lundi 30 septembre 2013

Sport encore...

Ce samedi après-midi il y a avait le All-Ireland hurling finale replay game.

Je traduis : ils rejouaient la finale du championnat d'Irlande de hurling.

Je vous ai parlé du football gaélique, qui commence paraît-il à se répandre un peu au-delà des frontières irlandaises, parce qu'avouons-le, mélanger les règles du football, du rugby et du basket, c'est quand même rigolo.
Par contre, le hurling, ça n'existe absolument qu'en Irlande. D'ailleurs mon correcteur automatique pour les textos ne connaît pas le mot, c'est vous dire.
C'est un sport d'équipe qui est à peu près du "soule à crosse" comme dit Wikipédia - tiens, il y a quand même une page en français - avec deux équipes de 15 joueurs pour les hommes, 13 joueuses pour les femmes. On utilise la main - mais avec des restrictions précises - et la crosse ou hurley. Il faut placer la balle - sliotar - dans la vague "coupelle" à l'extrémité de la crosse à l'aide du pied ou juste avec la crosse, puis remonter tout le terrain en courant, en gros.


Imaginez-vous donc en train de courir à toute berzingue (avec des poursuivants évidemment) (et un casque) en tenant une longue palette de cuisine avec un œuf dessus.
Ils font ça sans perdre la balle, ce qui me fascine, et vont tellement vite qu'en fait, les rares fois où j'ai essayé de regarder, j'arrive à peine à suivre le jeu tellement ça va vite et que je n'arrive absolument pas à suivre la balle des yeux, pire que du ping-pong.



Et alors, pourquoi rejouaient-ils me dites-vous ?
J'y viens.
Ils ont beau avoir un système de buts et de scores à deux entrées, comme au football gaélique : 1 point pour la balle entre les poteaux de rugby, 3 points pour la balle dans la cage de foot, ils ont réussi cette année, pour la finale du championnat entre le county Cork et le county Clare, à fini ex-aequo.
Ça arrive tellement rarement qu'il n'est pas prévu de temps supplémentaire ou de tirs au but. On rejoue.

Facile à dire.
Faut trouver une date, il faut que Croke Park, LE stade de Dublin pour tous ces genres de sports, soit disponible, il faut que les joueurs, qui sont tous amateurs me semble-t-il, annulent leurs vacances post-championnat bien méritées - j'imagine...
Bon, en même temps, j'ai entendu que les organisateurs avaient gagné 3 millions d'euro en remplissant le stade une seconde fois pour cette seconde finale, je pense qu'ils s'y sont retrouvé.

Ils s'étaient mis d'accord sur la date de samedi 28, et les rues de Dublin se sont trouvées colorées de gens en rouges (Cork) et de gens en jaune (Clare).
Je revenais de répétition quand le match s'est fini, et j'essayais à la mine des gens de chaque couleur de savoir qui avait gagné. C'était pas évident.

C'est donc Clare qui a enfin remporté ce All-Ireland hurling championship. 
5-16 contre 3-16, le premier chiffre indiquant les buts "façon foot", à multiplier par 3, et le nombre suivant les buts "façon rugby" qui valent 1 point.


Tiens, un aperçu, faut passer les deux première minutes pour avoir du jeu, mais au moins ça vous fera écouter du gaélique :o)


lundi 16 septembre 2013

Prolongations

Si, si, c'est en Irlande. Du Nord, même.
Ordoncques, mon gentil employeur a finalement réussi à se décider et nous a proposé quatre mois supplémentaires, ce qui me mènera jusqu'au 7 février 2014.
On s'attendait à cinq mois, mais notre manager est arrivé un mois avant nous et du coup ça fera onze mois pour lui début février. Les "onze mois" sont une durée qui nous a été présentée comme sacro-sainte et indépassable, ce qui n'a pas l'air si vrai que ça puis les managers des trois autres équipes ont finalement été prolongés d'un mois récemment, ce qui leur en fera douze.

La situation est un peu confuse en ce moment, on a perdu beaucoup de collègues ces trois dernières semaines, collègues dont le contrat se finissait et qui étaient aux même postes que nous pour l'espagnol, l'italien et l'allemand. Ça fait un peu vide... Les deux premiers à partir ont été remplacé mais les suivants non. Les managers ont été un peu prolongés mais sans explications claires sur la suite.

Stand-by.

Dans mes collègues qui ont fini leur temps ici et qui vont devoir réapprendre à cuisiner après onze mois passés à déguster matin-midi-et-soir la très bonne boustifaille fournie sur place, plusieurs ont décidé de tenter de rester à Dublin et de trouver un autre boulot dans le coin. La chasse à l'emploi est comme partout, il faut rester motivé, connecté, se lever le matin, passer la journée à ficeler des dossiers et trouver des idées, des bons plans, des postes introuvables... Pour les soutenir ils espèrent bien qu'on les invitera de temps en temps à déjeuner ici :o)

Pour ceux qui connaissent la chanson de Rudolph the red nose deer !
(ewe est une race de mouton) 
Allez, je vais vous raconter le week-end en Irlande du Nord et dans le Nord de l'Irlande le 6/7 juillet parce que quand même, j'ai des jolies photos, ça serait dommage de rater ça. Je vais essayer d'être brève, ha ha, si si, je ne perds jamais espoir.
La première photo tout en haut a été prise le samedi matin au réveil près de la petite maison louée pour la nuit dans une espèce de lotissement de maisons à louer pour la nuit. Et la photo Ewe-dolph vient de la boutique de la distillerie de whiskey Bushmills, où l'on a appris plein de choses même si c'était pile les deux semaines de l'année où les chaînes de production étaient arrêtées pour maintenance, et où j'ai réussi in extremis et discrètement à enregistrer notre guide, qui avait un accent anglais tout à fait extraordinaire que je n'avais encore jamais entendu.
On était quatre linguistes à tendre l'oreille, et la dégustation de whiskey aidant à la fin de la visite, on a fait plein de conclusions sur la phonologie nord-irlandaise.

Ça, c'était la queue pour avoir le droit de passer un pont de corde pour aller sur un petit îlot en face.
D'où on refera la rqueue pour repasser le rmême rpont de rcorde pour revenir.

Heureusement la vue est belle pendant qu'on attend.
Et l'eau digne des Caraïbes (suis jamais allée, je sais pas)(c'est l'idée que j'en ai)

Ah, enfin. Mon voisin de derrière s'est crânement amusé à secouer le pont en faisant des grands pas lourds.
J'ai pas trouvé ça très drôle...
Ça, c'est ZE fameuse Chaussée des Géants. Je m'attendais à plus grand je dois dire.
Je croyais que ça durait sur des kilomètres de côte.
Il y a un autre "bras" pareil juste à gauche.
Mais c'est impressionnant quand même vu de près.
C'est volcanique. Basaltique.
org(u)anique

Un petit peu herbeux.

Quadrilatéral. Cubique.  À facettes.  

On est partis de Dublin le vendredi soir avec une voiture de location, moi et trois allemands. Celui qui avait accepté de conduire conduisait pour la première fois à gauche (et avec le volant à droite de la voiture). Les deux premières heures on l'a bien surveillé et on a eu deux ou trois frissons parce qu'il conduisait un peu trop à gauche et qu'on a bien cru se prendre le trottoir... Mais il s'est finalement très bien débrouillé.
Le samedi matin on a donc visité la distillerie Bushmills, la Chaussée des Géants, passé et repassé le pont de corde. 


Le village de Bushmills qui est à n'en pas douter en Irlande du Nord.
On a tout de même pris sur cette place un très bon petit déjeuner british-irish.
J'ai goûté les "soda bread".
Puis samedi en fin d'après-midi on a récupéré un italien et une allemande à (London)Derry.
Derry (ne dites pas "Londonderry" à un républicain) a donc été nommée
Capitale de la culture 2013 pour le Royaume-Uni.
Et ils ont le sens de la formule
Barney powaaa !
Même sur les voitures, ils avaient le sens de la formule.
Plus tard le soir on a cherché notre B&B.
Comment dire, in the fog. Impressionnant.
Je crois que la route tourne à droite...
Le lendemain, le très sympathique monsieur du B&B nous avait conseillé d'aller voir des falaises superbes.
Plog.
Un car de touristes s'est déversé et chacun a joué son rôle.
Nous, on mangeait des glaces achetées à la petite camionnette qui est toujours là.

Plus au sud il faisait bien plus bleu. La plage était superbe. Mais l'eau était absolument glaciale !
Et ils mettent des enfants là-dedans.
Sont fous.
On est passés à Sligo pour déjeuner, qui est ma foi fort jolie. 
Avec d'intelligentes peintures murales. 
Sur le trajet entre Sligo et Dublin, on s'est éloignés du tracé principal par des toutes petites routes.
Jusqu'à ce qu'il faille continuer à pied. "Cul-de-sac", que ça disait.
Et il y avait des cairns.
Où on pouvait entrer.
Des cairns qui dépendent du Commissaire des Travaux Publics, ce qui m'a bien fait rire. 
La photo rend assez mal justice au paysage. C'était superbe.

On a fait plus de 600 km dans le week-end, survécu au chaud soleil, à l'eau glacée, aux (toutes) petites routes, au brouillard, aux livres sterling, à la ville du Bloody Sunday (Derry, on n'a pas trouvé l'emplacement exact)(et on n'a pô demandé).
Retour à Dublin un peu épuisés mais heureux...

jeudi 29 août 2013

Au boulot.

Suite à des réclamations du public, qui a bien raison sur ce coup-là, je vais quand même me fendre d'un article sur le boulot, parce que je me suis tellement désorganisée chronologiquement sur ce blog que je n'en ai même pas parlé, ni du premier jour ni des suivants et vous ne savez ni quand j'ai commencé ni ce que je fais (je peux vous dire en gros, la culture du secret étant délicieusement développée dans cette grande entreprise).
Et maintenant que je sais que nous allons être renouvelés, je m'y mets ! (c'est-à-dire que notre contrat est prolongé de 5 mois, je suis là jusqu'à mars février 2014 au moins :o))

Rien à voir, mais j'ai pas de photo de boulot à montrer, donc voici les photos du week-end dernier, on était dans le Kerry / West Cork. Il y avait des phoques :o) 
Voilà, là, dans le Ring of Beara, en-dessous du fameux
Ring of Kerry (dans les pattes de l'ours irlandais)
J'ai commencé le 22 avril, en même temps que l'une de mes collègues françaises, Anaïs. Le manager Hadrien était arrivé un mois avant et la quatrième française, Karine, qui habite en Irlande depuis au moins 12 ans a commencé trois semaines après nous.

 
(L'île de Garinish, sorte de jardin botanique insulaire, avec jardin italien et autres joyeusetés.)

Trêve de suspense, tout ce qu'on vous a raconté est vrai. Les locaux sont superbes, flambant neufs ici à Dublin, MacBook Pro remis à chacun le premier jour avec petite étiquette à votre nom (votre identité ici, qui servira pour les mails et toutes les communications.  Il s'agit soit de votre prénom+première lettre du nom de famille, soit de la première lettre du prénom+nom de famille comme c'est mon cas. Quelques rares personnes n'ont que leur prénom, en général ça veut dire qu'elles sont haut placées !), l'adresse mail interne est évidemment déjà créée, on nous donne quelques conseils pour trouver un bon mot de passe, il est rentré dans le système avec un gars de la sécurité informatique pendant cette session d'accueil et on nous donne un bidule très jamesbondy qui servira à générer un code supplémentaire pour sécuriser le tout un peu plus.


Samedi matin on a fait des lacets par un temps brouillageux.
Et puis on a vu que ça se levait, là-bas.
Ffectivement ça s'était levé, là-bas.
Ça se lève toujours avec grandeur et Quattrocento (en gros).
Et après avoir dit que je ne mettrai que les pieds,
je me suis baignée là, elle était drôlement bonne.
On a eu pendant cette première matinée un topo sur la sécurité, quelques mises en garde sur la nourriture, qui est un peu trop bonne et doit être compensée par une fréquentation assidue de la gym - gym très fournie et en libre accès 7/24 évidemment. La nourriture est effectivement très très bonne, variée, fraîche, avec les couverts les plus propres que j'ai jamais vus depuis l'invention des cantines. Une armée de gens chargée de l'intendance, l'organisation, la propreté. En gros quelqu'un essuie dans les 10 secondes après que tu aies fait tomber du porridge au petit-déjeuner. Parce qu'on peut venir petit-déjeuner évidemment, œufs, jambon, bacon, croissants et pains au chocolat, fruits et salade de fruit, yaourt nature, yaourt parfumé et yaourt au lait de soja, des céréales, du pain, des fruits secs, du porridge au lait et pas au lait, des jus de fruit, du nutella, sirop d'érable, beurre de cacahouètes et autres machins dans le genre... On vit dans un univers parallèle où 90% du cheptel a moins de 40 voire même 35 ans. Tout le monde il est beau et gentil et intelligent. La gym fournit des serviettes  et du savon pour se doucher, les toilettes du déodorant des fois que et des tampons/serviettes chez les dames, une piscine a été inaugurée le mois dernier, il y a deux salles de musique dont une avec un vrai piano (et une batterie électronique et plein de guitares), les toilettes sont également les plus propres du monde depuis l'existence des toilettes, si un distributeur de savon ne marche pas c'est signalé dans l'heure et réparé dans la journée (parfois ça met deux jours, c'est un peu choquant), de même pour les ascenseurs et les portillons en verre de l'entrée où l'on badge dix fois par jour. On a besoin de son badge toutes les deux portes, pour les ascenseurs, le couloir des toilettes (mais pas pour revenir des toilettes jusqu'au hall, des fois qu'on l'ait fait tomber)... On s'y fait.
Il y a à tous les étages, et même plus, ce qu'ils appellent des "MiniKitchens" et qui font environ la taille de vos appartement parisiens, chers amis, avec à boire et à manger pour si on a un petit creux. Comment dire, le concept du Kinder Bueno à volonté, les premières semaines, c'est difficile pour l'estomac. À côté des mini kitchens, en général, un "petit" endroit pour se détendre avec babyfoot, table de ping-pong et quelque fois même un billard (pas chez nous mais dans d'autres bâtiments).

Et le pire, c'est qu'on s'habitue :o)
On en arrive à soupirer les jours où il n'y a ni figues ni saumon fumé au petit dej et par trouver normal tous ces canapés dans l'open space.
On a bien mangé samedi soir.
On a connu des embouteillages dimanche matin.

Il y a des grottes de pirates partout. 
À un moment on était un peu perdus. 
Et puis on est arrivés à Eyelies, où les maisons sont peintes et les vitraux de l'église très jolis.

Il y a cinq bâtiments dans la même rue, mais le nôtre n'appartient pas à G, ils ne louent que le rez-de-chaussée et le premier. Le premier est bien décoré à la façon de la maison, ce qui n'est pas le cas du rez-de-chaussée où nous nous sommes installés en avril, à côté des trois autres équipes italienne, espagnole et allemande qui étaient déjà là depuis six mois. Bref, on a bavé sur ce premier étage pendant des semaines voire des mois, surtout qu'il était quasiment vide ! On s'est fait des fausses joies, des vraies espoirs, des bruits de couloirs mais le miracle est arrivé, on a déménagé là-haut au 1er juillet.
Je vous raconte pas un déménagement chez G, plus organisé tu meurs. On avait chacun une boîte où mettre nos affaires et des étiquettes autocollantes à notre nom qu'on collait sur notre écran d'ordi pour que tout soit bien déplacé au bon endroit au bon moment...
L'Irlande est une espèce de paradis pour géologues.

Enfin brefle, sur le contenu je peux surtout vous dire que nous nous efforçons d'améliorer la reconnaissance vocale, enfin indirectement, parce qu'après ce sont tout plein d'équipes d'ingénieurs et de programmateurs qui font ça loin loin en Californie, pour que vous puissiez dicter vos textos et vos mails sur vos téléphones intelligents et vos recherches internet sur n'importe quel ordi avec micro qui marche. Je n'utilisais pas du tout ces bidules-là avant d'arriver ici, je ne savais pas que ça marchait déjà aussi bien. Parce que franchement, c'est pô parfait, mais ça marche pas mal.
Donc j'analyse, je classe, je trie des données à longueur de journées, les première semaines étaient très fatigantes mais on a pris le rythme, ça se passe bien et l'ambiance est bonne.

Les membres trois équipes italienne-allemande-espagnole ont quasiment tous terminé leur contrat la semaine prochaine, ça va être très très étrange de les voir partir. Une partie d'entre eux rentre droit à la maison et l'autre partie a l'intention de chercher un autre boulot à Dublin, ça sera très intéressant de voir ce qu'il est possible de faire. Deux nouveaux membres ont déjà remplacé deux anciens évaluateurs (c'est le nom du poste) partis en juillet et mi-août, mais on sait mal ce qui va se passer pour les autres... Mystère et boule de gomme. Ils ne sont pas très bons ici pour nous tenir au courant à l'avance de la tournure des événements.

Grâce à notre manager de compétition nous savons déjà qu'un renouvellement de contrat va nous être proposé - six semaines avant la date butoir, le 7 octobre, incroyable - mais nous ne verrons probablement la couleur des papiers que quelques jours avant l'échéance.

M'en fous, moi en octobre je pars deux semaines au Canada, hihi, je vous enverrai des photos !