mardi 15 avril 2014

Paddy's Day


Il sera donc prouvé que je fais partie des pires correspondants au front qui soit, en Irlande depuis onze mois et pas fichue de raconter la Saint-Patrick !

En fait, je n'ai pas pleinement participé à la chose, attendu que j'avions un entretien d'embauche fort important le lendemain, il s'agissait donc de ne pas être accroché par-dessus*. 
*to have a hangover, en langage Guinness. J'ai pas eu le boulot, finalement :( 
La Saint Patrick est le 17 mars, donc, et il s'agit de la Fête Nationale Irlandaise, même s'ils font genre le côté célébration de la Nation nationale ne les intéresse pas trop. On note entre deux Guinness que la fête nationale n'est donc pas liée à un événement de l'une des nombreuses révoltes et tentatives de révolutions qui émaillent les siècles derniers (j'ai joué la touriste à Dublin pendant la semaine suivant la fin de mon contrat, ça m'a fait avancer un peu dans ma connaissance de l'Histoire de l'île) mais à une tradition de saint patron bien catholique.

Brefle, cette année le 17 mars était un lundi, ce qui faisait week-end prolongé et du dimanche la grande soirée beuverie dans toute l'Irlande.
Lundi, défilé. "Parade" étant le mot consacré, avec accent tonique sur la seconde syllabe, sinon le coloc irlandais comprend pas. En bonne française - et je m'en sens encore plus stupide après coup - j'ai été presque abasourdie en comprenant que ce n'était pas du tout un défilé militaire comme par chez nous. C'est un défilé "civil", multicolore, enjoué, musical, historique, avec des chars, des fanfares invitées des quatre coins du globe, presque le carnaval.


Il s'agit de porter quelque chose de vert, et tout le monde joue bien le jeu, touristes et locaux à égalité.





Il y a la partie "chars" du défilé, avec des vikings et tout ça. Ça pose forcément la question du roman national, mais c'est très rigolo quand même.
Rrraaaar !!



Je ne suis allée voir le défilé qu'une dizaine de minutes sur O'Connell Street, qui est bien près de chez moi, et je suis rentrée en regarder un peu plus à la télévision, où l'on voit tout de même mieux.





Tout est bon pour mieux voir :




Voilà, je m'excuse pour la qualité/l'intérêt très relatif des photos, c'était juste pour un petit coup d'oeil dans l'ambiance de la chose, tout d'même ;o)

dimanche 9 mars 2014

Vive la sécu !

Après 45 minutes d'attente dans un très beau cabinet aux grandes baies vitrées par où dardait un chaud soleil (ça faisait longtemps que j'avais pas utilisé dardait, ça me démangeait), une consultation amicale, efficace et courte, me voici projetée du bureau du médecin (Gabrielle, second door to your right) au comptoir des secrétaires qui me donnent l'ordonnance et la p'tite note.

Outch.
Oui oui, c'est bien 60,00 € d'écrit sur le papier, en face de "routine consultation". Si je remplis les bons papiers et que je n'ai oublié aucun paramètre, il paraît que l'état pourrait m'en rembourser 20%.

Mais médecin très bien, hein, quand même. Et j'ai appris le mot "shoulder blade" pour omoplate, que je trouve superbement logique. Quoiqu'on pourrait encore théoriser sur ce que désigne exactement le mot "épaule" à travers les siècles. Je ne retrouve pas la référence du bouquin que je voulais citer, là, j'essaierai...

Donc oui, j'avais une petite grippe paraît-il, mais ça va mieux depuis une semaine, même si mon nez n'est pas encore à 100% de ses capacités.

Sinon, ça roule. J'ai quelques entretiens pour des boulots ici, mais je dois continuer à postuler ; mon contrat finit dans deux semaines, le 21 mars.

Et puis j'ai quitté le chœur du Goethe Institut, rendue à moitié cinglée par la technique d'enseignement du chef, même si je m'y suis fait de bons amis, et j'ai réussi à entrer il y a trois semaines dans le chœur de la RTÉ, la radio télévision irlandaise !

Ce n'est pas encore le chœur de Radio France, ça reste amateur, mais c'est quand même très chouette, en tout cas bien plus conforme à ce que je voulais que le Goethe. Le chef est vraiment bien et dynamique, ça chante bien, on répète dans un auditorium dans les bâtiments officiels, c'est gratuit, et on nous offre thé, café et biscuits à la pause :o)


Concert le 16 mai au National Concert Hall, pour ceux qui cherchaient la bonne date pour me rendre visite :P


Sinon, il fait très beau en ce moment, et les jours rallongent, je profite !



dimanche 16 février 2014

Malahide, son château et les fantômes du château

Dimanche 26 janvier, nous avions résolu de changer d'escapade, et plutôt que d'aller à Howth, d'emprunter la deuxième branche de la ligne de DART pour nous rendre à Malahide.
Là nous attendait Alex, un anglais que je connais par le groupe Meet Up et qui habite dans ce(tte) riante bourgade/banlieue/village/port...
Déjà, il faisait beau, ça augurait bien.

En sortant de la station, l'église, et le beau temps.
Nous avons décidé de commencer par le château,
et passâmes les grilles d'un pas conquérant.

Un château donc, qui a appartenu à la famille Talbot de Malahide, dont le dernier baron, Lord Milo, est mort en 1973 après avoir pris grand soin du jardin en y apportant des espèces rares "pêchées" dans ses voyages diplomatiques, et dont la sœur, l'Honorable Rose Talbot, s'est retirée en Tasmanie dans une autre propriété familiale.
Un château près de Birmigham est toujours possédé par une branche cousine, ils vont bien merci.

Si comme moi vous vous demandez où est la Tasmanie...
(vous savez, le petit truc en-dessous de l'Australie) (enfin quand je dis petit)



Un château avec une grande salle à manger pour les petits-déjeuners familiaux, comme celui qui eut lieu le matin de la bataille de Boyne, dont 14 membres de la famille ne sont pas revenus. Un immense tableau de la bataille est suspendue derrière moi au moment où je prends la photo (le patriarche est revenu vivant du champ de bataille).

Dans un angle de cette salle à manger monumentale se trouve la bibliothèque tapissée de cuir délicatement peint, qui vient d'Espagne crois-je bien.
Puis une porte dérobée qui mène à un escalier dérobé qui mène à une galerie pour les musiciens dans la grande salle et une tour au-dessus, l'ensemble utile pour guetter et avertir, et d'où l'un des fantômes familiaux, Puck, continue de guetter les jolies blondes après s'être pendu de désespoir quand celle qu'il avait élue dans la vraie vie n'a pas retourné son amour.
Il y a aussi un autre fantôme qui cavale tous les 14 avril dans l'allée du jardin, paraît-il. 


L'ancêtre de la couverture pliable de l'iPad.
La porte par où sort le fantôme.


On avait commencé la visite par la partie médiévale originelle du château, couverte de boiseries sombres, élargie peu à peu, et très abîmé lors de la conquête et de l'occupation anglaise par Cromwell en 1649.
La seule sculpture religieuse qui n'a pas été détruite à ce moment-là, probablement ôtée et cachée par la famille, pense notre guide, est celle-ci :


Nous passons de là dans le petit salon (qui fait à peu près..., vous connaissez la chanson), d'où se détache une petite pièce ronde, le bureau de Lady Talbot, d'où l'on voit le cèdre du Liban et le chêne (?) qui rivalisent de splendeur dans le parc.


Pour vous dire que c'est des gens importants.
Et que la mode des souvenirs façon "j'y étais" ne date pas d'hier.
Nous passons ensuite dans le grand salon.
Un tapis monumental, un canapé avec deux places centrales pour les tourtereaux et deux places sur les côtés séparées par un panneau du même tissu pour les chaperons, de très belle pièces de mobilier, une table au-dessus de marbre peint par un maître italien qui n'a jamais voulu révéler son secret, un lustre bien comme il faut et de bien belles fenêtres.
Sur la photo qui suit, vous pouvez voir un panneau en tapisserie devant la cheminée. Il était utilisé par les femmes pour contrer la chaleur du feu et l'empêcher de faire fondre leurs maquillages, en grande partie composés de cire :D





Dans le coin de ce grand salon qui servait de salle de bal à l'occasion, la petite pièce appartenant à une tour d'angle avec un superbe parquet... où l'on déposait le pot de chambre.


Les Talbot est une famille d'origine française venue avec Guillaume le conquérant, avec plein de Richard dans leur généalogie, et dont la devise est Forte et Fidele (avec force et fidélité donc)(on a eu une discussion que le vocatif, tout ça).


Bref, un château quoi.


 Je m'y voyais bien.


On a seulement visité quatre pièces Un château avec des coins et des recoins, de fenêtres dérobées, de portes moyennâgeuses, de plantes à l'assaut des murs, tours d'où jaillissent arbres et buissons à moins que ce ne soit l'inverse. 





Le château possédait évidemment sa chapelle, son église même, qui à part le toit est resté solidement debout. Elle est entourée d'un vrai petit cimetière à l'anglaise, libre et à l'air désordonné, parfait pour amoureux du gothique et film d'horreurs.





En passant par les communs où l'on a déjeuné au chic Avoca (qui a sa boutique principale à Dublin) on peut ressortir de l'autre côté pour visiter les fameux jardins - qu'il faudrait revenir voir en saison plus propice, tout de même.




Tout un tas de serres (greenhouse) d'âges et de tailles différents, contenant tout un tas d'espèce que je ne connais pas. 



Le livret distribué à l'entrée nous décrit les espèces d'arbres que l'on trouve dans telle et telle partie du jardin. Soudain derrière cette belle serre victorienne, un jardin à la française, ou tout du moins un motif à la française bien symétrique qui détonne un peu dans ce vrai jardin anglais.



Une "folie", un tour d'agrément, se tient dans un coin du parc, veillant sur le jardin des herbes. Elle a été ensuite transformée en pigeonnier.
Il avait plu, ce jour-là. Bon d'accord, c'est l'Irlande, c'est pas un scoop.





 Avant de partir faire un tour dans la petite ville, boire un café pour éviter la pluie et parcourir le quai du port de plaisance, nous repassons de l'autre côté du château pour voir de plus près le fameux chêne à la forme très particulière, due au fait qu'on mettait alors des poids sur leurs branches pour leur faire toucher terre. Les épaisses premières branches de l'arbre sont donc dirigées vers le sol, où elles s'enfoncent presque, rampent et ont l'air d'enfin de s'échapper vers le ciel quand leurs branches secondaires s'y déploient, comme aspirant à l'air libre.





Entre branches torturées et mousseuses poussent les crocus.


Je n'ai pas de photos des divers chocolats chauds, thés, cafés et gâteaux commandés dans un petit café de Malahide pour nous réchauffer, mais tout ça était très bon.
Le port était très venteux, et on a rejoint la station au pas de course pour ne pas manquer le DART vers Dublin.

J'ai un dernier arbre, dans une rue résidentielle que nous avons parcourue pour rejoindre le centre.


Et pour finir, devant les communs du château, l'un des deux chiens en pierre qui rappellent que les Talbot (ici "the Talbots") ont été de grands éleveurs et avaient leur propre race, aujourd'hui disparue.



Bientôt, du football gaélique dans le stade de Dublin réservé aux sports purement irlandais, Croke Park.