mardi 23 juillet 2013

Point diaspora

Dublin est une ville très cosmopolite, ce qui est assez impressionnant vu sa relative petit taille (500 000 habitants, pour une capitale c'est pas tellement). Ça parle toutes les langues dans la rue, et il ne s'agit pas que des touristes.
Ça parle toutes les langues dans mon immeuble, dans le DART aux heures de pointe (oui, quand je suis en retard, que j'ai fait la fête lu mes classiques toute la nuit, je prends le DART pour aller travailler).

Ça parle espagnol, polonais, russe, tout plein de sortes d'anglais, italien, allemand un peu, tout ça. Et ça parle beaucoup français. Beaucoup beaucoup, si si, beaucoup.
Je ne cherchais pas forcément à fuir mais j'ai parfois l'impression que si c'était le cas je ne suis certainement pas allée assez loin.

De mon salon l'autre jour j'entends un murmure de conversation, ni des mots ni du sens, mais une intonation qui sonne très français. Je mets un moment à comprendre d'où ça vient. Ni télé ni radio d'allumée, j'envisage la possibilité d'être la nouvelle Jeanne d'Arc avant de comprendre que de la fenêtre entrouverte j'entends le voisin du dessous qui téléphone sur son balcon.
Je l'ai rencontré plus tard. Le gars est savoyard, a fait son primaire en Suisse, a une maman italienne, habite l'Irlande depuis plusieurs années et a aussi une manière très gay de s'exprimer et de marquer les intonations. Comment vous dire. C'est du français mais c'est coloré :o)
(la catégorie de gens qui parle une langue étrangère mais continue à dire "hein ?" à la fin des phrases).

À tous les coins de rue ça parle français, dans tous les magasins, les pubs, les restaurants.

Et ce matin donc, j'étais en retard et je décide de prendre le DART.
C'est très près de chez moi mais il faut quand même faire un détour pour passer par le hall avant de remonter tout le quai des "grandes lignes" pour arriver aux quais 5, 6 et 7 qui m'intéressent. J'ai quand même fini par trouver un semblant de raccourci sous la gare, avec un escalier qui amène directement dans le hall, escalier bouché ce matin par deux agents de l'Irish Rail avec leurs blousons de plastique orange fluo, bien moins pressés que moi à 8h25.

Deux agents en uniforme de la compagnie irlandaise des chemins de fers, mais parfaitement français tous les deux.

Plog.


J'ai fait du kayak dans la baie de Dublin le 14 juillet.
De l'île de Dalkey on a vu passer de jolis bateaux, vu le temps,
tout le monde était dehors.


Et le week-end du 6/7 juillet on était en Irlande du Nord, j'ai vu la Chaussée
des Géants ! Et d'autre trucs, faut que je vous raconte.

mercredi 10 juillet 2013

Samedi 22 juin, au concert avec Bryn Terfel

Je continue dans le désordre, y a pas de raison, quand on n'a pas de méthode il faut s'y tenir.

Ordoncques je vous avais déjà un peu alléchés en vous disant que j'allais faire un concert au National Concert Hall qui est LA salle de concert classique de Dublin (voui, on n'a pas tout à fait la même quantité de programmation et de choix qu'à Paris ou Berlin), avec le Concert Orchestra de la RTÉ qui est la télévision d'ici, nous (le chœur du Goethe Institut) et Bryn Terfel, ze famous baryton-basse.

On avait une générale ou pré-générale le vendredi soir dans les locaux de la RTÉ au sud-est de Dublin. Il y avait concert de Rihanna ce soir-là dans les parages, je vous raconte pas la circulation (je m'étais payé un taxi pour être sûr d'arriver vite au bon endroit. Le chauffeur a cru que j'étais quelqu'un de très important quand on lui a ouvert la barrière de la zone enclose des locaux de la radio.

On commence la répète avec l'orchestre (le Concert Orchestra est le deuxième orchestre de la radio-télé après le Symphony Orchestra) et le chef. On avait eu le mardi précédent en répétition un assistant qui nous avait préparés, avait repéré quelques fausses notes qui traînaient, nous avait prévenu des endroits glissants et de ceux où Terfel risquait de faire le clown.
Vendredi soir ze chef d'orchestre, Gareth Jones, excellent. Les quelques chefs (d'orchestre) que j'ai croisés jusque là n'étaient pas toujours très bons avec les chanteurs, et encore moins avec les chœurs amateurs - à leur décharge ils avaient aussi souvent des orchestres amateurs à diriger en même temps. Lui sait ce qu'il veut obtenir, sait comment le demander, connaît absolument tout par cœur y compris les paroles, le sens, l'accentuation, l'interprétation, probablement la façon dont Bryn Terfel interprètera tout ça aussi. On aura la preuve juste un peu plus tard qu'ils ont l'air très bons amis.

Les paroles, ça, ça m'épate. C'est le truc qui m'impressionne le plus. Je suis nulle pour retenir les paroles. Et les chanteurs d'opéra retiennent des actes et des actes de mots qui ne sont pas dans leur langue, ça me fascine. La musique je comprends, la hauteur, le rythme, les nuances, même les départs, je peux. La qualité de la voix, le souffle, le vibrato, le registre, la tessiture, bon, ça se travaille. Après on travaille plus ou moins et on est plus ou moins gâté par la nature et votre timbre plaît plus ou moins. Un peu comme les sportifs.
Mais les paroles... pfiou...

Bref. Le chef d'orchestre connaît toutes les paroles.

Pause. En revenant du Piémont des toilettes, je croise un grand monsieur dans l'escalier qui a l'air entouré d'autre personnes et je le dévisage innocemment en me disant tiens, j'ai déjà vu sa tête quelque part, il fait partie du chœur ? (je suis là depuis quatre semaines, je ne suis pas encore très au point).
Non, non, je connais son visage parce que c'est LUI, Mister Terfel devant moi in person. Il croise mon regard à ce moment-là et je ne trouve rien de mieux que de dire "Hello". "Hi" répond-il.
Bref : j'ai parlé à Bryn Terfel.

Deuxième partie de la répétition avec lui. Effectivement il fait le clown, siffle sur la fin d'un morceau, demande aux hommes de crier un "Oh !" et de lever le bras à la fin de l'air du Veau d'or, change les rythmes à chaque phrase sur It ain't necessarily so et grimace quand le chef nous dit que celui-là était trop foireux et qu'on fait comme sur la partoche, plutôt. Sinon on le suit. Et il finit par dire qu'on ferait bien d'avancer cette répet, il a des places pour Rihanna.

Samedi rendez-vous à 15h au National Concert Hall. Je connais mais je n'étais jamais entrée par l'entrée des artistes, qui est tout derrière.
Il y a des photos dédicacées d'artistes dont Lady Felicity, et la porte vers la salle de concert, qui s'écrit Stàitse en gaélique mais je ne jurerai rien sur la prononciation.
Terfel arrive un peu plus tard. La photo n'est pas terrible mais c'est juste pour montrer qu'il est vraiment grand : (à droite)




Le chœur est tout serré sur les bancs de velours vert autour de l'orgue, faire se déplacer des ténors pour décaler les altos et pouvoir asseoir deux sopranes supplémentaires est toujours un exercice d'autorité périlleux. L'inertie des masses (on est une grosse cinquantaine pour ce concert). La répétition se passe bien, finalement les femmes auront aussi le droit de chanter sur l'air extrait de Ruddigore de Gilbert et Sullivan, monument de la culture anglo-saxone de la fin de l'ère victorienne, un peu après Offenbach. Ouf, je l'aimais bien.



La répétition se termine vers 17h et on a plus de 2h à tuer avant de devoir être de retour, prêts pour le concert. Je sors du bâtiment avec une allemande et une irlandaise et on se dirige vers le très joli Iveagh Garden juste à côté pour attendre sur un banc au soleil. Mais il se met à pleuvoir et j'ai faim. Nous nous mettons en quête d'un café.
L'irlandaise a un petit parapluie noir à pois blancs et liséré de rose sous lequel nous nous serrons, et nous remontons la rue d'un pas martial en chantant à tue-tête le chœur des soldats du Faust de Gounod.
Gloire immortelle de nos aïeux, soit nous fidèle mourrons comme eux !


Il n'y avait pas beaucoup de gens dans cette rue et c'est bien dommage, vous avez raté quelque chose.

19h50, conformément à ce que j'ai vu jusqu'ici, tout est à l'heure, le chœur entre en scène (après avoir péniblement réussi à s'aligner en coulisse selon que l'on est assis à gauche ou à droite du clavier de l'orgue).
19h55 l'orchestre s'installe et s'accorde.
20h00 le chef entre.

- Orchestre : ouverture de la Force du Destin, Verdi
- Baryton et choeur : Udite, udite, o rusticiL'Elisir d'Amore, Donizetti
- Baryton : Son lo spirito che negaMefistofele, Boito
- Orchestre : ouverture de Don Giovanni, Mozart
- Baryton et choeur d'hommes : Le veau d'orFaust, Gounod
- Baryton : Schweig, SchweigDer Freishütz, Weber
- Choeur (d'hommes ?) : Choeur des soldatsFaust, Gounod
- Baryton et choeur : Te DeumTosca, Puccini

- Baryton : Credo in un dio crudeOtello, Verdi
- Orchestre : Danse Macabre, Saint-Saëns
- Baryton : Moritat von Mackie MesserDie Dreigroschenoper, Weill
- Baryton et choeur d'hommes : When the night wind howls, Ruddigore, Sullivan
- Orchestre : ouverture d'Orphée aux Enfers, Offenbach
- Baryton et choeur : It ain't necessarily so, Porgy and Bess, Gershwin.

- Bis : Stars, Les Misérables, Schönberg

Bryn Terfel entre donc pour la deuxième pièce du concert et est immédiatement applaudi par une foule en délire (je ne crois pas avoir jamais vu le Concert Hall aussi plein, je repère en tout une dizaine de places vides éparpillées). Pendant son solo, nous intervenons plus tard dans l'air, j'entends soudain la salle exploser de rire, qu'a-t-il bien pu faire ? Il a sorti un bouteille de bière de sa veste. Il prend son temps pour jouer avec, la décapsuler, il chante toujours, nous chantons, et puis il boit et fait un grand geste au chef pour que celui-ci fasse durer l'accord final de l'orchestre aussi longtemps qu'il y a du liquide à avaler dans la bouteille...
Un sacré amuseur.
Puis il offre la bouteille à un monsieur du premier rang, qui l'a je crois offerte ensuite à son voisin. Mais je ne sais toujours pas s'il l'a vraiment bue, ou s'il avait mis de l'eau dedans (pour les non initiés : se taper une bière au début d'un concert classique n'est PAS un très bon moyen d'assurer vocalement pour tout le reste - quoique).
Un ténor du chœur a été désigné volontaire pour chanter la ligne de
Spoletta. Il s'en est très bien tiré,  a fait un bon jeu de scène avec
Terfel évidemment, qui n'a pas oublié de l'encourager et le féliciter. 
Il présente les morceaux, est toujours applaudi à tout rompre, ils rient, ils pleurent, ils l'aiment... Les dames sont béates d'admiration et les messieurs tout ébaubis un peu pareil.
Il se retourne après nos interventions pour nous faire un clin d'œil ou une mimique d'approbation, c'est très agréable !
Il y avait donc l'ouverture d'Orphée aux Enfers dans la deuxième partie, qui présente plein de thèmes différents, très drôle de voir la tête des gens quand ils ont enfin reconnus le cancan final :o)
Voici l'opérette en entier sur YouTube, vous pouvez donc écouter le début pour voir à partir de quel moment des accords vous indiquent que vous allez finir sur l'air de cancan le plus connu de la planète (mes excuses je crois qu'il faut d'abord survivre à une pub).

Une très bonne version d'Orphée donnée en 1997 (je crois) à Lyon avec 
Dessay, Naouri, Fouchécourt, Beuron et plus dirigés par Minkowski.

Nous avons été honnêtement applaudi pour le Chœur des soldats, mais enfin rien à voir avec Bryn.

Lui a eu une standing ovation à la fin, a reçu un bouquet de fleurs, l'a offert à une dame du premier rang, a fait quelques allers-retours et est sorti sous le regard amoureux de 1200 personnes.

Bref, c'était pô mal :o)

Vacances d'été, reprise des répétitions le 27 août, les Vêpres de Monteverdi le 3 décembre.

(bon et en attendant faut absolument que j'appelle les profs de chant dont on m'a donné les numéros, je fous rien ça va pas du tout).

mardi 25 juin 2013

Sport, à la télé

Un de mes colocs a laissé la télé allumée samedi dernier avant de sortir faire je ne sais quoi. J'ai fini par relever la tête d'un écran à l'autre, et me suis dis tiens, du rugby.
J'ai vaguement eu l'impression qu'ils faisaient des passes vers l'avant mais bon, je suis pas experte, je savais pas trop quelle équipe allait vers où.
Ils utilisaient souvent leurs pieds tout de même, décidément ça fait longtemps que j'ai pas regardé du rugby. 
Puis je les ai vus faire des rebonds avec la balle comme au basket. Là j'ai douté de ma santé mentale.
Puis il y a eu un gros plan sur le ballon et j'ai cru qu'il était rond. Là j'ai douté de ma vue.
Et puis je les ai vus transformer un essai au pied entre deux poteaux de buts de rugby bien de chez nous, enfin de chez eux, enfin bref on va pas se lancer dans qui a inventé le rugby, et j'ai été rassurée.

Puis mon deuxième coloc est rentré, m'a demandé si le premier était là, et j'ai dit oui, tu penses bien que ce n'est pas moi qui ai allumé le rugby.

C'est pas du rugby qu'il a dit.

Ah je me disais bien que j'ai répondu.

Du football gaélique que c'est. Tout ce que j'ai vu est vrai : la balle est ronde, les poteaux sont de rugby et aussi de foot,  ils font des passes dans tous les sens, des rebonds, des tirs au pied, des portés à la main... Et si ça se trouve j'ai pas tout vu.
C'est marrant à regarder en tout cas :o)


Et il y a cette vidéo-là que je n'arrive pas à intégrer ici sans que je comprenne pourquoi, avec 1 minute 10 d'extrait de jeu.
I sont fous ces irlandais.

lundi 17 juin 2013

Dimanche soir tard

Hello,

plein de projets de billets pour vous, de gribouillage et de racontage et de carnetage pour moi pour ne pas oublier les noms des gens, des lieux, et pouvoir faire ressurgir les paysages et les atmosphères en quelques mots.

J'étais revenue en France le week-end du 8/9 juin pour le mariage de ma cousine Soph Soph que j'ai par devers moi, en prenant mon vendredi et en allant me balader jusqu'à Cork dans le sud de l'Irlande parce que l'avion qui partait de là-bas m'arrangeait plus ; j'étais déjà rentrée un peu fatiguée dimanche soir et surtout avec une angine - vive la clim (et avec un paquet de sablés où était dessinée une tour Eiffel pour un de mes coloc. Ça a dû lui plaire, on a pas vu les sablés, nous).
J'ai enchaîné la semaine avec quelques médicaments, ne suis pas allée à ma répétition de mardi.

Et je rentre juste d'un week-end sur la principale île d'Aran, au large de Galway, organisé par un des groupes du site Meet Up auquel j'appartiens : New and Not So New in Dublin.
On était dix-sept, quelques irlandais, un égyptien, une polonaise, un argentin, un anglais, une autre française, une tchéquo-hongroise, un américano-britannique, un espagnol, une allemande...

C'était vraiment génial, je crois que j'ai pris des couleurs même si on s'est fait saucer une fois ou deux, on a fait plein plein plein de vélo, on a pu boire toute la Guinness et manger tout le chocolat qu'on voulait pour compenser (et des scones maisons surtout !), j'ai plein de photos d'herbe verte et de vagues bleues et blanches et de pierres grises à vous montrer, je fais ça vite !

Et je vais vite me coucher pour tenir la semaine, la répet de mardi, la générale de vendredi, le raccord et le concert samedi avec le Concert Orchestra de la RTÉ et Bryn Terfel himself, je vous raconterai aussi !

Bisous :o)




vendredi 7 juin 2013

Sport, un peu

L'autre jour, j'ai vu des gens ramer sur la Liffey, qui traverse Dublin.
J'ai eu le temps de sortir mon appareil, même si ça reste un peu loin. Si je reconnais bien c'est une yole (dames de nage sur le bateau, pas de portants) ce qui implique aussi qu'elle a un barreur et est montée en pointe (chaque rameur n'a qu'une rame et point deux).





En tout cas ils y mettaient du leur et étaient pliés en deux sur l'avant et allaient chercher loin derrière.

Toujours pas cherché de club d'aviron ici. Mais j'ai testé la "gym" du boulot lundi ! Et mardi, même. Je me dis que vu le temps que je fais au rameur sur 2000m ça ne peut que progresser...

Et il y a plein de jolis garçons, évidemment, c'est fait pour ça les gym, non ?

samedi 1 juin 2013

Au concert avec le président

Hier 31 mai, vendredi soir, concert night.

Pour l'instant à de rares exceptions près je suis tous les vendredis au National Concert Hall qui se trouve au sud-est du parc Saint-Stephen's Green. La programmation est plutôt bonne mais bon, j'ai bavé avec envie hier soir sur le programme de la saison prochaine de l'Opéra Comique... pas d'opéra ici.
Oui je sais, je pourrais en profiter pour m'intéresser à autre chose en matière de culture, j'entends bien. Mais quand même.
Donc hier soir programme russe : concerto pour piano n°1 de Tchaïkovski (Kirill Gerstein au piano) et la symphonie n°5 de Chostakovitch.
Je viens retirer mon billet sur place, le collègue intéressé par la musique classique n'avait pas voulu venir ce soir (fauché qu'il est) et je suis sensée retrouver des gens d'un groupe du site Meet Up, mais je ne les reconnais pas au point de rendez-vous.

J'ai pas trop le temps d'ailleurs, ici les représentations commencent à l'heure. Non mais, on est pas en France tout de même. Et donc 8pm, ça veut dire que l'orchestre s'installe, voire est installé, à 8pm sharp.
Donc dix minutes avant il y a une annonce, grouillez-vous d'aller à vos places, on ferme les portes dans cinq minutes. Pas de petite cloche comme nous tranquillement tintinnabulante qui t'indique que, quand tu veux, tu peux te mettre à chercher ta place.
Une autre annonce cinq minutes avant. 
Et une troisième annonce pour les portables, les appareils photos et... les issues de secours avant qu'on commence.

En entrant dans la salle j'avais entendu derrière moi des applaudissements dans le foyer, tiens, il y a de la célébrité ce soir.

L'orchestre est installé, le premier violon entre (Alan Smale), grande salve d'applaudissement, il prend sa retraite officielle ce soir.
Le chef entre (Alan Buribayev) et donne le départ des percussions. Alors que le pianiste n'est pas entré sur scène. Ça n'a pas de sens, il viendra après, quand il joue, pendant le morceau ??
Ma réflexion dure une seconde. Sur le balcon à ma droite des gens se lèvent. Toute la salle se lève. Et la porte du balcon s'ouvre pour laisser passer une délégation d'hommes qui remontent le couloir jusqu'à un décrochement à la balustrade duquel est pendue une tapisserie jaune et noire représentant une lyre.
La salle applaudit chaleureusement, le personnage principal de l'histoire a l'air d'être un petit monsieur enrobé au visage rouge, aux cheveux blancs et longs autour du crâne, qui sourit à la salle. Le chef lance ce qui doit être l'hymne national. Ça ne chante pas mais une dame au balcon a la main sur le chœur. (mon coloc m'explique ce matin que l'hymne a bien des paroles, mais en irlandais, bref en gaélique, dont la maitrise par une bonne partie de la population est inférieure à celle qu'ils ont du français, qui est déjà très mauvaise).

Ces émotions passées le concert peut commencer, le pianiste entre effectivement avant que ne démarre le Tchaïkovski et comme j'avais judicieusement choisi ma place j'ai une vue parfaitement dégagée sur ses mains, c'est génial.
Le Chostakovitch est très poignant aussi, je ne l'avais jamais entendu je crois, on entend toujours l'ironie qu'il y met, le finale optimiste et joyeux doit être compris comme "une réjouissance forcée, créée sous la menace. Comme si quelqu'un vous battait en disant "votre boulot est de vous réjouir, votre boulot est de vous réjouir", et que vous vous leviez en chancelant et murmuriez "notre boulot est de se réjouir, notre boulot est de se réjouir". 
C'est ce que dit le programme, qu'il faut acheter 4 € et que m'a hier soir offert ma voisine.
C'est d'ailleurs à elle qu'à l'entracte j'ai demandé qui était ce monsieur là-haut qu'on avait applaudi. "The président" of course !

Je me suis dit que si un étranger vivant en France n'avait pas été capable de reconnaître le président dans une salle de concert ça m'aurait fait un drôle d'effet. Renseignez-vous sur le pays où vous vivez bon sang.
Ben voilà, je l'ai fait :D
Tiens c'est lui le président, Michael D. Higgins.

lundi 27 mai 2013

Championnat du résumé

Bon, comme j'ai à peu près un mois de retard sur comment ça se passe ici, aux grands maux les grands moyens, j'ai été inspirée par une des phrases qu'on a dû traiter au boulot, un monsieur cherchait Julien Lepers.
Si si, il y a encore des gens, sur des smartphones, qui cherchent Julien Lepers.
Je ne devrais pas me moquer d'ailleurs, c'est des grands souvenirs d'enfance.

Donc,

C'est parti.
À lire avec le débit et le ton adéquat.


Top, je me trouve dans la salle du trésor de la fameuse université de Dublin, juste en dessous de la non moins fameuse Ancienne Bibliothèque. Une exposition m'est consacrée, très bien faite, qui détaille les enluminures, la reliure, les techniques calligraphiques et les matériaux utilisés pour les couleurs, ainsi que quelques rudiments sur l'ancienne écriture celtique gravée sur l'angle des pierres. J'ai été admirée par l'auteure de ce blog le jeudi 17 avril, l'auteure qui a très avantageusement profité que l'une de ses hôtesses - Franciane - travaille dans les lieux pour profiter d'une entrée gratuite et s'éviter les 9€ de frais d'entrée, on a l'impression de tricher un peu mais c'est fort agréable quand même. L'auteure est partie en courant de l'appartement cinq minutes avant le rendez-vous après avoir vainement cherché le chat dans l'appartement pour ne pas l'enfermer dehors, envisager de ne pas fermer la porte, enfilé des épaisseurs successives de vêtements chauds et imperméables au vu de la tête du ciel et de la pluie et du vent et des nuages, fermé la porte, remonté Dame Street au pas de charge et être arrivée morte de chaud sous un soleil doré. L'auteur a enfin pu confirmer que les groupes scolaires français sont les plus horripiliques affreubilisement bruyants, devant les allemands et loin devant les anglais (?) qui montaient l'escalier de la grande bibliothèque dans un silence religieux. Bibliothèque pleine de bustes de grands z'hommes, d'un joli escalier vu sur toutes les cartes postales qui tournicote jusqu'à la galerie, et où dans l'immense salle de 64 mètres de long se tenait une exposition sur les débuts de l'illustration dans les ouvrages de littérature au XIXe et XXe siècles, dont un livre en huit ou neuf volumes qui recense 49 000 irlandais morts dans les combats de la Première guerre mondiale. Je suis, je suis... !?
Le livre ou plutôt The Book of Kells et the Old Library au Trinity College, bravo.


Top, grand parc de neuf hectares sur d'ancien terrains communaux au centre de Dublin, ou plutôt de sa rive sud,  j'ai été dessiné en 1880 par Lord Ardilaun, un membre de la famille Guinness, qui a donc droit à sa statue quelque part côté ouest. D'autres monuments en l'honneur de W.B. Yeats, du souvenir des morts de la guerre des Boers ou de la gratitude du peuple allemand pour l'aide irlandaise après la Seconde guerre mondiale occupent mes coins. Tranquillement installé sur un banc autour d'une des mes pelouses on ne voit plus du tout les voitures, et on peut aussi déambuler près de mes bassins qui abritent des canards, des jolis moineaux pas farouches, et des roseaux sculptés un peu plus improbables. Je suis, je suis... ?
Saint Stephen's Green !

Et des fois les amoureux préfèrent rester sur leur banc pendant
la courte pluie - quand tout le monde rejoins tranquillement
l'abri le plus proche...

Top, ce même jour tout à fait par hasard l'auteure tombe sur moi au détour d'une rue, décide impromptu de me rendre visite, s'acquitte de l'euro cinquante de droit d'entrée demandé par un charmant vieux monsieur qui distribue la documentation dans la langue adéquate et pose les yeux sur une énorme "Histoire de France" reliée de cuir qui a l'air tentante, mais il faudra faire une demande formelle pour la consulter. Fondée en 1701 par un huguenots français, j'abrite 25 000 volumes et présente à peu près la même disposition que la grande bibliothèque de Trinity College mais en plus petit, or small is beautiful comme on le sait ; je présente quelques uns des mes ouvrages par thèmes dans des vitrines pour faire voir mes richesses, ce jour-là il s'agissait de travaux de physique-chimie des XVII et XVIIIe siècles ; je possède également quatre "cages" de consultation où l'on enfermait les étudiants pour qu'ils ne repartent pas avec les volumes, et enfin pour amuser le visiteur une grande table où il peut s'entraîner à écrire à la plume - pas évident mais faisable - et sur une machine à écrire. Là l'auteure du blog a eu une révélation et souhaite faire passer un message spécial : rappelez-lui de vous rappeler sa date d'anniversaire, que vous puissiez vous cotiser en lui en offrir une, bien vieille, avec le bruit des touches et le retour chariot, hein, vous serez gentils, youpi. Pardon, je me suis perdue, donc, je suis ??
La Marsh's Library !

Top, je suis la cathédrale catholique de Dublin, tout près du lieu précédent, je demande environ 6€ de droit d'entrée que l'auteure regrette assez vite, je suis pleine de statues, sculptures, ex-voto, vieux drapeaux de guerre en Chine, sièges de couleurs criardes pour les enfants pendant la messe, tableau de bois rédigé en français pour on ne sait quels chevaliers, des tombes, des plaques, on ne sait plus ou mettre les pieds, et je fournis des petits coussins pour ne pas avoir mal au genoux sur le carrelage - par ailleurs pas mal. J'ai aussi des petits chanteurs en aube violette qui ont sauvé la visite de l'auteure qui s'ennuyait ferme.
Je suis.... ?
Saint Patrick's Cathedral.
Top, plus au sud de Dublin, là où commence la seconde ligne de tram, je suis une rue plus calme et huppée, avec quelques hôtels classieux, et je finis après un coude sur le canal qui remonte jusqu'aux docks, que l'auteure a suivi avec plaisir pour évaluer son éventuel trajet quotidien vers le boulot, après avoir visité un appartement dans une résidence qu'elle a eu un peu de mal à trouver, préfigurant l'extrême complexité que semble représenter en cette terre estrangère le fournissage d'une adresse claire.  Nous en reparlerons. L'appartement n'était pas mal mais il y avait pas mal du monde sur le coup et l'auteure n'a pas été retenue et n'en a pas trop souffert. Elle avait pour venir ici annulé une autre visite vers Smithfield, au nord-ouest de la ville, dont les colocataires avaient l'air un peu stressées et qu'elle avait jugée trop loin du boulot. On en trouvera d'autres ! Je suis...
Harcourt Street et Harcourt Green, le nom de la résidence.

Top, musée de "l'ouest" dublinois je fus visité le lendemain par l'auteure qui dû renoncer au château de Dublin, fermé de janvier à juillet pour cause  de présidence irlandaise de l'UE. Situé dans une partie de la salle du Synode de la cathédrale de Christ Church je contiens tout plein de reconstitutions sympathiques du Dublin des Vikings puis du Moyen-Âge, l'auteure ayant pu suivre au début une visite guidée faite par une jeune dublinoise au sourire avenant et à l'accent typique. On se marre bien dans ce musée où on peut essayer un heaume de chevalier, envoyer des balles sur quelqu'un attaché au pilori, admirer une maquette de Dublin vers 1500, se déguiser en Viking, apprendre que la "lune de miel" vient de chez eux et de leur longue et complexe manière d'officialiser les mariages, et finir par l'étage consacré à l'archéologie, aux fouilles, aux méthodes scientifiques qui contient la reconstitution du visage d'une femme du Moyen Âge dont a retrouvé le squelette tout près et des cartes d'époque nous montrant l'évolution de Dublin. Enfin un passage documentaire sur l'affaire Wood Quay, à la fin des années 70, quand on a découvert le plus important site viking hors pays scandinaves, et que malgré une importante mobilisation de la population les lieux après quelques années de fouille ont tout de même été utilisés pour construire des immeubles de bureaux.
Je suis, je suis... ?
Dublinia !


Je ferai la suite du résumé bientôt, là je sens que vous n'avez déjà pas tout lu...
(je sais, rien que l'idée qu'il faille une suite une résumé prouve que je me suis ratée... Qu'est-ce que vous voulez, j'y arrive pas, c'est tout, faut toujours que j'en raconte trop).