mercredi 15 janvier 2014

Les p'tits détails

Ce sera un billet sur les petits riens, ou les éventuelles grosses différences, en vrac et non exhaustives, qui chatouillent l'oreille et le coin de l'œil et vous signalent que vous êtes en Irlande.

À Dublin, je suis un petit tournesol : le matin je marche vers l'est et le soir
 je rentre à l'ouest. En été j'en avais besoin de lunettes de soleil. En hiver,
partant de la maison vers 8h20, j'assiste au lever du soleil.

Évidemment la conduite à gauche, enfin pour les piétons la direction du regard à inverser avant de traverser ; mais comme les british, ils ont des "look right", "look left" au pied des trottoirs. Toute la signalisation, le marquage des routes etc. sont complètement anglais, j'ai été presque déçue en arrivant, pas de nouveau là-dessus pour moi.
Les feux de circulation ou plutôt leur alternance et leur logique ont été dans les premières semaines un immense mystère. Ils sont très longs. Pour les voitures. Un piéton attend facilement 40 secondes avant de pouvoir traverser, ce qui est très agaçant. J'ai vu des gens piquer un sprint pour pouvoir attraper le vert à un passage particulièrement pénible.
Ce qui préside à l'étrange balai des feux, c'est la décision de ne jamais faire circuler voitures et piétons en même temps. Quand le feu est vert pour les piétons, toutes les voitures sont à l'arrêt, et quand un axe routier puis l'autre est au vert, les piétons attendent donc deux "tours." Ah ben non, on ne met pas du vert piéton entre chaque passage des voitures, tout de même. On finit par comprendre et on s'adapte, mais le plus absurde est que parfois la rue que l'on veut traverser est à sens unique : toutes les voitures devant moi sont à l'arrêt, le reste de l'intersection circule, et au début j'hésitais à passer, car il est difficile de prévoir le basculement. Les feux piétons sont très courts, donc si vous avez l'intention de traverser une intersection en diagonale, vous vous faites avoir, impossible de faire les deux côtés d'un coup. Vous me direz qu'il n'y a qu'à passer réellement en diagonale, ce qu'étonnamment les dublinois ne font que très peu, ils attendent assez sagement les feux. En bonne parisienne, je continue à traverser n'importe où et n'importe quand, mais c'est surprenamment plus difficile qu'à Paris, tout l'équilibre des rapports voitures-piétons sont différents. 
Pour finir avec la circulation, comme en Angleterre, il n'y a pas de passage piéton à tous les "bras" d'une intersection. Pour une intersection en T, vous en aurez un sur le pied, puis sur une des branches mais pas l'autre. Quand on souhaite aller dans l'autre direction, c'est pô pratique. Il faudrait traverser la base du T, puis la branche, puis revenir et passer en face d'où on était avant.
Bref, je laisse le sujet, j'ai à peu près réussi à faire ma paix avec ce système ;o)


Dans les premiers jours, pendant la recherche d'appartement, les coups de téléphone déroutent par le changement des tonalités. On croit que c'est occupé quand ça ne fait que sonner, et inversement.

Pour les visites, je découvre que les adresses ici sont rarement précises. Il n'y a pas de numéro sur les bâtiments, ou rarement, ils ont des noms, qui ne sont pas toujours marqués suffisamment en évidence. Et les noms, contrairement au nombres, ne sont pas ordonnés, haha - private joke pour ceux qui ont suivi mon mémoire de master.
Du coup, plusieurs fois j'ai frôlé la crise de nerf en ne trouvant pas le bâtiment, dû demander aux passants et commerçants, finalement sauvée par un habitant qui m'avait entendue en fumant à sa fenêtre - true story - trouver la porte, tomber sur un digicode dont j'ignore la combinaison, passer avec un voisin, tomber sur des boîtes aux lettres sans noms, batailler avec mon pti téléphone pour récupérer le numéro de téléphone du locataire sur le site de colocation, avoir un malentendu avec lui sur le numéro de l'appartement et celui de l'étage. Et je vous passe des détails. Rester aimable.
En retard après cette visite, j'ai vécu à peu près la même mésaventure juste après avec la variation que le bonhomme n'avait pas laissé son numéro sur le site. J'étais déjà assez remontée, vous pensez bien. Je passe encore une fois la porte avec une voisine, et encore une fois les boîtes aux lettres ou plutôt l'étagère à lettres ne comporte pas de noms. Je deviens très remontée et jure que je trouverai ce #£%^$h d'appartement. C'est un grand immeuble, il y a au moins quatre étages, j'entreprends de frapper aux portes. L'un des occupants, qui écoute sa télé très fort, en augmente le son en entendant mes coups. Charmant.
Une adorable voisine regardera sur mon téléphone les photos postées sur le site internet, demandera à son mari, je sais qu'un des colocataire est français, elle suppose qu'il pourrait s'agir de l'appartement tout au bout à gauche à l'étage du dessus. Je remercie. Elle avait raison et je ne suis pas revenue le lui dire. J'ai enfin visité cet appartement en même temps qu'une autre candidate, danoise je crois, avec la coloc suédoise (norvégienne ?). Je n'avais pas tout perdu : c'est grâce à elle que j'ai entendu parler du site Meet Up.

En conclusion, ils ont des noms sur leurs bâtiments et des numéros sur leurs boîtes aux lettres, tout l'inverse de chez nous. 


Tout ça, c'était un mardi. Mon deuxième jour de travail.
J'attendais la réponse de l'appartement du lundi, qui m'avait beaucoup beaucoup plu, et dont j'ai su le mercredi que je n'y habiterai pas. Gros coup de mou.
Le jeudi je quittais le canapé qui m'avait accueillie pour ces premiers jours et déménageais vers un hôtel. Avoir un lit, une pièce à moi toute seule et même une salle de bain (même si j'ai mal compris le fonctionnement de la douche, surtout le volume) m'a fait du bien et redonné de l'énergie. J'ai envoyé ce soir-là une dizaine de requêtes pour des chambres en colocation, dont celle qui est maintenant la mienne et que j'ai visitée dès le lendemain vendredi. 


Une fois emménagé, le mercredi 1er mai, j'ai pu m'intéresser à des choses plus futiles - et avoir un volume d'eau suffisant sous la douche. J'ai donc réalisé que l'eau d'ici n'était pas calcaire. Pour un parisien ça a une définition simple : tu n'as pas la peau qui pèle en sortant de la douche, tu vois ce que je veux dire ?
C'est cool :o)
J'avais amené un gros pot de crème pour le corps qui est encore loin d'être fini.

Et le soir de ma fenêtre j'admire le coucher de soleil, côté O'Connell
Street, là où est the Spire (c'est le truc qui dépasse).



En septembre est arrivé un ami parisien de ma sœur, que j'ai emmené avec moi au "monday drinks" du groupe Meet Up "New and not so new in Dublin". Il était tout frais descendu de l'avion la veille et a donc pu remarquer, un peu ébahi, que tout le monde se serrait la main. 
Eh oui, plus de bises, on se serre la pince et on se secoue les mains de tous les côtés ; franchement, c'est presque plus pratique et ça évite des incertitudes.
Quand on est un peu plus intime on se fait des "hugs". Grandes embrassades des deux bras dans le dos avec corps à corps et croisement des têtes, mais attention aux habitudes françaises : toujours pas de rencontre lèvres-joues ni de bruit équivalent ! (quasi vécu, l'interlocuteur fait une drôle de tête).

Allez, c'est l'occasion de citer la "dédicace" de Ubu (de tête, j'espère que c'est ça) :
"Adoncques le Père Ubu hocha la poire, et fut depuis nommois par les Anglois Shakespeare."
(Comment ça quel est le rapport ? Secouer les mains, hocher les poires, c'pareil non ?)(bon d'accord, je ne sais pas pourquoi ça m'a sauté dans la conscience maintenant).

Un autre lever de soleil,.
J'en ai plein

Pour la conversation courante, l'irlandais dit "how are you?" comment phrase d'attaque, même par des gens qui font du démarchage dans la rue, ce qui m'a déstabilisée jusqu'au moment où j'ai compris que c'était l'équivalent conversationnel de "hello" et qu'il ne fallait pas vraiment répondre. Évidemment, c'est souvent prononcé à peu près "awaya."

Si vous voulez répondre à cette question, ou par exemple si je la pose à mes colocs, la réponse irlandais officielle est : "not too bad."
Surtout jamais "fine" ou "good", vous passeriez pour un américain mal dégrossi :D
Sur l'Irish Times un article hilarant sur la question.

Va avec la photo précédente et la suivante.

Dans les moments où l'envie vous prend de faire du shopping en ligne, vous découvrez que les Amaz*n, Cl*rks et autre boutiquiers divers existent uniquement en version UK ! Dont, comme vous avez bien révisé pour ne pas faire de bourde, la fière république d'Irlande ne fait absolument pas partie. Bazar et frustration en perspective.
Je suppose que le marché irlandais est un peu trop petit pour qu'ils se coltinent de nouvelles conventions et tractations et contrats avec le droit irlandais. Diverses techniques de contournement existent, dont une de "boîte de dépôt" à Dublin techniquement domiciliée en UK, je ne m'en suis pas (encore) servi et ai assez mal suivi le principe.

Enfin, avec l'hiver, je découvre la joie des radiateurs et du chauffage.
L'architecture/plomberie/électricité/équipement pourrait mériter un billet. Comme en Angleterre les portes se ferment seules et on a besoin de cales-portes pour qu'elles tiennent ouvertes ; j'ose espérer que c'est fait exprès. Les chasses sont aussi flaibardes qu'outre-mer d'Irlande, une partie des lavabos est encore équipée de deux robinets : un pour l'autre froide un pour l'eau chaude, c'est-à-dire un pour la glacée, un pour la bouillante. Chacun a entendu parler de quelqu'un qui avait le même système dans sa douche. Dans mon appartement l'eau chaude est à actionner sur un minuteur, donc il faut y penser 45 bonnes minutes avant de vouloir prendre sa douche, puis surtout ne pas oublier l'heure ou vouloir la prendre 30 minutes plus tard. Pour la même raison, faire la vaisselle devient parfois extrêmement pénible. Je commence à avoir des réflexes bizarres en sortant de la douche : viiiite, le paic citron !
Aux vacances de Noël j'ai demandé trois fois si je pouvais encore me doucher ce soir, ou bien, si jamais je changeais d'avis, s'il y aurait encore de l'eau chaude le lendemain matin... au grand étonnement de ma tante qui ne voyait pas le problème.

Le chauffage, donc.
Mon immeuble doit avoir cinq ans à tout casser, et est équipé de radiateurs individuels électriques.
Voui voui.
L'électricité coûte moins cher après 23h, tout le monde est donc équipé de "storage heaters" qui emmagasinent la chaleur pendant la nuit et la relâchent pendant la journée : quand vous n'êtes pas là ! Utile ;o)
Heureusement j'ai dans ma chambre un machin sur minuterie...
L'année dernière, mes colocs se sont retrouvés avec une facture bimestrielle de 600€ d'électricité, parce qu'ils avaient une coloc qui voulait garder sa chambre "warm" (ce qui ne paraît pas complètement insensé non plus).
On est donc censés être dans du neuf, avec fenêtres bien isolées et tout ça ; c'est pourtant mes rideaux qui me protègent le plus me semble-t-il, la température entre la vitre et eux est souvent glaciale, et au réveil - j'ai acheté un thermomètre - il fait moins de 15° dans ma chambre, ce que je considère comme frisquet.

Résultat : j'ai commencé à prendre ma douche le matin plutôt que le soir, la perspective de l'eau chaude m'aidant à sortir du lit. À condition de n'avoir pas oublié la veille de préparer la minuterie à la bonne heure !!!


Job related: j'ai été prolongée de six semaines, mon contrat se termine maintenant le vendredi 21 mars, ce qui est la limite des fameux 11 mois indépassables dont on nous a tant parlé.
Après, ben faut chercher, un truc intéressant si possible, à Dublin ou ailleurs à l'étranger peut-être, voilà ce qui me ferait envie.
(j'avais postulé à un super truc à New York, mais bizarrement je n'ai pas été prise. Ils ont écrit à tous les candidats pour dire que le poste n'était plus vacant, c'est gentil quand même).

lundi 9 décembre 2013

Deuxième performance au National Concert Hall !

Mardi dernier 3 décembre, après des semaines de répétition, une générale la veille où nous avions découvert l'orchestre et les solistes puis des raccords l'après-midi même au National Concert Hall, nous étions (presque) fin prêts pour les Vêpres de 1610 de Monteverdi, déterminés face aux délicieux passages en contre-temps à huit voix qui parsèment l'ouvrage d'une heure et demie.

On a sauté trois morceaux, ce qui ramenait l'affaire à 70 minutes.


Les deux sopranos étaient extraordinaires. Pour la performance, l'une était enceinte ET portait des talons de 10 cm, parce que sinon c'est trop facile. Surtout, leurs voix se mariaient magnifiquement, ce qui n'est pas toujours le cas...
J'ai eu une pensée spéciale pour tous mes ex-co-choristes, et particulièrement les éolidiens, en souvenir de ce Rossini où il a fallu tenir debout si longtemps en rendant discrets nos dandinements d'un pied sur l'autre. Même affaire mardi soir, même si on a eu quelques minutes assis pendant les passage purement solo, qui se situaient malheureusement au tout début.

Nous n'avons pas pu assister au concerto pour violoncelle de Carl-Philippe-Emmanuel Bach (comme il est bien écrit sur l'affiche, c'était celui en la majeur, Wq 172, quand j'ai passé trois semaines à écouter par erreur celui en mineur, Wq 170 (voici le lien vers le premier mouvement, les suivants sont juste en-dessous si vous voulez, le troisième est bien enlevé !) Je le recommande, je le trouve encore plus chouette que celui en majeur). 
Nous avons aussi raté les Christmas Carols, par les petits chanteurs de la cathédrale Saint-Patrick dans leurs aubes bleues. Ils participaient aussi aux vêpres, chantant la partie d'alto ou de soprano dans certains passages solo.

La dernière (et première) fois que j'avais chanté au NCH, en juin, nous étions vraiment les faire-valoirs de Brynn Terfel, et notre contribution était assez mineures, placés sur le "choir balcony", derrière la scène, en retrait. Cette fois-ci nous étions sur scène, légèrement surélevés et bien en évidence derrière le petit orchestre baroque et sa contrebasse. Tout de suite tu réalises que tout le monde va te voir et que tu as intérêt à te tenir bien.
Je n'avais rien chanté d'aussi baroque ni d'aussi "gros" comme œuvre, je crois que j'ai réalisé ça en voyant la (petite) taille et la composition de l'orchestre.

Notre chef, John Dexter donc, anglais, a une tête de souris d'un dessin animé Walt Disney, la voix idoine, et un humour - probablement anglais - qui fait plier de rire ma copine de chorale Anna, qui est allemande.
Elle était responsable du plan de table des sièges pour le concert, et a donc pu me placer à côté d'elle, ça m'a fait plaisir comme en CP quand tu réussis à t'asseoir à côté de ta meilleures coupine.
Après j'ai fait plein d'erreurs pendant la générale et j'ai eu peur qu'elle change d'avis :D






Les répétitions n'avaient pas toujours été faciles. Le chef a une technique de déchiffrage que je déteste étonnante qui consiste pas mal en "rendez-vous au point d'orgue". Même si une proportion de la chorale avait déjà chanté l'œuvre il y a six ans, les premières lectures avaient été un peu monstrueuses. Il finissait par nous dire qu'on avait des problèmes de rythme alors que personnellement je n'avais surtout aucune idée de où était la note que je devais prendre.
Sans même parler du fait que les systèmes sur la partition sont parfois organisés en deux chœurs distincts (j'étais en soprano 2, donc la 5e portée du système), parfois en un seul chœur à sept voix lors des passages où tous les ténors chantent à l'unisson. Je dois alors lire la 2e ligne du système.
Au bout d'un moment on a retravaillé (un peu) plus précisément et les choses ont commencé à se mettre en place, mais j'ai toujours un doute sur la viabilité du système. Nous faire apprendre correctement chaque ligne peut paraître plus long mais je continue à penser que c'est plus rentable.

Le jour J par contre tout s'est bien passé, les couplets de l'Ave Maris Stella où personne n'était jamais ensemble ni avec le chef sont miraculeusement tombés correctement lors du concert. On a eu les notes pour les attaques, on a (à peu près) réussi à rester sur le contretemps quand on était sensés y être et sur le temps alors que nos voisins n'y étaient pas. Le chef s'est de plus mis à donner absolument tous les départs à tout le monde (huit voix + huit solistes (dont deux "cantors") plus le choeur d'enfants + l'orchestre évidemment), ce qui me conduit à penser qu'il a été un peu machiavélique pendant les répétitions en nous préparant mine de rien à ne pas avoir de départ. C'était en tout cas une première pour moi, me semble-t-il, d'avoir le chef de chœur qui dirige orchestre et chœur lors du concert. En général il faut à ce moment laisser la place au chef d'orchestre, qui ne connaît parfois pas grand chose à l'affaire chorale, sans parler des chorales amateurs, et pour le coup oublie franchement les départs de nos voix, concentré qu'il est sur son orchestre (pensée pour les ocupiens ;o)). 
Finalement, je dirais que c'était beau et qu'on s'est bien fait plaisir.

Après plusieurs semaines de pression sur tout le monde pour la vente des billets, les 1200 places du concert hall étaient pleines à 95%, toujours utiles d'avoir des petits chanteurs avec soi commentaient une co-choriste. J'ai quand même réussi à faire venir dix personnes, plus ou moins directement, ce qui me paraît être très honorable si on considère que je ne connaissais personne il y a huit mois.

À la Guinness post-concert, on a réalisé qu'on n'avait plus de répétitions jusqu'à janvier (où l'on attaque le Requiem de Fauré, ce sera mon deuxième. J'ai appris qu'ils avaient fait celui de Mozart il y a deux ans, j'en suis morte de jalousie. Puis ressuscitée, je serai bien un jour au bon moment au bon endroit, non mais) et, paniqués à l'idée de n'avoir rien à faire le mardi suivant, avons décider d'instaurer une autre Guinness de remplacement.



L'esprit de Noël souffle très fort sur Dublin, partout des décorations de Noël, dans les boutiques, les centre commerciaux, les rues évidemment, mais mêmes dans les pubs, où l'on peut admirer, whisky à la main et groupe de rock sous les yeux et dans les oreilles, des guirlandes argentées, des étoiles et de charmants angelots dorés à côté de la décoration habituelle, plus "dénudée". True story.
Hier, j'ai croisé une chorale chantant des carols dans une halle/centre commercial/café ; et ce matin une crèche sur le trottoir central de O'Connell Street, l'une des artères principales. Tellement improbable en France que ça m'a fait sursauter.
La moitié des dublinois commence à se promener avec d'affreux - ou très originaux - pulls de Noël. Mon manager en a même acheté un avec guirlande de couleurs clignotante intégrées, pour vous dire ce qui existe.


Vendredi soir avec quelques collègues on a réussi à s'incruster dans la Christmas Party d'une partie des employés du big G., grâce à un trafic efficace des bracelets verts qui constituaient le ticket d'entrée. Dans un centre commercial construit pendant la période Celtic Tiger pré-2008 de l'Irlande, mais finalement resté vide. Plutôt impressionnant.





*C'est le lien vers le premier mouvement, après faut cliquer sur les suivants, le troisième est bien enlevé ;o)


samedi 16 novembre 2013

Outre-atlantique 2

Je continue un peu parce que j'ai plein de chouettes photos à montrer.
Rentrée de New York par un bus de nuit qui avait une heure de retard au départ et un peu moins de trois à l'arrivée. Après avoir re-fait une escale dans la riante gare routière d'Albany à 3h du matin, après être re-rentrée au Canada sans pourtant avoir pu prouver que j'en repartais bien en avion une semaine plus tard (ça aide d'être français, mon voisin marocain qui rendait visite à ses fils à Washington et Montréal a été retenu et n'est pas remonté dans le bus), après m'être payé un taxi pour rentrer "à la maison" et apprécié la différence de style de conduite avec ceux de New York, et après avoir dormi une bonne heure, nous avons rendez-vous devant chez Avis pour un départ vers le lac Ontario :o)


On s'est retrouvés avec une super belle woiture de gangster, on était très fiers et on a bien profité du toit ouvrant. On s'est même pas fait attaquer.
D'abord, Kingston, que vous voyez facilement sur la carte, ça sert d'épicentre.




Il y a des jolies baraques, des belles couleurs dans les arbres comme partout à ce moment-là. C'est une ville très étudiante et en ce week-end prolongé de "l'Action de Grâce" (Thanksgiving en français québécois), tout le monde est rentré à la maison, c'est plutôt calme.



Le lac Ontario, donc.
On est complètement à l'est du lac, là où commence le Saint-Laurent. Jusque là les grands lacs canadiens se déversaient les uns dans les autres. À l'ouest du lac Ontario - qu'on ne peut absolument pas voir d'ici, c'est beaucoup trop loin, il y a Toronto. Et surtout les chutes du Niagara qui sont le passage entre le lac Erie et le lac Ontario.
Trop loin, trop de route, tant pis, on n'y est pas allés.


Le lendemain dimanche nous nous sommes rendus à Gananoque, encore un peu plus à l'est sur le lac, pour faire une croisière de 2h30 dans le dédale des "Mille Îles". Il y en avait tellement qu'ils ont établi une définition : est une île ce qui fait au moins six pieds carrés ET a deux arbres dessus.
Ben il arrivent quand même à bien 1800. Il y en a des minuscules, des immenses, des habitées et des pas habitées, des trucs qui rentrent même pas dans la définition et des machins où tu dois te perdre. Sans parler de comment se retrouver entre toutes ces îles.
Tout ça est divisé entre le Canada et les États-Unis.


L'île Boldt, où le milliardaire américain du même nom a fait construire des palais légèrement Disney pour sa femme qui est finalement morte avant la fin des travaux.






Je retrouverai le nom de ce pont, promis. Un des plus longs ponts inter-état du monde si j'ai bien retenu.

Ensuite, route plein nord jusqu'à Ottawa, ZE capitale du Canada (je ne sais même pas si je savais ça), choisie pour ce rôle par la reine Victoria - et ses conseillers.
Le centre n'est pas très joli, mais le Parlement est plutôt majestueux et bien disposé sur une colline et surplombe le fleuve des Outaouais.
On le voit ici depuis le musée canadien des civilisations, que nous avons visité l'après-midi. On sent qu'ils marchent sur des œufs pour commenter l'invasion/la colonisation/tout ce qui s'est passé après la découverte de l'Amérique jusqu'au moment où on s'est aperçu qu'on avait décimé les tribus autochtones...



La superbe succession d'écluses qui termine le canal Rideau, construit pour faire circuler les navires de commerce à l'intérieur des terres canadiennes, donc moins exposés à des attaques américaines que sur le Saint-Laurent, qui faisait frontière.

Bientôt : Montréal et Québec :o)

mardi 5 novembre 2013

Avé l'assen


Donc, mon prochain billet devait parler des trains dublinois, enfin du RER qui fait la baie de Dublin, le DART, parce que j'y comprends rien et que je l'ai pourtant beaucoup utilisé ces dernières semaines pour cause de panne d'oreiller à répétition.
(jamais compris l'expression "panne d'oreiller", si quelqu'un veut bien éclairer ma lanterne)(oui, je l'utilise quand même, l'expression, bref).

Mais là ce soir j'ai un peu la flemme, donc on va parler accent.
Voici un vidéo d'un acteur qui va vous détailler tout ce qu'on peut trouver dans un accent irlandais. C'est en anglais, accrochez-vous un peu et lancez-vous, et puis j'essaierai de bien tout détailler ci-dessous.
Et puis l'accent irlandais a paraît-il été élu accent anglais le plus sexy, alors ça peut toujours servir, hein ;o)


Comme vous le savez si vous lisez ce blog, j'habite avec deux irlandais (de Tipperary), et les premières fois que je les ai entendus parler ensemble, je me suis demandé si c'était encore de l'anglais.

Mais si, en fait, et on s'habitue.
M'enfin tout de même, quand j'ai demandé son âge à un des garçons et qu'il m'a dit : "I'm torty", j'ai eu besoin de quelques secondes.
"thirty", qu'il me disait.

Donc oubliez "much", "such", "luck", "fuck" etc., dites "moch", "soch", "lock", "fock"...
C'est une chose d'y penser en parlant, c'est autre chose de s'en souvenir quand on entend les gens parler (mais keskidi ?).

Ensuite ils ne prononcent pas toujours les "th" à l'anglaise. Vous savez, le fameux phonème que les français n'arrivent pas à émettre dans "Thank you" mais qu'ils sortent parfaitement dans "Gracias".
Comme mon coloc ci-dessus dans "thirty", on prononce un "t" légèrement mouillé, et le tour est joué.
Pareil pour le "th" de "the" (le phonème voisé pour les linguistes), qui se transforme en "d".

Puis le premier trait que décrit le monsieur dans la vidéo : "oï" à la place de "aï".
Donc "side", "light", "fly", etc. se diront "soïde", "loïte", "floï" and so on.
Un vieil irlandais m'avait conseillé au billard de viser "de soïde of de ball", j'avais pas compris du premier coup.

Enfin, les gens du sud, autour de Cork, ont tendance à transformer le "t" en fin de mot par un "ch", carrément. Ce qui a donné chez le coiffeur : "You need a hair cuch ?" Heureusement que j'étais informée.
Additionnez ça avec le coup du "o", et "but" se prononce à peu près "boch".

Allez, je vous laisse vous entraîner :o)

lundi 28 octobre 2013

Outre-atlantique

Puisque ça fait un moment que je n'ai pas raconté ma vie ici, je vais faire une entorse et ne pas parler d'Irlande - ou à peine.
Entre le 5 et le 18 octobre j'ai passé l'Atlantique et mis les pieds à Montréal, New York, Kingston, Gananoque, Ottawa et Québec.
Tout ça avec plein de feuilles de toutes les couleurs sur les arbres - j'ai vu le Canada de carte postale en vrai, et pour l'instant je suis assez persuadée que ça ressemble toujours à ça. Il paraît que non. Le ciel a été plutôt clément malgré des jours gris, en tout cas je n'ai pas senti venir les grands froids qui mènent aux -30° de l'hiver montréalais.

À Montréal, les façades arrières des maisons ressemblent à ça,
avec une petite ruelle piétonne qui court entre les jardinets.

Il y a des nostalgiques.

Des gens qui préparent Halloween. 
Et le Saint-Laurent à l'aube depuis le bus pour the Big Apple.
Ah, c'est autre chose que la Seine, cette pauvre petite chose.

Le long du trajet (7h30-17h, escale à la douane ("avez-vous l'intention de commettre un attentat terroriste ?" etc.) et à Albany, capitale de l'état de New York, charmante gare routière au milieu des échangeurs), un premier aperçu des Couleurs.




On approche de la légende sous la pluie. 
Et donc,  New York existe en vrai. J'ai bien fait le tour des immeubles pour voir : ce ne sont pas des décors.
Le réservoir Jackie Kennedy-Onassis dans Central Park.

The Met (l'opéra) où j'ai quasiment passé ma première journée.

Coup de bol énorme : j'arrive au moment de la répétition générale de A Midsummer Night's Dream de Britten et un garde me file une place qu'il avait dans sa manche (au sens propre), après m'avoir demandé si "You ain't got nobody with you?"

Décors et costumes IM-PRE-SSION-NANT.
De même que très belles performances vocales et mise en scène.

J'étais donc tranquillement assise au fond du parterre pour pas un rond, à une place qui avoisine normalement les $300.

Eau à volonté dans les foyers, dans de très élégants gobelets en papier coniques.
Enorme avantage : impossibilité totale de les déposer n'importe où ou de les ramener avec vous dans la salle. Propre. 
L'immeuble de Greenwich Village où sont censés habiter les Friends de Friends.
(oui, bon, chacun ses références)

Retour à l'opéra le soir-même pour The Nose de Chostakovitch.
Là c'était payant et je n'étais pas toutafé à la même place.

Dans un café de Upper East Side, malheureusement pas vu dans une boutique :D

Au Met (le musée cette fois), un visage que j'arrive à percevoir comme familier. Rare pour moi en peinture. Un certain air de grande bourgeoisie qu'on peut recroiser aujourd'hui :o)

Les informations sur la dame en question.

Du toit du Met. Il faisait plus gris ce jour-là. New York existe toujours bel et bien, y a des grattes-ciels partout comme dans les films. Central Park au premier plan.

Dans Central Park, les gens font du jogging pendant qu'on promène leur(s) chien(s).

Ils font du jogging autour du réservoir.

Ma seule vue de la statue de la Liberté, pas de navette : shutdown oblige !
(faudrait que je me fasse faire un Tshirt special "j'y étais").

Le mémorial de la Famine irlandaise dans le sud de Manhattan.
Un petit coin d'Irlande face aux buildings.

Au rez-de-chaussée duquel sont notées des dizaines de citations sur la faim,
la pauvreté et l'épopée des immigrants irlandais.

Sur la "Coulée Verte" de New York, qui s'appelle la High Line.
Superposition de buildings.

Comme à Montréal, z'ont pas de poubelles en plastique solide pour attendre les poubelleurs.
Un peu ennuyeux quand la ville est farcie d'écureuils et de raton-laveurs au griffes acérées.

Tiens, d'ailleurs, çui-là il en était quasiment à me suivre, même pas peur.

The Brooklyn Bridge, traversé sous la pluie.

Elle n'est pas mentionnée sur la plaque officielle à "l'avant" du pont, mais sur la face interne d'un pilier,  70 ans plus tard, une plaque a été posée pour la femme de l'architecte principal, qui a semble-t-il supervisé une grande partie de la construction du pont.

Penn Station, où j'ai atterri un peu par erreur.
Bien beau.
Hop, c'est un peu rapide mais c'est déjà ça.
Bientôt la suite du voyage avec retour au Canada. Puis un peu d'Irlande quand même, qui glisse lentement vers l'hiver. Le changement d'heure nous donne déjà un bon coup sur le coin du museau. Et sinon, comme on dit, le fond de l'air est frais. 
J'aurais dû acheter un gilet en laine doublé en polaire quand j'étais aux îles d'Aran, tiens.