve en rentrant une page web recensant plein de chorales sur Dublin, mais je réalise qu'on est déjà mi-mai, les concerts de fin d'années sont dans quatre à six semaines, il est vraiment tard. Et après c'est la pause été.

On verra en septembre.
Et j'ai le mail du chef pour lui demander une liste de professeurs de chant ici. On fera comme ça.

Le programme de juin :

- Orchestre : ouverture de la Force du Destin, Verdi
- Baryton et choeur : Udite, udite, o rustici, L'Elisir d'Amore, Donizetti
- Baryton : Son lo spirito che nega, Mefistofele, Boito
- Orchestre : ouverture de Don Giovanni, Mozart
- Baryton et choeur d'hommes : Le veau d'or, Faust, Gounod
- Baryton : Schweig, Schweig, Der Freishütz, Weber
- Choeur (d'hommes ?) : Choeur des soldats, Faust, Gounod
- Baryton et choeur : Te Deum, Tosca, Puccini

- Baryton : Credo in un dio crude, Otello, Verdi
- Orchestre : Danse Macabre, Saint-Saëns
- Baryton : Moritat von Mackie Messer, Die Dreigroschenoper, Weill
- Baryton et choeur d'hommes : When the night wind howls, Ruddigore, Sullivan
- Orchestre : ouverture d'Orphée aux Enfers, Offenbach
- Baryton et choeur : It ain't necessarily so, Porgy and Bess, Gershwin.
L'orgue de la grande salle du National Concert Hall.

lundi 6 mai 2013

Weekend(s)

   Weekend parce qu'en fait, techniquement, je suis encore en weekend là, moi :o) Oui je sais, pas vous, mais en Irlande c'était férié aujourd'hui, et j'ai bien apprécié les trois jours pour avoir le temps de s'installer encore mieux dans l'appartement, visiter un peu plus, gouter enfin la lemon meringue tart de chez Queen of Tarts, qui m'échappait depuis deux semaines : tout parti quand j'en arrivais au dessert.

Je préviens d'ailleurs les intéressés : mon premier lundi de juin (le 3 juin) est férié aussi. Alors prenez le votre et vos billets (je pense qu'on tient un zeugme) et venez me voir et choisir vous-même votre dessert au lieu de vivre tout ça par procuration. Zou !

Bien reposée par la perspective du lundi chômé je me suis levée presque tôt dimanche et j'ai pu visiter Christ Church, après avoir assisté au service anglican. Ben à part la jolie tenue violette avec fourrure noire de je ne sais quels membres du clergé et la femme prêtre (pasteur ?), c'est pas ben différent du service catholique. Messe agréablement chantée par une douzaine de jeunes gens en chasubles blanche à dentelle sur une aube rouge orangée. La feuille de messe était d'ailleurs bien faite pour qu'on participe, ça fait du bien de chanter ! La communion se prend comme ce qu'on avait connu en Angleterre, agenouillé devant l'autel. 
Je suis restée dans l'église et j'ai pu descendre à la crypte où était servi un verre pour les paroissiens, mais j'ai plutôt regardé le film sur l'histoire de l'église et admiré les costumes de la série "Les Tudors" qui ont donc tourné leurs scènes de mariage, baptêmes et autres réjouissances dans l'église, et les enterrements et les scènes de taverne dans la crypte !



Et cet après-midi, très ensoleillé, j'ai fait un grand tour dans Phoenix Parc, au nord-ouest de la ville. Ca se prélassait sur les pelouses, ça jouait au cricket (en blanc), au ballon, ça faisait du vélo, ça faisait la queue pour le zoo, ça mangeait des glaces, ça photographiait les daims, et tout ça était bien agréable à regarder.
J'avais oublié mes lunettes de soleil, c'est ballot.


Et sinon dans les premiers résultats qu'on obtient en googlisant "choir in Dublin" il y a le chœur du Goethe Institut, qui répète le mardi soir et donne plusieurs concerts par an, dont au moins deux au National Concert Hall (où je suis déjà allée écouter des concerts, d'ailleurs). M'en vais écouter leur répétition demain, enfin ce soir, mardi 7 quoi, et auditionner à la fin, on verra ce que ça donne :o)

samedi 4 mai 2013

Visites...

   A partir du mercredi 17 avril, j'ai beaucoup visité. La ville, des appartements, quelques musées, bibliothèques, quartiers, ce qui pouvait me tomber sous les yeux et sous les pas.

Mercredi 17 je suis partie un peu en retard pour une visite très au nord de la ville et me suis un peu perdue pour y aller ce qui m'a fait arriver une demie-heure en retard. Le propriétaire, un Irlandais d'une soixantaine d'années, m'a fait visiter cette maison typique avec bow window, cuisine à l'arrière donnant sur une courette/jardin, mais cuisine très grande, dans une espèce de haute véranda en bois, et jardin avec arbre fruitiers... et vue imprenable sur les gradins du stade de Croke Park !
Deux autres personnes habitent ici, une jeune professionnelle polonaise et un étudiant italien, que je croise car il occupe pour le moment la chambre à louer (celle dans laquelle il emménagera ensuite est plus petite, il profite).
Le propriétaire est sympathique, la maison grande, un peu en désordre, mais surtout assez sale... je pense que si je mettais mon doigt n'importe où dans la cuisine, il resterait collé. Et puis c'est assez loin du boulot.
On verra.

Je repère le lieu de ma deuxième visite, un peu plus vers le centre, et déjeune en face dans un pub, où on me propose de la soupe ou un sandwich. Bon. Sandwich, et Guiness tout de même, mais une demie-pinte ça suffira, je suis une fille quand même.
Ce deuxième appartement est habité par trois étudiants brésiliens, ici pour apprendre l'anglais, et qui s'étonnent que, venant de Paris, je sois venue m'enterrer à Dublin. Hum, que dire, ils sont de Rio de Janeiro... L'un d'entre eux a perdu son travail et change donc de piaule pour quelque chose de moins cher, probablement en partageant sa chambre. L'appartement n'est vraiment pas très grand, et ce serait peut-être difficile de ne pas du tout avoir les mêmes contraintes horaires. Je rencontre les deux autres brésiliens dont l'un est en pleine cuisson de son déjeuner. On verra.
Ensuite je remonte un peu vers le nord repérer le lieu de ma troisième visite du jour. C'est donc plus loin du centre et du boulot, dans une résidence surveillée, grillagée... Bof.

Rendue un peu confuse par ces deux logements dont je n'arrive finalement plus à décider si l'un m'irait plus que l'autre, je me rapatrie vers le centre par la très large O'Connell Street où le vent soulève les journaux, où je croise quelques personnes déjà assez éméchées, semble-t-il, à 14h, et où un homme assez imposant, probablement saoul aussi, s'écroule sur le trottoir à la sortie d'un fast-food sans éveiller d'intérêt.
(Je pense qu'il était un régulier et un perturbateur, le vigile voire le patron l'a vu sortir et l'a je crois surveillé du coin de l'oeil. Et j'ai vu deux semaines plus tard un monsieur blessé à cet endroit avec plusieurs passants autour attendant pour lui les secours. Mais cette scène était tout de même saisissante).

Me revoici vers le Trinity College et Dame Street, sur la rive sud. Le sandwich ne me tient pas bien au corps et je prendrais bien quelque chose de sucré. Mais j'ai une botte secrète : très bien informée par une précédente dublinoise temporaire je sais que se trouve ici le délicieux Queen of Tarts, salon de thé qui sert paraît-il les meilleures douceurs de la ville.
M'y voici.
Le prix des jus de fruits est déjà une caresse (1,95€, quand on vient de Paris c'est un petit miracle), et la carte des desserts fournie. Je vais prendre le carrot cake tiens, comme je viens d'avoir ma petite période où j'en ai cuisiné plein, je vais comparer.
                           
Euh, non, pas comparer en fait, j'ai rien dit. La vache. Miam. Slurp, pardon, c'est trop bon.
Voilà, Queen of Tarts, c'est pour les gens qui ne savaient pas qu'ils avaient envie de venir me voir, eh bien venez pour le carrot cake.

Je repasse par l'appartement, vérifie mes mails et discute un bon moment avec Larragh puis repars visiter mon dernier appart de la journée. Plus grand (évidemment, avec 100€ de plus en fait ça fait une différence), le gars qui quitte la colocation est français, il travaille depuis un moment à Dublin mais a gardé un accent pas possible :o) Les autres colocataires sont un irlandais (Finnbar de son prénom), et deux mexicains je crois, que je n'ai pas vus. Même si je ne me déclare pas candidate je suis assez rassurée par l'endroit. On trouve des appartements sympas dans Dublin.
Je repars de chez eux et tourne à gauche dans Buckingham Street Upper (beaucoup de rues s'appellent selon les parties "Upper" et "Lower") pour repérer l'emplacement de Connolly Station, où je pourrais prendre le DART (le RER, à peu près). Le vent est absolument dément et m'empêche quasiment d'avancer.
Dans la gare j'ai beau chercher je ne trouve pas d'information sur les tarifs. Voici tout juste les dépliants pour les horaires vers les autres villes d'Irlande. Je rentre en longeant la ligne de tram et je crois comprendre qu'ils ont un système de carte magnétique sur laquelle on met de l'argent en fonction de ses besoins, un peu comme l'Oyster card londonienne, mais pas plus de clarté sur le prix des trajets.

J'envoie quelques mails, je repère trois appartements sur le site que j'utilise et qui sont tout près du boulot, ça se serait bien ! Je continuer à naviguer entre mon ordi qui est un peu fatigué et met parfois plus d'un quart d'heure à s'allumer et un ancien ordinateur de Larragh qu'elle me prête. On dîne tard, je remets à jour mes contacts dans le portable en rajoutant le 0033 à ceux qui ne l'avaient pas.

16 avril fin de journée.



   Après avoir repéré la rue où je travaillerai, je remonte vers le nord et passe la Liffey sur le beau pont-harpe, qui s'appelle officiellement le pont Samuel Beckett. Me voici dans les arrondissements impairs, au nord. Ils sont censés être moins cossus, en tout cas plus animés. Je croise des élèves en uniforme mal ajusté, ça doit être l'heure. Pour l'instant je traverse des rues plus résidentielles et un peu moins chiadées, plusieurs maisons sont barricadées, abandonnées. Je ne suis plus très au point sur la route que je suis, plaisir d'avancer comme on veut, fatigue et poids de l'ordinateur sur mon dos. Je ne comprends rien au fonctionnement des feux, surtout des feux piétons. Y a-t-il au moins une logique ? C'est assez pénible, faut-il passer au rouge ? Quand on a passé plus d'une minute à attendre pour rien on se lance souvent, et c'est parfois à ce moment précis que ça devient dangereux... 
Sinon je suis presque déçue de voir à quel point je ne suis pas dépaysée. Pour l'instant ça ressemble beaucoup beaucoup trop à Londres. Les bâtiments, les jardins, la chaussée, les indications et panneaux routiers, il y a les mêmes bandes jaunes et les "look right" "look left" qui me sont assez utiles je dois dire, quoique je sois toujours occupée à surveiller les feux.
Les boîtes au lettres sont juste repeintes en vert mais c'est les mêmes. Même les poubelles sont les mêmes, c'est dire (bon, pas toutes).
16h30 texto de Larragh, elle est chez elle, j'avoue que ça me convient, j'ai mal aux pieds ! Je me retrouve sur la carte, je suis plus au nord que je ne le pensais, on redescend. D'autres rues commerçantes, un théâtre, la large O'Connel Street avec le Spire, nouvelle épine qui crève le ciel de Dublin. Parnell Street, Capel Street que je descends jusqu'à la Liffey, où le vent se fait de nouveau fortement sentir ! Je traverse le fleuve, rive sud, me retrouve au bout de Dame Street et vais récupérer mon sac.
Larragh descend dans la cour de son immeuble pour m'accueillir et m'aider surtout à monter les trois étages sans ascenseur, et ce n'est pas du luxe.
Son appartement est gentiment biscornu, au dernier étage, il y a une porte-bibliothèque entre le salon et la cuisine. La cuisine a l'air d'être celle d'un navire avec deux bancs autour de la table devant une grande fenêtre sur le ciel, position idéale. On s'y installe pour une grande discussion et elle nous fait des burger végétarien qui tombent bien pour mon estomac creux. Nos échanges durent longtemps et le soir tombe dans le vent, puis elle doit travailler pour ses prochains devoirs à rendre (elle a quelques années de plus que moi mais a repris le "college", donc la fac, en marketing tout en travaillant de chez elle en parallèle. Et je tombe juste à une période chargée, en plus des examens qui arrivent). J'installe ma nouvelle carte SIM irlandaise, qui fonctionne très bien, et prépare mes visites du lendemain pendant qu'elle travaille.
Franciane, sa colocataire française, chimiste dans je ne sais quel laboratoire dépendant du Trinity College, rentre vers 21h30. Nous avons évidemment plein d'informations à échanger, enfin c'est-à-dire qu'elle a plein d'informations qui peuvent m'intéresser pour la partie démarches-à-faire-pour-un-français-à-Dublin. Elle me raconte sa propre arrivée, m'assure que je pourrai rester chez elle tant que j'en ai besoin, que les premiers appartements qu'on visite servent aussi à évaluer ce qui existe, comme ça se passe, quels sont les normes, les standards. La discussion dure encore une fois longtemps, et nous appelons finalement Larragh à la rescousse quand on en est à placer sur le plan les visites que j'ai demain, que pense-t-elle du quartier, que veut dire "odd dinner parties" dans telle annonce...

Je finis par m'installer dans le canapé, un peu mou mais finalement confortable, sans avoir vraiment pu caresser le chat qui n'a l'air d'avoir d'yeux que pour sa maîtresse.


mercredi 1 mai 2013

Suspense

Pour ceux qui auraient été confusés par le fait que j'ai dit hier que j'étais à l'hôtel alors que j'ai raconté au début que j'allais loger chez des amis, j'explique très simplement : il y a deux semaines d'écart entre les deux dates, il a pu m'arriver plein de choses ! Il va juste falloir que vous souteniez le suspense...

Je me dépêche - j'essaye - promis !

Et ce soir mercredi 1er mai je suis dans ma chambre, à moi, pour laquelle je me suis acheté une jolie housse de couette avec des petits oiseaux (ben oui, je suis avec deux garçons, je peux me permettre d'être un peu girlie pour compenser), j'ai regardé une partie de la demi-finale de la ligue des champions avec un des colocs, on s'est raconté plein de choses, j'ai vu des jolies couleurs de ciel par la fenêtre de ma chambre et je n'ai pas pris de photo, j'ai vu ce que donnait éclairée la nuit la résidence en contrebas du salon et je prendrai une photo demain.




Au soir d'aujourd'hui

   Je vais donner un peu des nouvelles d'aujourd'hui, mardi 30 avril. Du coup tant que je ne me suis pas rattrapée moi-même dans mon récit initial il y a plusieurs temps parallèles sur ce blog, mes excuses pour ceux qui s'y perdent.

C'est ma dernière nuit à l'hôtel, j'emménage demain dans Foley Street. L'idée de défaire TOUT mon sac et d'en ranger le contenu dans des tiroirs et des placards et de plier le sac en douze et de le cacher dans un placard dans une autre pièce de l'appartement si possible me remplit de joie à l'avance.
J'ai quasiment bouclé mon sac ce soir pour pouvoir demain sur le trajet vers le boulot le déposer dans mon nouveau chez-moi vers 8h.
Je partage exceptionnellement ce soir la chambre avec ma jeune collègue Anaïs, qui a été désagréablement sommée de quitter l'endroit où elle logeait depuis son arrivée, quelque jours après la mienne. On a échangé des textos hier soir après que la scène a eu lieu et ce soir je suis allée avec elle chercher ses affaires dans la banlieue résidentielle au sud de Dublin. La femme qui la logeait a tout de même proposer de nous déposer avec sac, valise et guitare à la station de Dart (le RER d'ici, à peu près) et nous sommes rentrées en admirant  la baie jusqu'à la station de Drumcondra, proche de mon hôtel. 



Très gentiment le gérant avait accepté qu'elle partage ma chambre, un des employés (ça fait pourtant plus pension qu'hôtel ici mais j'ai déjà rencontré au moins 4 employés différents) nous monte les 20kg de sa valise, et nous ressortons dîner pour nous remettre de les avoir quand même amenés jusque là.

On nous conseille un pub au carrefour suivant, qui accepte à 20h55 de nous servir à dîner alors que c'est écrit "9am 9pm". Il y a ici un maillot de rugby signé et encadré, des pub pour de la bière, de délicates gravures de purs-sang et les écrans qui diffusent le foot. Une certaine atmosphère. On suit la deuxième mi-temps de RM-DOR en cherchant un moment quel est le premier club. Bon, c'était la demie-finale de la ligue des champions parait-il, pas la finale. 
Jacket potatoe (mais ouverte en deux et pas creusée comme j'en ai le souvenir en Angleterre) en entrée et beef stew ensuite. Je me doutais bien que que ce serait trop. J'avais bien envie de goûter le stew mais bon, en fait, c'est du bœuf bourguignon hein. Et ce n'est pas mon plat préféré. Je me rendrai avant la fin, le ventre plein à craquer. 

lundi 29 avril 2013

Mardi 16 avril, arrivée

   Le vol se passe bien, je jette un œil de temps en temps entre les nuages pour voir qu'on est encore au-dessus de prés verts et bruns, puis voici la ligne saccadée et blanche du rivage et la mer. Elle est verte et les nuages y font des taches noires. Les nuages dans lesquels on passe, et qui ont une délicieuse texture de purée mousseline, je crois même que quelqu'un a passé sa fourchette dans celui-là. Je pense que s'il y a une bonne raison d'être né au 20ème siècle, c'est bien de pouvoir aller toucher les nuages. Je m'étonne qu'on ne nous propose pas de nous y déposer.
Je m'achète un scone pour un petit avant-goût de ce que les anglo-saxons savent quand même faire en cuisine. Je surveille les crêtes blanches sur la mer, essaye d'y déceler des bateaux, repère quand même trois cargos qui font route vers l'Amérique.
Ça commence à secouer sévère, ceintures, et on amorce la descente. Déjà ? Au-dessus de l'eau ?  J'ai même cru un moment à un atterrissage d'urgence. Les trous d'air sont assez importants, on a le ventre qui se décroche un peu, des enfants au dernier rang poussent des grands cris qui font sourire tout le monde et détendent un peu les adultes. L'avion est secoué de droite et de gauche aussi. 
Terre. Je repère de là-haut que donc, ils roulent aussi à gauche.
Piste. Les roues touchent terre et l'avion est encore une ou deux fois déportés à cause du vent. Pfiou. (j'aime un peu moins les atterrissages).

Encore des kilomètres de couloir. Contrôle. Bagages. Je trouve par terre devant le tapis circulaire une dime américaine de 1968. Lucky penny ? Une fois récupéré le sac je me souviens que 22kg, même roulants, c'est lourd. 
Dans l'aéroport les inscriptions sont en gaélique et en anglais. Je découvre que "Informations" se dit "Eolas" !

Larragh, qui m'accueille ce soir chez elle (prononcer son nom "Lara", c'est l'orthographe gaélique), m'a conseillé de prendre le bus 747 pour rejoindre la ville. Me voici dedans.
On rejoint assez vite la rivière principale de Dublin, la Liffey, et je vois sur ma gauche un beau pont-harpe. 


Je descends dans Dame Street comme Larragh me l'avait conseillé, et pose immédiatement les yeux sur une boutique téléphone/internet qui fait aussi "bagage deposit", yes !
En échange de 5€ il garde mes 22kg sur roulettes et me donne un bracelet scoubidou rouge avec un numéro. "Don't lose it ! No bracelet, no bag !"

Maintenant, découvrons.
Plein est, Trinity College. La bibliothèque se visite, ainsi qu'une exposition sur le "Book of Kells", et il y a bien sûr la boutique avec tout ce qui se fait de plus kitsch, mais pas que. Je déjeune dans un pub qui s'appelle le Kennedys, ravie par le prix d'un grand café (2,70€) et demande à la serveuse où trouver une boutique Vodafone. A travers son bon accent dublinois je comprends que c'est dans Gr... Street.


Dans Nassau Street, derrière Trinity College, je passe devant l'Alliance Française où je prends des prospectus pour un festival de littérature franco-irlandaise qui aura lieu les jours suivants. Et je redemande le nom de la rue où il y a Vodafone. Grafton Street. Ca va j'étais pas loin :o)

Quelques minutes plus tard je suis effectivement nantie d'une carte SIM et d'un numéro irlandais.

Grafton Street est en fait une des artères commerçantes les plus vivantes et fréquentées de la ville. C'est une large rue piétonne, flanquée de beaux bâtiments dont un grand nombre d'enseigne de vêtements et de chaussures mais aussi Vodafone donc et O2 pour la téléphonie, un Boots, une librairie, plein de petites choses pour manger, plutôt des chaînes me semble-t-il. Et un Marks&Spencer évidemment. Il y a aussi toujours des musiciens de rue.

Dans une rue parallèle j'entre dans une autre librairie, immense, avec des fauteuils pour lire, un grand rayonnage sur la littérature irlandaise évidemment (je crois qu'il s'agit de Hodges Figgis, j'irai vérifier). Ils ont aussi pleein de jolis carnets avec de jolis papiers et de jolies couleurs. Mais si je les achète tous il faudra que je leur trouve des usages. Jvais réfléchir d'abord tiens.

Je me dirige plein est pour aller voir les bâtiments de Google dans Barrow Street, près des docks. Je repasse devant le pub où j'ai déjeuné, et je trouve mes deux premiers trombones à 3 mètres d'écart (pour ceux qui ne sauraient pas de quoi je parle faut vraiment qu'on aille se balader ensemble un jour).

La longue Pearse Street, on a quitté le centre commerçant voici les rues d'habitation. Le pont au-dessus d'un bassin et petit port de plaisance, des bâtiments un peu délabrés et les au contraire flambant neufs de mon futur employeur (je n'ai toujours pas mon contrat, je commence dans 6 jours).


Le grand qui dépasse là c'est le bâtiment principal.
En tournant la rue je vois trois immeubles à leur nom, mais j'apprendrai lundi prochain qu'ils en ont en fait cinq dans cette rue, dont celui où je suis dont il ne louent que le rez-de-chaussée et le premier étage.

Allez, la suite demain !