lundi 28 octobre 2013

Outre-atlantique

Puisque ça fait un moment que je n'ai pas raconté ma vie ici, je vais faire une entorse et ne pas parler d'Irlande - ou à peine.
Entre le 5 et le 18 octobre j'ai passé l'Atlantique et mis les pieds à Montréal, New York, Kingston, Gananoque, Ottawa et Québec.
Tout ça avec plein de feuilles de toutes les couleurs sur les arbres - j'ai vu le Canada de carte postale en vrai, et pour l'instant je suis assez persuadée que ça ressemble toujours à ça. Il paraît que non. Le ciel a été plutôt clément malgré des jours gris, en tout cas je n'ai pas senti venir les grands froids qui mènent aux -30° de l'hiver montréalais.

À Montréal, les façades arrières des maisons ressemblent à ça,
avec une petite ruelle piétonne qui court entre les jardinets.

Il y a des nostalgiques.

Des gens qui préparent Halloween. 
Et le Saint-Laurent à l'aube depuis le bus pour the Big Apple.
Ah, c'est autre chose que la Seine, cette pauvre petite chose.

Le long du trajet (7h30-17h, escale à la douane ("avez-vous l'intention de commettre un attentat terroriste ?" etc.) et à Albany, capitale de l'état de New York, charmante gare routière au milieu des échangeurs), un premier aperçu des Couleurs.




On approche de la légende sous la pluie. 
Et donc,  New York existe en vrai. J'ai bien fait le tour des immeubles pour voir : ce ne sont pas des décors.
Le réservoir Jackie Kennedy-Onassis dans Central Park.

The Met (l'opéra) où j'ai quasiment passé ma première journée.

Coup de bol énorme : j'arrive au moment de la répétition générale de A Midsummer Night's Dream de Britten et un garde me file une place qu'il avait dans sa manche (au sens propre), après m'avoir demandé si "You ain't got nobody with you?"

Décors et costumes IM-PRE-SSION-NANT.
De même que très belles performances vocales et mise en scène.

J'étais donc tranquillement assise au fond du parterre pour pas un rond, à une place qui avoisine normalement les $300.

Eau à volonté dans les foyers, dans de très élégants gobelets en papier coniques.
Enorme avantage : impossibilité totale de les déposer n'importe où ou de les ramener avec vous dans la salle. Propre. 
L'immeuble de Greenwich Village où sont censés habiter les Friends de Friends.
(oui, bon, chacun ses références)

Retour à l'opéra le soir-même pour The Nose de Chostakovitch.
Là c'était payant et je n'étais pas toutafé à la même place.

Dans un café de Upper East Side, malheureusement pas vu dans une boutique :D

Au Met (le musée cette fois), un visage que j'arrive à percevoir comme familier. Rare pour moi en peinture. Un certain air de grande bourgeoisie qu'on peut recroiser aujourd'hui :o)

Les informations sur la dame en question.

Du toit du Met. Il faisait plus gris ce jour-là. New York existe toujours bel et bien, y a des grattes-ciels partout comme dans les films. Central Park au premier plan.

Dans Central Park, les gens font du jogging pendant qu'on promène leur(s) chien(s).

Ils font du jogging autour du réservoir.

Ma seule vue de la statue de la Liberté, pas de navette : shutdown oblige !
(faudrait que je me fasse faire un Tshirt special "j'y étais").

Le mémorial de la Famine irlandaise dans le sud de Manhattan.
Un petit coin d'Irlande face aux buildings.

Au rez-de-chaussée duquel sont notées des dizaines de citations sur la faim,
la pauvreté et l'épopée des immigrants irlandais.

Sur la "Coulée Verte" de New York, qui s'appelle la High Line.
Superposition de buildings.

Comme à Montréal, z'ont pas de poubelles en plastique solide pour attendre les poubelleurs.
Un peu ennuyeux quand la ville est farcie d'écureuils et de raton-laveurs au griffes acérées.

Tiens, d'ailleurs, çui-là il en était quasiment à me suivre, même pas peur.

The Brooklyn Bridge, traversé sous la pluie.

Elle n'est pas mentionnée sur la plaque officielle à "l'avant" du pont, mais sur la face interne d'un pilier,  70 ans plus tard, une plaque a été posée pour la femme de l'architecte principal, qui a semble-t-il supervisé une grande partie de la construction du pont.

Penn Station, où j'ai atterri un peu par erreur.
Bien beau.
Hop, c'est un peu rapide mais c'est déjà ça.
Bientôt la suite du voyage avec retour au Canada. Puis un peu d'Irlande quand même, qui glisse lentement vers l'hiver. Le changement d'heure nous donne déjà un bon coup sur le coin du museau. Et sinon, comme on dit, le fond de l'air est frais. 
J'aurais dû acheter un gilet en laine doublé en polaire quand j'étais aux îles d'Aran, tiens.

lundi 30 septembre 2013

Sport encore...

Ce samedi après-midi il y a avait le All-Ireland hurling finale replay game.

Je traduis : ils rejouaient la finale du championnat d'Irlande de hurling.

Je vous ai parlé du football gaélique, qui commence paraît-il à se répandre un peu au-delà des frontières irlandaises, parce qu'avouons-le, mélanger les règles du football, du rugby et du basket, c'est quand même rigolo.
Par contre, le hurling, ça n'existe absolument qu'en Irlande. D'ailleurs mon correcteur automatique pour les textos ne connaît pas le mot, c'est vous dire.
C'est un sport d'équipe qui est à peu près du "soule à crosse" comme dit Wikipédia - tiens, il y a quand même une page en français - avec deux équipes de 15 joueurs pour les hommes, 13 joueuses pour les femmes. On utilise la main - mais avec des restrictions précises - et la crosse ou hurley. Il faut placer la balle - sliotar - dans la vague "coupelle" à l'extrémité de la crosse à l'aide du pied ou juste avec la crosse, puis remonter tout le terrain en courant, en gros.


Imaginez-vous donc en train de courir à toute berzingue (avec des poursuivants évidemment) (et un casque) en tenant une longue palette de cuisine avec un œuf dessus.
Ils font ça sans perdre la balle, ce qui me fascine, et vont tellement vite qu'en fait, les rares fois où j'ai essayé de regarder, j'arrive à peine à suivre le jeu tellement ça va vite et que je n'arrive absolument pas à suivre la balle des yeux, pire que du ping-pong.



Et alors, pourquoi rejouaient-ils me dites-vous ?
J'y viens.
Ils ont beau avoir un système de buts et de scores à deux entrées, comme au football gaélique : 1 point pour la balle entre les poteaux de rugby, 3 points pour la balle dans la cage de foot, ils ont réussi cette année, pour la finale du championnat entre le county Cork et le county Clare, à fini ex-aequo.
Ça arrive tellement rarement qu'il n'est pas prévu de temps supplémentaire ou de tirs au but. On rejoue.

Facile à dire.
Faut trouver une date, il faut que Croke Park, LE stade de Dublin pour tous ces genres de sports, soit disponible, il faut que les joueurs, qui sont tous amateurs me semble-t-il, annulent leurs vacances post-championnat bien méritées - j'imagine...
Bon, en même temps, j'ai entendu que les organisateurs avaient gagné 3 millions d'euro en remplissant le stade une seconde fois pour cette seconde finale, je pense qu'ils s'y sont retrouvé.

Ils s'étaient mis d'accord sur la date de samedi 28, et les rues de Dublin se sont trouvées colorées de gens en rouges (Cork) et de gens en jaune (Clare).
Je revenais de répétition quand le match s'est fini, et j'essayais à la mine des gens de chaque couleur de savoir qui avait gagné. C'était pas évident.

C'est donc Clare qui a enfin remporté ce All-Ireland hurling championship. 
5-16 contre 3-16, le premier chiffre indiquant les buts "façon foot", à multiplier par 3, et le nombre suivant les buts "façon rugby" qui valent 1 point.


Tiens, un aperçu, faut passer les deux première minutes pour avoir du jeu, mais au moins ça vous fera écouter du gaélique :o)


lundi 16 septembre 2013

Prolongations

Si, si, c'est en Irlande. Du Nord, même.
Ordoncques, mon gentil employeur a finalement réussi à se décider et nous a proposé quatre mois supplémentaires, ce qui me mènera jusqu'au 7 février 2014.
On s'attendait à cinq mois, mais notre manager est arrivé un mois avant nous et du coup ça fera onze mois pour lui début février. Les "onze mois" sont une durée qui nous a été présentée comme sacro-sainte et indépassable, ce qui n'a pas l'air si vrai que ça puis les managers des trois autres équipes ont finalement été prolongés d'un mois récemment, ce qui leur en fera douze.

La situation est un peu confuse en ce moment, on a perdu beaucoup de collègues ces trois dernières semaines, collègues dont le contrat se finissait et qui étaient aux même postes que nous pour l'espagnol, l'italien et l'allemand. Ça fait un peu vide... Les deux premiers à partir ont été remplacé mais les suivants non. Les managers ont été un peu prolongés mais sans explications claires sur la suite.

Stand-by.

Dans mes collègues qui ont fini leur temps ici et qui vont devoir réapprendre à cuisiner après onze mois passés à déguster matin-midi-et-soir la très bonne boustifaille fournie sur place, plusieurs ont décidé de tenter de rester à Dublin et de trouver un autre boulot dans le coin. La chasse à l'emploi est comme partout, il faut rester motivé, connecté, se lever le matin, passer la journée à ficeler des dossiers et trouver des idées, des bons plans, des postes introuvables... Pour les soutenir ils espèrent bien qu'on les invitera de temps en temps à déjeuner ici :o)

Pour ceux qui connaissent la chanson de Rudolph the red nose deer !
(ewe est une race de mouton) 
Allez, je vais vous raconter le week-end en Irlande du Nord et dans le Nord de l'Irlande le 6/7 juillet parce que quand même, j'ai des jolies photos, ça serait dommage de rater ça. Je vais essayer d'être brève, ha ha, si si, je ne perds jamais espoir.
La première photo tout en haut a été prise le samedi matin au réveil près de la petite maison louée pour la nuit dans une espèce de lotissement de maisons à louer pour la nuit. Et la photo Ewe-dolph vient de la boutique de la distillerie de whiskey Bushmills, où l'on a appris plein de choses même si c'était pile les deux semaines de l'année où les chaînes de production étaient arrêtées pour maintenance, et où j'ai réussi in extremis et discrètement à enregistrer notre guide, qui avait un accent anglais tout à fait extraordinaire que je n'avais encore jamais entendu.
On était quatre linguistes à tendre l'oreille, et la dégustation de whiskey aidant à la fin de la visite, on a fait plein de conclusions sur la phonologie nord-irlandaise.

Ça, c'était la queue pour avoir le droit de passer un pont de corde pour aller sur un petit îlot en face.
D'où on refera la rqueue pour repasser le rmême rpont de rcorde pour revenir.

Heureusement la vue est belle pendant qu'on attend.
Et l'eau digne des Caraïbes (suis jamais allée, je sais pas)(c'est l'idée que j'en ai)

Ah, enfin. Mon voisin de derrière s'est crânement amusé à secouer le pont en faisant des grands pas lourds.
J'ai pas trouvé ça très drôle...
Ça, c'est ZE fameuse Chaussée des Géants. Je m'attendais à plus grand je dois dire.
Je croyais que ça durait sur des kilomètres de côte.
Il y a un autre "bras" pareil juste à gauche.
Mais c'est impressionnant quand même vu de près.
C'est volcanique. Basaltique.
org(u)anique

Un petit peu herbeux.

Quadrilatéral. Cubique.  À facettes.  

On est partis de Dublin le vendredi soir avec une voiture de location, moi et trois allemands. Celui qui avait accepté de conduire conduisait pour la première fois à gauche (et avec le volant à droite de la voiture). Les deux premières heures on l'a bien surveillé et on a eu deux ou trois frissons parce qu'il conduisait un peu trop à gauche et qu'on a bien cru se prendre le trottoir... Mais il s'est finalement très bien débrouillé.
Le samedi matin on a donc visité la distillerie Bushmills, la Chaussée des Géants, passé et repassé le pont de corde. 


Le village de Bushmills qui est à n'en pas douter en Irlande du Nord.
On a tout de même pris sur cette place un très bon petit déjeuner british-irish.
J'ai goûté les "soda bread".
Puis samedi en fin d'après-midi on a récupéré un italien et une allemande à (London)Derry.
Derry (ne dites pas "Londonderry" à un républicain) a donc été nommée
Capitale de la culture 2013 pour le Royaume-Uni.
Et ils ont le sens de la formule
Barney powaaa !
Même sur les voitures, ils avaient le sens de la formule.
Plus tard le soir on a cherché notre B&B.
Comment dire, in the fog. Impressionnant.
Je crois que la route tourne à droite...
Le lendemain, le très sympathique monsieur du B&B nous avait conseillé d'aller voir des falaises superbes.
Plog.
Un car de touristes s'est déversé et chacun a joué son rôle.
Nous, on mangeait des glaces achetées à la petite camionnette qui est toujours là.

Plus au sud il faisait bien plus bleu. La plage était superbe. Mais l'eau était absolument glaciale !
Et ils mettent des enfants là-dedans.
Sont fous.
On est passés à Sligo pour déjeuner, qui est ma foi fort jolie. 
Avec d'intelligentes peintures murales. 
Sur le trajet entre Sligo et Dublin, on s'est éloignés du tracé principal par des toutes petites routes.
Jusqu'à ce qu'il faille continuer à pied. "Cul-de-sac", que ça disait.
Et il y avait des cairns.
Où on pouvait entrer.
Des cairns qui dépendent du Commissaire des Travaux Publics, ce qui m'a bien fait rire. 
La photo rend assez mal justice au paysage. C'était superbe.

On a fait plus de 600 km dans le week-end, survécu au chaud soleil, à l'eau glacée, aux (toutes) petites routes, au brouillard, aux livres sterling, à la ville du Bloody Sunday (Derry, on n'a pas trouvé l'emplacement exact)(et on n'a pô demandé).
Retour à Dublin un peu épuisés mais heureux...